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I’ll never explain again

Il fallait que ça arrive un jour. Que je tourne la page. Que je parte sans me retourner. C’est aujourd’hui que j’ai choisi de le faire. J’ai vécu cette expérience d’une fois par moi comme une introspection. Un rendez-vous mensuel m’obligeant à m’installer sur le divan de ce confortable blog et à me fixer un but pour le mois à venir… Un souhait par moi.

Un truc totalement impudique. Bien plus que ce que j’écris dans mon propre blog. Au démarrage, j’avais besoin de cette béquille. Le souhait qui m’a le plus marqué est celui qui m’a conduit à me promettre à moi-même que je ne m’excuserais plus d’exister. J’ai tenu bon… Je n’ai pas rechuté depuis. Le souhait le plus difficile à écrire fut celui qui m’a conduit à me promettre à moi-même de ne plus perdre d’ami aussi sottement que celui que j’ai rayé de ma vie un peu brutalement il y a environ un an. Je tiens bon. Je m’attache peut-être un peu moins facilement. Je trie mieux ceux qui sont autour de moi.

Ces quelques exemples montrent à quel point cette expérience fut intense et importante pour moi. Je n’avais pas souffert autant en écrivant depuis très longtemps. Je n’avais plus présenté mes tripes depuis très longtemps. Cette expérience fut une vraie libération.

Et puis, un peu comme ces amitiés intenses se nouant en l’espace d’un éclair durant des moments difficiles et se dénouant tout aussi facilement lorsque le cap est passé, un déclic s’est produit. Une fois par moi m’avait fait avancer et pourtant je me suis brusquement senti comme un étranger ici. Quand quelque chose ou quelqu’un vous aide à briser quelques chaînes, ce quelque chose ou ce quelqu’un devient parfois un poids mort gênant. Ce quelque chose ou ce quelqu’un a rempli sa fonction initiale. Il ne vous est plus d’aucune utilité. On peut le regretter, on peut en être triste, mais c’est la réalité.

C’est à ce moment là que la dernière phase intervient. La phase du lâcher-prise. Comme un fruit trop mûr tombant de l’arbre sur le sol, j’ai muri au soleil d’une fois par moi et il est temps pour moi de m’évader et d’écrire autre chose, ailleurs.

J’ai conscience en écrivant ces lignes que j’évoque ce départ comme on évoquerait une rupture amoureuse. Et c’est peut-être ça après tout. Les idoles d’un jour, les amours d’un temps sont faites pour être brûlées sans être reniées.

Alors je me souhaite une dernière chose pour l’avenir: être serein.

Merci pour tout une fois par moi. Je te souhaite de trouver plein de nouveaux petits contributeurs qui se soulageront le coeur en venant raconter ici, une fois par moi, leurs états d’âme, leurs coups de coeur et leurs coups de gueule… Et je souhaite bonne route à tous mes ex-colocataires qui continueront à faire vivre cet endroit jour après jour, moi(s) après moi(s)…

La vie.

You'll ever see me cry

Ditom

Touches everything I’m in, Gotta have it every day

Les vacances arrivent.

Chaque année, le mois de juillet est mon mois préféré. Dans quelques semaines, je serai complètement au fond du gouffre de retrouver cet environnement de travail un peu naze, mais là je me réjouis de tout laisser derrière moi.

Je ne suis pas resté enfant pour beaucoup de choses mais il en est une sur laquelle je n’ai pas changé de point de vue. Je fonctionne au rythme des années scolaires. Cette manie horripilait mon ex qui ne savait jamais quelle période je souhaitais évoquer lorsque je disais « l’année dernière » ou qui cherchait à semer le doute dans mon esprit en me demandant de quelle année, selon moi, faisaient partie les mois de juillet et août… C’est quand même facile de comprendre que les mois de juillet et août n’appartiennent à aucune année, qu’il s’agit d’un moment spécial qui n’a pas besoin d’autre définition que celle de Grandes Vacances, non?

Oui parce que s’il y a un moment au cours duquel tout s’arrête, s’il y a un moment propice au fait de remettre les compteurs à zéro et de prendre de nouvelles résolutions, c’est celui des Grandes Vacances. Vive l’oisiveté, vive le soleil, vive la plage, vive l’insouciance, vive le vide. Plus rien n’a d’importance que de s’occuper de soi. La vie est sur pause.

