Archives de Catégorie: janjacq

la clé et le post-it



janjacq

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moins dix-sept

interdit aux moins de 17 ans


(avant-propos)


pas plus tard que tout à l’heure, j’ai surpris une conversation entre JjQ et janjacq

allez, je te la fais façon Nico l’épicier que j’ai rencontré chez Ditom et qui vaut (valent ? ah bon !) le détour que je t’ordonne te conseille de faire illico (ou plus tard, mais ça va bien illico, c’est joli illico, et puis ça rime à rien mais avec Nico, si)

janjacq*
tu sais ce qu’il dit Tto ?

JjQ**
non mais j’me doute : des paroles de rédac’ chef

janjacq
il dit qu’il faut pas que Une fois**** devienne porno
qu’il y a trop de cul sur Une fois… chez certains…

JjQ
trop de cul ?
les dernières bites de Calliste***** je les ai planquées sous les socles de la statue de Zeus et du phare d’Alexandrie******
et puis c’est pas lui qui a commencé peut-être avec son glory hole******* ?

janjacq
ouais, mais paraît qu’il a reçu une brouette******** de lettres de protestation, de lectrices mais aussi de lecteurs, et puis il voudrait pas que Une fois soit classé X
il y a aussi cette histoire de bouche-trou

JjQ
ben quoi ?

janjacq
c’est quoi pour toi un trou********* ?

JjQ
euh… rien, rien avec quelque chose autour, non ?

janjacq
normal, mais il y en a des pour qui c’est rien, mais avec du poil autour
alors, quand tu leur parles de bouche-trou… tu me comprends

JjQ
on va les appeler comment les billets de remplacement ?

janjacq
billets de remplacement********** !

JjQ
tu crois que Tto il va nous faire enlever le petit q de ton pseudo et le gros Q du mien ?

janjacq
je crois surtout que je ne vais pas être d’accord

JjQ
et qu’est-ce que tu vas faire ?

janjacq
t’as vu les nageurs ? on leur a fait enlever la combinaison intégrale pour remettre le mini slip de bain***********
nous, on fait le contraire, alors je vais aller me rhabiller
et toi ?

JjQ
tu sais moi, je fais où on me dit de faire
t’as vu avant-hier le dernier billet de Calliste************, je suis allé le planquer alors qu’y a pas un poil qui dépasse

Calliste
on m’a appelé ?

JjQ
t’occupe
et en aparté : plagiaire************* !
dis janjacq, tu fais quoi là ?

janjacq
je t’ai amené mon dernier article pour tout à l’heure, tu me le mets en page et en ligne s’il te plaît

JjQ**************
ben mon cochon !

janjacq
Tto il a qu’à nous pondre une note, il fait ça bien
juré, le mois prochain je ne te parle ni de cul, ni de trou du cul, ni de bite, ni de couilles…
ni plus jamais, tu vas voir, une vraie rosière !

JjQ
et la chanson, t’es sûr de la chanson ? elle a pas l’air de beaucoup coller

janjacq
t’occupe ! c’est pour me faire plaisir
et puis c’est en hommage

JjQ****************
elle est morte Jeanne Moreau ? au mois d’août ?
ces vieilles gens-là y devraient pas clamser au mois d’août, comment tu veux qu’on le sache…

* janjacq c’est moi
** JjQ c’est moi***
*** l’autre moi
**** ton blog de chevet
***** un autre moi sur deux
****** et aussi dans des tiroirs à merveilles
******* hole c’est un trou, pour la gloire (à boucher ?)
******** une pleine poubelle !
********* (voir *******) ça se dit hole en anglais
********** il y a débat
*********** dans l’Antiquité, aux jeux, les grecs ils devaient nager à poil…
************ irisé le billet !
************* exagéré, isn’t it ?
************** après avoir rapidement*************** parcouru le billet de janjacq
*************** en diagonale si tu préfères, rapidement ça fait un peu éjac précoce
**************** dubitatif, à part, dans sa barbe

les vases communicants

(trois histoires vraies pour le prix d’une, avec des titres, des bites et tout et tout)


