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To have and not to hold

Pour une fois pourrait-on changer ce concept en une fois sans moi?

Parce que ce mois-ci je n’ai vraiment pas envie d’écrire quoi que ce soit ici. C’est assez bizarre d’ailleurs. Tous les six, j’ai l’impression de m’allonger chez un psychanalyste, de faire le point sur les évènements du mois et d’essayer d’en tirer quelque chose pour avancer, pour que ma vie soit meilleure le mois suivant.

Vous vous en foutez, mais moi ça me fait du bien parfois. Ce fut le cas lorsque j’avais écrit ici que je ne m’excuserais plus. C’était en mars dernier… Figurez-vous que je tiens toujours. Le mot désolé est plus ou moins banni de mon vocabulaire. Il ne ressort que lorsque je bouscule quelqu’un dans le métro ou lorsque j’ai vraiment quelque chose à me reprocher comme par exemple le fait d’avoir complètement oublié de rendre un truc pour lequel je suis payé grassement et qui aurait dû arriver sur le bureau de la responsable la semaine dernière…

Parce que voilà, en ce moment je me sens débordé.

Débordé par le travail, les urgences qui s’accumulent, mon boss qui me harcèle en passant une tête dans mon bureau toutes les heures pour me demander si mes dossiers avancent par un aimable « Alors? » accompagné d’un rictus satisfait. Débordé par les week-end qui n’en sont plus vraiment – VIS MA VIE PATHÉTIQUE : j’ai trente-quatre ans et je passe la toussaint à la bibliothèque avec des étudiants dont les hormones sont en vrac pour essayer d’avancer sur des dossiers alors que je devrais me dorer la pilule en terrasse.

Débordé par des angoisses qui ne me laissent en paix ni la nuit, ni le jour, qui crachent sur l’estime que j’ai de moi lorsque je me rends compte que oui, j’ai trente-quatre ans mais le premier plouc venu peut m’arnaquer sur internet et me commander de lui envoyer un ordinateur avant même d’avoir le crédit sur mon compte, sachant que ce crédit, je ne l’aurai jamais, ce que je fais sans broncher, comme une bobonne incapable du moindre sens critique. Des angoisses qui me dévorent les intestins lorsque je m’aperçois que je ne suis plus capable de focaliser mon attention plus de 15 secondes tant mon état de fatigue est intense.

Débordé par l’impression de demeurer l’un des derniers cons essayant désespérément de donner un sens à sa vie ou à ses actes, de goûter l’art en respectant les artistes à l’heure où quarante-quatre pour cent des français affirment n’être prêts à payer aucun contenu culturel sur internet… Le monde a-t-il perdu sa conscience? Aurait-on pu être remué un jour par Guernica si Picasso n’avait pas cherché à vivre de son art? Les français sondés comprennent-ils que la conséquence de leur exigence du tout gratuit sera le renforcement de la prégnance des marchés financiers dans notre vie quotidienne et l’absence de contestation de l’ordre établi par les artistes puisque tout, absolument tout, finira par être sponsorisé faute de fonds apportés par des acheteurs désintéressés?

Débordé par l’impression que la vie est parfois vaine lorsque je constate que Michaël Jackson, dont je ne fus pas un grand fan du temps de son vivant; voit son oeuvre pillée par l’alliance entre sa famille de rapace qui suce son héritage et qui avale goulûment le foutre déversé par Sony Music jouissant du pillage d’oeuvres inachevées contre la volonté de leur auteur? Ça me fait penser aux fossoyeurs qui arrachaient les dents en métal de ceux qu’ils allaient jeter dans le trou. Il a raté sa vie, il est en train de rater sa mort.

Et à ce stade, je me rends compte que l’effet psychanalytique d’une fois par moi opère toujours. Je me suis mis en mode écriture automatique et j’en arrive à coucher tous ces trucs un peu sinistres que je ne pensais pas vous dire à vous qui veniez pour un peu de divertissement, histoire de lire quelques news sur le prochain album de Bri-Bri prévu pour mars…

Je ne suis finalement pas débordé par grand chose. Je suis juste un peu fatigué, juste un peu moins combattif.

Je ne connaissais pas mon souhait pour le mois qui vient avant d’écrire ces lignes. Je l’ai maintenant bien en tête. Ce mois-ci, je veux commencer à lâcher prise – oui, je sais, on se croirait dans « Elle » mais il n’écrivent pas que des conneries les féminins. Vous devriez essayer. Lâchons prise. Profitons. Faisons comme Wadrox bouffant tout ce qui se trouve sur son passage.

 

Vivons.

 

Ditom

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