Alors ce matin, j’ai eu un haut le coeur lorsque j’ai lu ce titre repris par l’ensemble des journaux du jour:

LA FIN DES GRANDES VACANCES…

Parce que ça fait quelques années que je me bats avec moi-même pour accepter le fait que les amitiés, les liens, les gens, les week-end, les joies, la sensation du travail accompli ne sont pas des situations vouées à la permanence, mais que JAMAIS – ô grand jamais – je n’aurais pensé qu’un jour les grandes vacances feraient partie de ces choses que je regretterais en me remémorant les moments d’insouciance collective d’une société certaine qu’il ne se passera rien de mauvais durant deux mois – si l’on excepte les morts de vieux dans des appartements mal aérés et dans des maisons de retraite vétustes.

Alors cette année plus que les autres, je me donne pour mission de profiter de la mer, du soleil, de la Grèce, de cette pause que je m’accorde non seulement en juillet, lorsque tout s’arrêtera brutalement, mais également en août, lorsque je reprendrai doucement le chemin du bureau, lorsque le téléphone restera silencieux, que ma boîte de réception sera vide, lorsque les dossiers n’avanceront pas et que je me prélasserai en terrasse au cours de longues pauses méridiennes.

It will be, it will be so nice!

Lofteurs up and down

Ce mois-ci, je ne sais vraiment pas quoi écrire… Les mauvaises langues diront que c’est le cas chaque mois. Peut-être… Sans doute. Mais ce mois-ci, j’ai des circonstances atténuantes. Il y a deux jours, j’étais pour la première fois sur une scène de théâtre… Et j’ai du mal à m’en remettre.

Je ne pensais pas que l’expérience serait si intense. Je vais juste essayer de m’en remettre avant cette entrée dans l’été. Je remonte sur les planches jeudi prochain. Je me sens comme un lofteur sortant d’une expérience si intense qu’il a besoin de la cuver.
L’été s’annonce. Les vagues de la mère Egée passeront et je m’en remettrai.

Alors je n’écrirai rien. Je ne souhaiterai rien…

Enfin si… Que Beth Ditto me file un peu de sa pêche légendaire.

Ditom

It’s a celebration

Vous n’avez jamais eu la sensation de vous échapper à vous même? Vous n’avez jamais eu la sensation de ne plus rien contrôler, d’être en roues libres?

A moi, cela m’arrive périodiquement. Non que j’en sois fier, mais ça m’arrive. Je ne sais pas si je suis instable ou dangereux pour mon entourage, mais je sais que je suis sacrément chiant.

La dernière fois que j’ai éprouvé cette sensation, c’est le trois mai dernier… Le jour de mon anniversaire. Piero m’avait organisé une surprise, je le savais. Parce que tout transpirait la surprise. De son petit sourire une semaine avant – il ne sait pas mentir, c’est une vraie catastrophe – à son air mystérieux la veille lorsqu’aussitôt arrivé, il s’est enfermé dans la cuisine laissant échapper des bruissements de plastique mêlés à l’ouverture et à la fermeture du frigo assortis d’une consigne simple: tu ne touches pas au sac posé sur le premier étage du frigo.

La surprise, je la sentais venir. Il y aurait mes amis les plus proches, ceux que Piero connait bien, qui débarqueraient sans crier « Gare! » et qui m’entoureraient de leur amour et de toutes leurs attentions pour me faire oublier ce jour qui me déprime chaque année un peu plus.

Tout était écrit.

Puis, le trois mai dans l’après-midi, un coup de fil de Piero me donnant un rendez-vous mystérieux au Grand Hôtel pour un verre d’avant-soirée, tous les deux, rien que tous les deux, m’a un peu déstabilisé. Qu’allions-nous faire dans ce quartier? Les autres allaient-ils sortir de tous les coins, comme dans Hairspray et chanter à tue-tête un You can’t stop the beat endiablé?

En marchant vers notre lieu de rendez-vous, je n’ai pu m’empêcher de remarquer que le nom de Yael Naïm figurait sur le fronton de l’Olympia. Je l’aime bien Yael… Assister à son tour de chant m’aurait bien plu s’il n’avait pas été programmé le jour de mon anniv. Je me souvenais d’ailleurs me l’être dit quelques mois plus tôt. Mais, il faut le reconnaître, Piero et moi assistons très souvent à des concerts… Et puis Yael Naïm c’est un peu sinistre pour un anniversaire non?