faut pas faire pipi dans la baignoire, c’est pas propre


l’autre jour je me suis fait couler un bain
j’ai ouvert en grand le robinet d’eau chaude, en petit celui d’eau froide, et puis j’ai fermé la bonde, et puis j’ai mis une giclée de Mir vaisselle spécial peaux sensibles pour faire les bulles et sentir bon le pamplemousse rose, et puis je suis allé me replanter devant l’iMac pour mettre la dernière main au billet de Calliste qu’était pour dans trois jours seulement
ça m’a absorbé
j’ai oublié le bain qui coule, j’ai plus entendu le bruit de cataracte qui venait de la salle d’eau, j’ai bossé comme un malade…
merde, mon bain !
c’est vraiment pas con les trop-pleins, heureusement qu’ils existent
là, il en avait plein la gueule le trop-plein, mais pas plus, alors j’ai rien inondé
j’ai tâté l’eau, juste comme il faut, j’ai tombé le calfouette, ça faisait des heures que je n’avais plus que lui dessus, tu parles, au mois d’août, et je suis entré précautionneusement dans la baignoire
j’y allai molo, je surveillai le niveau, c’est que je rajoutais une centaine de litres d’un coup d’un seul, encore que je ne connaisse pas bien ma densité, peut-être que je flotte
là, je me suis assis au fond, puis je me suis laissé glisser millimètre par millimètre, j’en avais jusqu’au menton, et je me suis dit
là tu ne bouges plus, t’attends que le trop-plein il évacue le trop plein
l’eau arrivait pile-poil au bord de la baignoire, t’aurais pas mis une goutte de plus
ça doit être la tiédeur, j’ai été pris d’une irrépressible envie de pisser, je me suis laissé aller, juste au dessus de mon zizi que je ne voyais pas à cause de la mousse, les bulles se sont tachées de jaune et…
… et la baignoire a débordé
tu ne vas pas me croire, j’étais dans l’eau du bain, j’avais le kiki et la vessie dans l’eau, j’avais donc tout mon pipi dans l’eau mais dedans moi, je le faisais passer dehors moi en pissant dans l’eau… et la baignoire débordait sur le carrelage en trempant tout le tapis de bain et mon calfouette resté par terre, en mouillant salement le baril d’Ariel qu’est sous le lavabo, en me salopant tout, quoi
je venais de pisser deux litres et c’est comme si j’avais ajouté deux litres
moi je dis que là, il y a vraiment comme un défaut…
… non, je déconne


le pèse-personne


l’autre jour, c’était dimanche, je ne me pèse que le dimanche, plus ça sert à rien d’autre qu’à se prendre la tête, je suis monté sur mon pèse-personne comme chaque dimanche, le matin au lever, à jeun
faut toujours faire ça dans les mêmes conditions pour avoir une courbe de poids fiable à montrer à la diététicienne (ce mot n’a pas de masculin !) pour qu’elle te corrige ton régime et qu’elle t’engueule pour les kilos que t’as encore pris en trop
merde, quatre-vingt-dix-huit deux cents
je l’écris comme ça, comme je dis, c’est moins impressionnant qu’en chiffres
six cents grammes de plus que dimanche dernier…
avec l’été, je ne mange que des salades, je ne bois que du Coca light, des Magnum je n’en ai léchouillé que deux, allez trois, depuis début juillet et je t’ai trouvé le moyen de prendre six cents grammes en une semaine, ‘tain ça me gonfle, et pas qu’à l’hélium
et ton pipi janjacq ? t’as pas fait ton pipi matutinal, ça serait pas ça ? que je me suis dit dans un éclair de lucidité inhabituel chez moi au petit matin
avant, tous les matins, c’est coquette qui me pointait le chemin des vécés, mais maintenant elle est plus tout à fait aussi assidue alors il y a des jours où je me manque et où je ne commence pas par ça, comme aujourd’hui
j’ai couru m’asseoir sur la cuvette et je me suis soulagé d’un ou deux litres au moins, j’ai même poussé pour parfaire la vidange, pas pour faire aut’chose, c’est pas mon heure et qu’est-ce que tu veux, je suis réglé
quatre vingt-dix-huit deux cents ! mais c’est pas d’yeux possible, je viens de pisser !
la semaine dernière, le 7 sur la cadran de la Terraillon avait quelque chose d’un peu rassurant, j’avais l’impression qu’il me tenait encore un peu éloigné de la « zéro tonne cent » qui me guette inexorablement
va comprendre Charles
tu pisses, tu pisses pas, tu plombes quand même le presque même quintal sur la bascule, c’est à te la prendre et te la mordre, tiens
moi je dis que là, il y a vraiment comme un défaut…
… non, je déconne


quand je pense à Fernand(e)