C’est la première chose que je lui ai dite lorsque nous nous sommes retrouvés, avant même de commander mon Earl Grey, un sourire aux lèvres: « j’espère que le cadeau ce n’est pas le concert de Yael Naïm, hein… »

Et puis j’ai bu mon thé. Lui a commandé un gâteau.

Hein? Quoi?

On peut appuyer sur STOP là?

Il a commandé un GÂTEAU???? Un gâteau, alors qu’un succulent restaurant était sans doute réservé et que mes amis devaient déjà trépigner d’impatience à table????

Et puis nous sommes partis. Nous nous sommes dirigés vers Madeleine. Piero était tout fier de m’emmener dans un endroit que je ne maîtrisais pas…

Puis il a tourné à droite alors que moi j’ai continué tout droit. Un instant fugace, comme ça… Il a crié: Ditom!!!!

Hein? Quoi? On peut réappuyer sur STOP, là? Il a tourné à l’entrée de l’Olympia? Mais qu’allaient penser mes amis si nous ne nous dépêchions pas???? Hein?????

Une demi-seconde plus tard, j’avais réalisé. Une demi-seconde plus tard j’étais en colère. Comment pouvait-il me faire ça à moi? M’emmener voir un concert déprimant un jour d’anniversaire? Un concert, c’est banal. Nous allons tout le temps au concert. Un concert de Yael Naïm ça ne fait pas anniversaire.

Tout m’est passé par la tête… Jusqu’à me dire que je n’allais jamais pouvoir dire aux autres que celui qui était censé vouloir mon bonheur m’avait emmené voir Yael Naïm pour mon anniversaire. Mais quel scandale… Me priver de mes amis pour ça!!!

Nous nous sommes disputés. Je l’ai blessé. Je l’ai blessé exprès.

Yael est arrivée sur scène. J’ai reconnu une chanson, puis deux… Puis trois. Elle a commencé à bouger, à danser, à chanter des trucs ultra rythmés. J’avais oublié que j’étais triste et déprimé. Le concert s’est terminé en apothéose sur une note poétique pleine de piano…

Mais moi j’étais toujours en colère. Pour le principe.

Nous sommes rentrés, je me suis couché sans dire un mot. Froid comme de la glace.

J’ai ouvert les yeux, le quatre mai, toujours en colère.

Et puis je me suis rendu compte… J’avais été odieux. Oui, parce que Piero m’avait écouté. Il savait que j’aimais beaucoup cette fille et ses prestations scéniques. Je l’avais encore dit lors des Victoires de la Musique. Il avait voulu me faire plaisir… En retour je l’avais blessé. Il avait voulu m’éloigner de ma déprime d’anniversaire… Il faut reconnaître qu’il avait réussi. En retour j’avais refusé d’ouvrir le cadeau Paul Smith qu’il m’avait tendu le matin même.

Oui. J’avais été odieux. Je m’étais échappé à moi-même.

Et aujourd’hui, je veux qu’en lisant ces lignes il sache que je le remercie du fond du coeur. Je dois le reconnaître Piero, tu sais mieux me faire du bien que je ne saurai jamais me faire du bien tout seul.

Merci pour la bonne soirée.

Pour le mois qui s’annonce, mon souhait est le suivant:

ne pas m’échapper à moi-même.

Ditom

Lazy boy

On est le six aujourd’hui. Et quand vous lirez cette note, vous saurez que ce mois-ci, non seulement je n’ai pas eu d’inspiration, mais en plus, je n’ai pas du tout eu envie de me forcer.

J’avais pensé écrire sur mon anniversaire, le trois mai, trente-cinq ans… Mais non. Parce que plus j’avance et moins je sais ce que l’âge m’évoque. La preuve: je passe des soirées avec des gens plus jeunes que moi… Je m’étais pourtant juré que cela n’arriverai jamais, moi vivant.

J’avais pensé écrire sur l’homophobie ambiante parce que j’entends parler d’homophobie partout en ce moment… Aussi parce que je trouve que des remarques comme « t’es une tarlouze », « t’es une fiotte » ou même « ça fait trop trop gay » se banalisent dans la jeunesse. Marine, ton score aux cantonales serait-il une manifestation de la radicalisation de la société?

J’avais pensé écrire sur le nouvel album de Britney, parce qu’enregistrer seize fois la même chanson sans se fatiguer et tout regrouper sur un album qui indiffère tout le monde c’est quand même un exploit… Et parce qu’intituler un album « femme fatale » alors que l’on cherche absolument à se remarier avec n’importe qui, c’est un peu paradoxal… Et un peu symptomatique de l’énorme quête de stabilité de presque tout le monde dans une société de plus en plus instable…

Mais finalement je n’écris sur rien. Je fainéante.

J’ai le droit. Parce que ce mois-ci j’aurai trente-cinq ans.

Et bientôt, je ne pourrai plus écarter les jambes qu’en rêve.

Ditom

God?

Le mois de février a vu son lot de catastrophes. Les évènements en Tunisie et en Libye ont été ramenés au second plan par la sortie de la reprise d’Express Yourself de Madonna par Lady Gaygay qui sera aussi la marraine du cadeau de Noël que se sont mutuellement offert Elton John et David Furnish… Comme quoi, on peut être gay et pères indignes. Comment voulez vous qu’un être humain puisse s’en sortir psychologiquement en étant non seulement le fils d’une ancienne pédé star aigrie mais aussi le filleul d’une rien persuadée que le monde était en perdition avant qu’elle ne chie ses merdes musicales? Pauvre petit ukrainien, va…

Mais le mois de février fut aussi le mois d’une tourmente incessante pour moi. Mon téléphone n’a pas arrêté d’être la cible d’un numéro de téléphone bizarre: le 00101010101. A qui pouvait appartenir un tel numéro? En réfléchissant, ce qui, je vous le concède, ne m’arrive pas tous les ans, je n’ai pas trouvé d’autre réponse que le Président ou Dieu. Et être harcelé par le Président ou par Dieu, c’est relativement angoissant. Tous les jours mon téléphone sonnait. Le matin, l’après-midi, le soir, pendant des réunions, dans le métro… J’en suis venu à me dire que le jour du jugement dernier devait, forcément, s’approcher et qu’il fallait que je prenne mes dispositions testamentaires pour ne pas laisser mon Piero dans le besoin…

Et puis, un soir, au bureau, alors que tout était calme, que plus personne n’arpentait les couloirs lugubres de ma grosse boîte, éclairé seulement par la petite lampe intime disposée à côté de mon ordinateur et concentré sur un document que je devais absolument finaliser pour le soir même, mon téléphone se mit à vibrer violemment, comme s’il était possédé par un esprit quelconque… Dans un sursaut, je le pris dans mes mains d’un geste décidé et viril (oui, je peux être viril moi aussi mes chéris). En regardant l’écran, je me rendis compte qu’il s’agissait DU numéro… Celui de Dieu ou de Nicolas, je n’avais pas encore déterminé l’option la plus plausible.

Il fallait que je délivre ce pauvre téléphone. Il fallait que cette tourmente cesse. Si l’heure de la prison ou celle de la mort devait sonner, j’étais prêt… Je décrochai en fermant les yeux. J’entendis un « Monsieur Ditom? » lancé dans un vacarme assourdissant avec un accent qui me fit penser que la personne qui m’appelait était basée bien au-delà du périph.

Oui? ai-je timidement répondu.

« Monsieur Ditom, c’est le service client de SFR. Je vous appelle pour une enquête. Chez quel opérateur êtes-vous pour la téléphonie fixe? »

Je… Suis chez Free, pourquoi?

« Que vous propose free comme services gratuits? »

J’avais maintenant totalement repris mes esprits. J’étais en colère. SFR avait joué avec mes nerfs pendant les trois dernières semaines. J’allais leur dire ce que j’en pensais.

J’ai répondu: Je ne suis pas intéressé par la neuf box évolution.

« Pardon Monsieur Ditom? Mais je ne vous ai rien proposé » m’a répondu mon interlocuteur de manière quelque peu agressive.

Oui, vous avez raison. Continuez.

« Êtes-vous intéressé par le fait de changer d’opérateur de téléphonie fixe »

Non

« ? Ah bon? Quelles en sont les raisons »

Je ne suis pas intéressé, mon équipement fonctionne très bien.