je t’ai déjà parlé de mon ex ?
mon chéri d’avant, enfin d’avant avant, il ne se prénommait pas comme ça mais comme il était très gourmand et que je le trouvais un peu lunaire, je l’appelais Pierrot (– je m’appelle Fernand.)
on est quand même restés presque sept ans ensemble, nous deux, il y a prescription maintenant, alors je peux bien te confier que mon ami Pierrot (– je m’appelle Fernand.) était monté comme un âne
ça m’a toujours posé problème, aïe, j’te raconte pas, des comme lui je n’en ai plus jamais rencontrés
t’aurais pas dit, au repos il avait un kiki d’oiseau, mais quand ce petit trucmuche se mettait à gonfler il prenait des proportions inimaginables, immenses, démesurées, euh… incommensurables, c’est ça le terme, au contraire de moi que j’ai une grosse quéquette
quand je bande, elle se contente juste de durcir, ça reste raisonnable mais ça les déçoit un peu mes amants, s’attendent à mieux fatalement
Pierrot (– je m’appelle Fernand.) était très fier de son braquemart et comme il se serait bien pris pour une star amerloque, ou cosaque, il te parlait de lui en pouces et il t’annonçait en claironnant : 9,5″ x 5,5″ (sous entendu de circonférence)
neuf pouces et demi, au bas mot, ça te fait dans les vingt-quatre centimètres
et cinq pouces et demi de tour, ça équivaut à presque quatre centimètres et demi de diamètre
pour ceux que ça intéresse, moi c’est 6″ x 4,5″, ouais je sais, ça fait très français moyen mais je ne suis quand même pas réductible à ça si je peux dire, pas plus que Pierrot (– je m’appelle Fernand.) d’ailleurs
encore que pour lui
Pierrot (– je m’appelle Fernand.), quand il bandait, il ne pensait à rien d’autre qu’à sa queue, à croire qu’il avait déconnecté tout le reste
je me suis toujours demandé comment on pouvait être autant aussi sexuel, surtout que je bande souvent mou personnellement
et puis j’ai fait le rapprochement avec ces histoires à la con de vases communicants
– étant entendu que je bande mou mais que je suis aussi un cérébral, ce qui ne m’aide pas à baiser, j’te jure
– étant entendu que le Pierrot (– je m’appelle Fernand.), quand son sang il s’accumule dans sa bite il semble qu’il déserte complètement sa cervelle, et c’est en quantité parce que « pi des deux sur quatre que multiple la longueur », pour lui, ça va chercher dans le trois-quart de Jurançon à peine entamé
– étant entendu que les seuls mots d’amour qu’il m’ait jamais dits c’était quand il débandait ou qu’il n’y arrivait pas trop, ce qui arrivait plus souvent qu’à son tour, remarque
j’en déduis qu’un gros bitu ne peut pas être franchement aimant, ou amoureux au sens fleur bleue, ou câlin et tout tout
quand tout ton sang fiche le camp dans ta queue pour la faire se tenir roide, il peut pas être ailleurs pour te dire aussi que t’es en train de faire une connerie avec ce mec-là et que tu ferais bien mieux de la remettre dans ta culotte
c’est comme pour Pierrot (– je m’appelle Fernand.), la nature est quand même bien faite, j’ai remarqué que les super grosses bites ne bandent jamais vraiment franchement…
moi je dis que là, il y a vraiment comme un défaut…
… non, je déconne
et que c’est bien comme ça…
… non, je déconne

Thus, the official rank of the largest penis belongs to a man measured and documented by Dr. Robert Dickinson in the earlier part of the twentieth century. This record-holding penis was 13.5 inches in length and 6.25 inches in circumference.

il y a déjà bien assez de détails comme ça sur lui pour que tu le reconnaisses, je veux pas lui faire de la pub non plus, alors j’ai changé son prénom au Pierrot (qui s’appelle pas Fernand non plus, en fait)



(illustration musicale : je suis sûr, Mademoiselle Moreau, que vous voudrez bien excuser mon impertinence
je vous aime tant, et -les apparences sont contre moi- j’ai tant de respect pour vous
par contre, si vous êtes de ces ayants droit qui ont donné à Vichy Célestins leur aval pour utiliser et massacrer mon cher tourbillon de la vie dans leur pub débilitante -pléonasme- et si vous en tirez bassement profit, je ne vous aime plus, na !)

le tourbillon de la vie

paroles de Cyrus Bassiak (pseudonyme de Serge Rezvani), musique de Georges Delerue
chanson créée par Jeanne Moreau (1962) dans le film Jules et Jim de François Truffaut (trois ans avant Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard ! vous avez dit Nouvelle Vague ?)