« Mais vous souhaitez quand même faire des économies, non? »

Il commençait à me chauffer celui-là. Je lui ai répondu Non.

« NON? Vous êtes riche alors? »

Ça va bien pour moi oui.

« Ah… Bah vous passez à côté d’une belle opportunité »

Et vous, vous passez à côté d’une plainte pour harcèlement commercial.

Et Dieu a raccroché, sans même me dire au-revoir. Je suis déçu. Je pense que du coup, je ne participerai jamais aux journées mondiales de la jeunesse (qui a dit que de toute façon, je n’avais plus l’âge? QUI?)

Alors si je n’ai qu’un souhait à émettre pour le mois qui vient, c’est que l’ensemble des sociétés de service auxquelles je fais appel cessent de me faire chier et se concentrent sur le fait de travailler un peu mieux. Parce que j’ai de plus en plus l’impression d’être pris pour une vache à lait que l’on pompe sans jamais lui demander ce qui lui ferait plaisir.

ET J’EN AI MARRE.

Ditom

Pièce montée de toutes pièces

Avant je fumais. Je ne mangeais pas de gâteaux, je n’étais pas fan de sucre. Je préférais avaler des bouffées de radicaux libres qui me donnaient prestance et style.

Et puis, la cigarette est devenue ringarde. Les images de souffrance des gens en phase terminale de cancer et la peur de vieillir trop tôt ont eu raison de mon addiction.

Pour compenser, je me suis mis à manger des blinis, du tarama, de la crème fraîche et… Des gâteaux. Est-ce que je me sens mieux? Non. Définitivement non.

Les gâteaux sont une addiction comme une autre. Les vitrines en regorgent, tous plus appétissants les uns que les autres. Mes souvenirs des villes étrangères tiennent moins aux monuments visités, aux richesses des musées, à la gentillesse des habitants qu’aux noms et aux goûts des gâteaux que j’y ai mangés. Les sacher torte, les schwartz walde, les mozart torte me transportent vers Vienne. Les Tartufi, les tiramisu, les pana cotta, les amaretti m’emmènent à Rome. Les cookies de Ben, les white and dark cheese cakes, les tortas di Nero m’emportent à Londres.

Cela vous fait voyager? Vous retrouvez la poésie et la beauté des desserts?

Moi non.

En 2011 j’aurai 35 ans et chaque gâteau avalé me désespère un peu plus. Je mange de la culpabilité, de la peur et du plaisir. J’ai peur que mon corps ne change de forme, qu’il s’empâte irrémédiablement jusqu’à ce que ma jeunesse ne soit plus qu’un lointain souvenir. Je me sens coupable de mon absence de volonté lorsqu’il s’agit de refuser un bon gâteau  ou d’être capable de traverser Londres pour trouver LE cookie ultime qui me fera fondre de plaisir quitte à en manquer mon train.

Un arbitrage interne douloureux me fait souffrir de plaisir à chaque cuillère. Déguster un gâteau est un plaisir masochiste. Avoir la sensation que je pourrais ne jamais m’arrêter de manger est délicieux. Penser à la déformation potentielle de mon corps, jusqu’à produire une masse graisseuse informe, si je succombais sans cesse est une torture.

L’idée qu’un simple gâteau puisse, chez la plupart d’entre nous, véhiculer autant d’affect et créer autant de peur qu’il en compense, l’idée qu’un simple gâteau soit reliée à la mère, à la mort, à la sexualité, à la frustration personnelle et professionnelle est vertigineuse.

Le thème imposé par l’anniversaire de notre petit blog chéri qui grandit un peu plus chaque jour m’a emmené beaucoup plus loin que je ne l’aurais voulu… A la base mon idée, c’est quand même de penser à un souhait par mois.

Et mon souhait du mois le voici:

Je voudrais surgir un jour, frais et pimpant, de l’intérieur d’une pièce montée pour me marier dans la foulée.

Pffff. Je me demande vraiment où je vais chercher tout ça! Le Conseil Constitutionnel m’a pourtant rappelé la semaine dernière qu’il n’était pas encore arrivé le jour où je pourrai me marier avec celui que j’aime…

Mais il est permis de rêver, non?

Ditom

Un meilleur moi

Quoi?

C’est déjà le 6?

Mais vous ne me laissez jamais dormir vous hein?

Pour une fois, ma rubrique est tout à fait dans l’actualité. Le mois de janvier c’est le mois des souhaits par excellence.

Je sais que, consciemment ou non, vous avez pris des résolutions. Même les plus ronchons d’entre vous qui répondent systématiquement qu’on ne peut rien leur souhaiter de mieux ou de pire pour la nouvelle année cachent au fond d’eux des souhaits secrets, parfois même inavouables.

Certains clament que le passage d’une année à une autre les laisse de marbre. Je n’en crois rien non plus. Comme le défilement des jours (Annie Cordy pense toujours que « ça ira mieux demain » ), le défilement des mois, des années, des décennies rythme notre vie au même titre que les saisons, la lune et le soleil ou le cycle menstruel de Lady Gaga. Le passage à une nouvelle année, que vous le vouliez ou non, est un repère social. La remise des pendules à l’heure deux fois par an – en janvier et en septembre – est nécessaire. Sans remise en question, sans espoir, la société crève. En quelque sorte, se créer de nouveaux espoirs relève de l’instinct de survie.

Mais laissons ces considérations de côté pour nous recentrer sur ce qui nous intéresse le plus. C’est à dire MOI.

L’année dernière, ma top résolution était de m’inscrire à des cours de théâtre. Ça faisait longtemps que j’y pensais, sans oser franchir le pas. Cette démarche est très implicante quand on y réfléchit. Se retrouver sur une scène devant des gens que l’on ne connaît pas, ou pire, devant des gens que l’on connaît bien, et devoir exprimer des sentiments en toute impudeur n’est pas un truc naturel. En tous cas, pour moi ça ne l’est pas. Vivre dans un groupe avec lequel on évolue au fil des semaines ne l’est pas plus.

En me retournant, je peux donc me dire que j’ai tenu au moins une résolution 2010… Et, pour l’instant, je pense que c’est l’une des meilleures décisions que j’ai prises depuis un sacré bout de temps.

Pourtant, 2010 a été loin d’être une année parfaite.

En 2010, j’ai perdu un ami très cher, mais si vous me lisez régulièrement, vous le savez déjà. Le souvenir de notre amitié vient me hanter très souvent encore. Ma psy dit que je suis quelqu’un de très sensible. Je ne sais pas si elle a raison. Je me considère souvent comme ‘insensible. Je ne sais pas pleurer. La vie coule sur moi comme sur un imperméable. Et pourtant je me rends compte que je ne me débarrasse pas si facilement de mes émotions. Cet ami est toujours dans mon coeur. Il me manque, même si je sais que je ne reviendrai pas en arrière. Je suis comme Marie-France, je ne reviens pas sur ma décision… Tout simplement parce que cette décision est mûrement réfléchie, sous pesée, emballée et bien envoyée. Je ne me sentais plus respecté dans histoire d’amitié.

Il me manque.

 

 

En 2010, l’un de mes collègues, à peine quarante ans, est mort subitement. Cette nouvelle a laissé tout le monde un peu abasourdi au bureau. Rendez vous compte, un mec vient taper la discussion en riant à gorge déployée dans votre bureau et vous apprenez deux semaines plus tard qu’il est décédé chez lui, seul et qu’il a fallu une semaine pour que l’entourage ne découvre sa disparition…
La douleur de sa famille, son frère et sa mère effondrés aux obsèques m’ont, une fois de plus, fait prendre conscience de la futilité de certaines préoccupations.
En 2011, je me souviendrai, et vous aussi j’espère, que les petits tracas de la vie quotidienne sont relatifs. Quand on prend conscience que l’on peut mourir demain, est-ce que finalement le fait que votre moitié ait posé la tasse sur l’évier plutôt que de la mettre DANS l’évier est fondamental? Est-ce que ce dossier urgent à rendre pour demain et sur lequel vous n’avez pas encore pondu une  ligne est vital?
Tout ça n’est pas grave. Ce qui est grave, c’est d’oublier de vivre. de ne pas faire attention à ses proches. De ne pas leur dire suffisamment qu’on les aime et de le regretter amèrement plus tard. Ce qui est grave c’est de passer à côté de tout ce qui vous importe dans la vie à cause de tout ce qui ne devrait être que préoccupation accessoire.