elle avait des bagues à chaque doigt
des tas de bracelets autour des poignets
et puis elle chantait avec une voix
qui sitôt m’enjôla

elle avait des yeux, des yeux d’opale
qui me fascinaient, qui me fascinaient
y avait l’ovale de son visage pâle
de femme fatale qui me fut fatal
(de femme fatale qui me fut fatal)

on s’est connus, on s’est reconnus
on s’est perdus de vue, on s’est reperdus de vue
on s’est retrouvés, on s’est réchauffés
puis on s’est séparés

chacun pour soi est reparti
dans le tourbillon de la vie
je l’ai revue un soir, aïe, aïe, aïe
ça fait déjà un fameux bail
(ça fait déjà un fameux bail)

au son des banjos je l’ai reconnue
ce curieux sourire qui m’avait tant plu
sa voix si fatale, son beau visage pâle
m’émurent plus que jamais

je me suis soûlé en l’écoutant
l’alcool fait oublier le temps
je me suis réveillé en sentant
des baisers sur mon front brûlant
(des baisers sur mon front brûlant)

on s’est connus, on s’est reconnus
on s’est perdus de vue, on s’est reperdus de vue
on s’est retrouvés, on s’est séparés
puis on s’est réchauffés

chacun pour soi est reparti
dans le tourbillon de la vie
je l’ai revue un soir ah là là
elle est retombée dans mes bras
(elle est retombée dans mes bras)

quand on s’est connus
quand on s’est reconnus
pourquoi se perdre de vue
se reperdre de vue ?
quand on s’est retrouvés
quand on s’est réchauffés
pourquoi se séparer ?

alors tous deux on est repartis
dans le tourbillon de la vie
on a continué à tourner
tous les deux enlacés
(tous les deux enlacés
tous les deux enlacés)



(postface)


pas plus tard qu’il y a quelques jours, Ar-IZ-tide m’a pris -euh…- à part

Ar-IZ-tide
votre copain, là…

janjacq
hé, c’est pas mon copain, c’est le metteur en pages et en images de not’blogue, point barre

Ar-IZ-tide
n’empêche, je le trouve bizarre
z’avez vu les enluminures qu’il a peinturlurées en en-tête de chaque chapitre du billet de Calliste pour mettre en valeur les couleurs de l’arc… ?

janjacq
tu les trouve tristes ?

Ar-IZ-tide
plutôt oui, c’est que des gris !
il a décliné des gris ! le con !

janjacq
faut que je te dise, JjQ il est daltonien…

Ar-IZ-tide
ah bon !
je me disais aussi…

janjacq
Tto il le garde parce que l’orthographe ça va encore
et qu’il corrige les fautes quand il relit
mais tu vas voir la prochaine maquette du blogue, la version 2, c’est pas triste tiens…
euh… j’t’ai rien dit !

Ar-IZ-tide
si vous voulez, je peux mettre de la couleur, tout plein de couleur, je suis coloriste vous savez
ça va égayer, ça va plaire aux gays, j’aime bien les gays gais…

janjacq
ouais, vas-y
mais tu me caches tout ça derrière les taches de gris, j’ai pas envie de me faire remonter les bretelles par le rédac’ chef s’il est pas de bon poil
euh… en teinture, tu t’y connais ?
rapport à leurs… poils… au Calliste et au Tto…
euh… un peu trop rouge (rouges ? ah bon !) à mon gris (gré ? ah bon !)

t’as vu, je te l’ai fait sans aucun *(*)

(*) astérisque-et-péril
parce que sans l’aimable autorisation de Nico l’épicier pour la mise en situation

janjacq

L’écharpe d’I(ri)Z

En lever de rideau, ou en lever des couleurs pourquoi pas? nous aurions pu vous faire écouter la magnifique interprétation que l’inoubliable Israel Iz Kamakawiwo’ole (1959-1997) a faite du non moins inoubliable Somewhere over the rainbow, lequel aurait alors retenti ici comme un hymne. Nous avons préféré rester plus léger et vous donner à voir Poncho danser sur le medley de Somewhere over the Rainbow, what a wonderful world qui est chanté en hommage à Iz par la voix cristalline et enfantine de Alison Debison accompagnée du seul ukulélé, qui veut dire puce sauteuse comme chacun sait. Qui de la fillette ou de l’instrument hawaïen doit-on qualifier de puce, on est en droit de se le demander? Poncho non, assurément, qui semble peu à son aise sur ses appuis.

Parions que vous aurez deviné, nous allons vous parler d’arc-en-ciel.

Les arcs-en-ciel n’ont pas sept couleurs mais une infinité de nuances à partir de six couleurs.