En 2010, mes parents ont perdu leur meilleure amie, qui était aussi ma marraine. Nous avons été choqués. Mon père ne s’en est pas encore remis. Trop jeune pour mourir, trop de souvenirs gravés à jamais dans nos esprits, trop de tranches de vie qui ne reviendront pas. La douleur est sourde. Le deuil n’est pas achevé. Elle vivait le 19 décembre mais plus le 20. Difficile à accepter pour un esprit mal foutu comme le mien. La permanence des choses n’est qu’une vision de l’esprit. Tout commence et tout finit, parfois sans crier « Gare! ».

Et tant que tout continue, j’ai une top résolution pour 2011: en profiter.

2011 est là. Je suis heureux. J’aime celui qui partage ma vie, mes amis m’entourent, je sens la sérénité pénétrer chaque jour un peu plus profondément dans mon corps, dans mon sang et dans ma tête.

En 2011, je veux avancer encore, me découvrir un peu plus, m’ouvrir à de nouvelles choses et à de nouvelles personnes. Je vous souhaite à vous aussi de vous sentir bien dans votre vie et de remplir de manière merveilleuse le costume qui fait que vous être VOUS.

Alors, puisqu’il est d’usage de le dire:

BONNE ANNÉE 2011 À TOUS!!!

Santé, bonheur, joie, prospérité, sexe, amour, amitié, pas de doigt coincé dans la porte (… ni ailleurs), des costumes bien coupés, une nouvelle coupe de cheveux qui les fera tou(te)s tomber dans vos bras et UN NOUVEL ALBUM DE MADONNA.


Madonna est certaine que vous passerez une année merveilleuse.

Ditom

Juste tous les trois

Décembre. L’avent a commencé depuis 6 jours.

Certains sont déprimés à la vue des vitrines illuminées, des sapins enguirlandés, de leurs collègues affairés à fouiller les magasins et les sites électroniques les plus farfelus de fond en comble pour trouver LE cadeau.

D’autres sont euphoriques rien qu’à l’idée d’acheter, acheter, acheter, sans culpabilité, parce que quand même, fêter la naissance de Jésus c’est classe, et parce qu’ils retrouveront ceux qu’ils aiment, ceux qu’ils ne peuvent ou veulent voir qu’une fois par an… Mais quelle fois.

Je devrais logiquement faire partie de la seconde catégorie. Je suis fils unique et mes parents ne voient plus leurs familles respectives. Pendant longtemps, j’ai envié les grandes familles. Pendant longtemps je rêvais de grands-mères, de grands-pères, de cousins, d’oncles et tantes, d’enfants qui courant partout et hurlant à la vue du sapin décoré et des cadeaux disposés tout autour…

Je ne vivrai jamais ce réveillon de mes rêves. Le 24 décembre, nous serons « juste » tous les trois. Nous irons au théâtre, comme tous les 24 décembre. Nous reviendrons à la maison, comme tous les 24 décembre. Nous ouvrirons nos cadeaux, comme tous les 24 décembre. Nous mangerons des trucs de fête mais pas trop, comme tous les 24 décembre.

Et pourtant, je ne fais plus partie de la seconde catégorie. J’ai commencé il y a peu à goûter ce que je vis.

Je suis émerveillé par l’effervescence, la lumière, les automates dans les vitrines, le chocolat chaud qui coule à l’intérieur de la gorge, les longs moments à chercher ce qui pourra leur faire plaisir,  le fait de me dire qu’une fois encore, nous fêterons Noël tous les trois…

…Parce que je sais que ces Noëls là sont comptés. Je sais que je les regretterai dans peu de temps. Alors, avant de pleurer, de me sentir seul, de passer à une vraie vie d’adulte sans parent, je profite d’être encore un peu l’enfant de mes deux parents.

Mon souhait du mois sera donc naturellement de profiter de plein de noëls comme celui qui s’annonce.

Juste tous les trois…

 

Ditom

To have and not to hold

Pour une fois pourrait-on changer ce concept en une fois sans moi?

Parce que ce mois-ci je n’ai vraiment pas envie d’écrire quoi que ce soit ici. C’est assez bizarre d’ailleurs. Tous les six, j’ai l’impression de m’allonger chez un psychanalyste, de faire le point sur les évènements du mois et d’essayer d’en tirer quelque chose pour avancer, pour que ma vie soit meilleure le mois suivant.

Vous vous en foutez, mais moi ça me fait du bien parfois. Ce fut le cas lorsque j’avais écrit ici que je ne m’excuserais plus. C’était en mars dernier… Figurez-vous que je tiens toujours. Le mot désolé est plus ou moins banni de mon vocabulaire. Il ne ressort que lorsque je bouscule quelqu’un dans le métro ou lorsque j’ai vraiment quelque chose à me reprocher comme par exemple le fait d’avoir complètement oublié de rendre un truc pour lequel je suis payé grassement et qui aurait dû arriver sur le bureau de la responsable la semaine dernière…

Parce que voilà, en ce moment je me sens débordé.

Débordé par le travail, les urgences qui s’accumulent, mon boss qui me harcèle en passant une tête dans mon bureau toutes les heures pour me demander si mes dossiers avancent par un aimable « Alors? » accompagné d’un rictus satisfait. Débordé par les week-end qui n’en sont plus vraiment – VIS MA VIE PATHÉTIQUE : j’ai trente-quatre ans et je passe la toussaint à la bibliothèque avec des étudiants dont les hormones sont en vrac pour essayer d’avancer sur des dossiers alors que je devrais me dorer la pilule en terrasse.

Débordé par des angoisses qui ne me laissent en paix ni la nuit, ni le jour, qui crachent sur l’estime que j’ai de moi lorsque je me rends compte que oui, j’ai trente-quatre ans mais le premier plouc venu peut m’arnaquer sur internet et me commander de lui envoyer un ordinateur avant même d’avoir le crédit sur mon compte, sachant que ce crédit, je ne l’aurai jamais, ce que je fais sans broncher, comme une bobonne incapable du moindre sens critique. Des angoisses qui me dévorent les intestins lorsque je m’aperçois que je ne suis plus capable de focaliser mon attention plus de 15 secondes tant mon état de fatigue est intense.

Débordé par l’impression de demeurer l’un des derniers cons essayant désespérément de donner un sens à sa vie ou à ses actes, de goûter l’art en respectant les artistes à l’heure où quarante-quatre pour cent des français affirment n’être prêts à payer aucun contenu culturel sur internet… Le monde a-t-il perdu sa conscience? Aurait-on pu être remué un jour par Guernica si Picasso n’avait pas cherché à vivre de son art? Les français sondés comprennent-ils que la conséquence de leur exigence du tout gratuit sera le renforcement de la prégnance des marchés financiers dans notre vie quotidienne et l’absence de contestation de l’ordre établi par les artistes puisque tout, absolument tout, finira par être sponsorisé faute de fonds apportés par des acheteurs désintéressés?

Débordé par l’impression que la vie est parfois vaine lorsque je constate que Michaël Jackson, dont je ne fus pas un grand fan du temps de son vivant; voit son oeuvre pillée par l’alliance entre sa famille de rapace qui suce son héritage et qui avale goulûment le foutre déversé par Sony Music jouissant du pillage d’oeuvres inachevées contre la volonté de leur auteur? Ça me fait penser aux fossoyeurs qui arrachaient les dents en métal de ceux qu’ils allaient jeter dans le trou. Il a raté sa vie, il est en train de rater sa mort.

Et à ce stade, je me rends compte que l’effet psychanalytique d’une fois par moi opère toujours. Je me suis mis en mode écriture automatique et j’en arrive à coucher tous ces trucs un peu sinistres que je ne pensais pas vous dire à vous qui veniez pour un peu de divertissement, histoire de lire quelques news sur le prochain album de Bri-Bri prévu pour mars…

Je ne suis finalement pas débordé par grand chose. Je suis juste un peu fatigué, juste un peu moins combattif.

Je ne connaissais pas mon souhait pour le mois qui vient avant d’écrire ces lignes. Je l’ai maintenant bien en tête. Ce mois-ci, je veux commencer à lâcher prise – oui, je sais, on se croirait dans « Elle » mais il n’écrivent pas que des conneries les féminins. Vous devriez essayer. Lâchons prise. Profitons. Faisons comme Wadrox bouffant tout ce qui se trouve sur son passage.

 

Vivons.

 

Ditom

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