En tant que « septième couleur » de l’arc-en-ciel, l’indigo est une légende qui a la vie dure. En réalité cette couleur n’est qu’une nuance fondue dans le spectre des couleurs visibles. Ce colorant n’est pas autre chose qu’une nuance de bleu foncé.

L’indigo n’est théoriquement qu’une infime partie du spectre visible et n’apparaît pas dans la décomposition normale de la lumière (car c’est une couleur sombre).

La couleur indigo a été ajoutée et pour ainsi dire inventée par Isaac Newton après avoir décomposé la lumière visible avec un prisme qui ne révèle en fait que six couleurs dominantes, les trois primaires et leurs trois secondaires.

Il a consciemment déterminé sept couleurs pour les faire coïncider avec les sept planètes (connues alors), les sept jours de la semaine, les sept notes de musique, et d’autres septenaires (hum !), tenus pour des références culturelles … notamment les sept jours de la création, les sept nains de Blanche-Neige, les sept merveilles du monde antique et les sept doigts de la main.

Source: http://un.arc.en.ciel.free.fr/ – les ajouts en italiques sont de votre serviteur

Vous comprendrez aisément que nous allons nous en tenir à la légende.

Il est étonnant que dans sa définition le Petit Robert décline les sept (donc) couleurs de l’arc-en-ciel dans cet ordre-ci : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Nous ne savons pas pour vous, mais dès la prime enfance on nous les a apprises dans l’ordre inverse et nous sommes infoutus de les citer de l’intérieur vers l’extérieur (de l’arc s’entend) sans nous emmêler les pinceaux. Que voulez-vous, ça ne colle pas à l’oreille. Do ré mi fa sol la si (do) – (do) si la sol fa mi ré do! Là, si, ça va! Mais pour ce qui est de l’œil!
Va donc pour rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Et à propos de gamme, dire orange plutôt qu’orangé -orangejaune, oranchechaune, orangéjaune, orange et jaune- est pour nous comme une fausse note. On ne nous changera pas. Et vous?

Hissez les…

Calliste

Veuillez nous excuser pour cette interruption volontaire de l’image et du son.

Il se trouve que le quatrième volet des 7 moi par fois est un horrible plagiat et qu’il risque de nous attirer les pires foudres qui soient.

Calliste a profité de ce mois d’août désertique pour aller chaparder toutes les lignes qu’il est censé avoir écrites, ainsi que toutes les illustrations qui les accompagnent.

Nous tenons à rester un site fermé à toutes les critiques.

Aussi nous est-il apparu judicieux, hors toute censure s’entend, de rendre encore plus difficile l’accès à des pages aussi… délictueuses, et d’aller les enfouir dans les bas-fonds de Une fois par moi.

Vous pourrez toutefois les retrouver, amie lectrice, ami lecteur, non pas en cliquant ci-dessous sur l’oriflamme des filles ou dans le gonfalon des garçons, mais… ailleurs. Ailleurs!

Adieu la trop facile tête à T(o)to, alors cherchez, cherchez donc!

©

©

Vous serez « récompensé » en étant « immédiatement » redirigé vers la version intégrale du billet de Calliste.

JjQ

trait d’union

l’obtus et le têtu

t’as vu ? je t’ai mis un rideau rouge cette fois
c’est riant le rouge
je ne suis pas très coutumier du fait mais je vais ce mois-ci sortir un peu de la vraie vie et de ses choses tristes pour te raconter une fable
c’est plaisant une fable
je suis sûr de t’amuser et -pourquoi pas- de te faire rire
et puis, ça aussi ça va te plaire, c’est écrit normalement, avec de la ponctuation où il faut, des initiales majuscules pour commencer les phrases, des sauts à la ligne qui ressemblent à de vrais alinéas, et tout et tout
c’est écrit un peu comme une lettre…

… et d’ailleurs c’en est une
son brouillon est passé entre mes mains, Jean-Philippe voulait que je le voie et que je le corrige (j’ai juste ajouté quelques s pluriels et un trait d’union par-ci par-là) avant de le recopier de sa plus belle plume
tu ne le répèteras pas, hein ? j’ai fait une photocop
voilà

Jean-Philippe S***

75… PARIS
tél. : 01 44 .. .. ..
mobile : 06 84 .. .. ..

N° SS : 1 .. 01 64 422 … – ..

Monsieur François LEVEQUE
Directeur du
Groupe Hospitalier
PITIÉ-SALPÉTRIÈRE

47-83 Boulevard de l’Hôpital
75651 PARIS Cedex 13

Monsieur le Directeur,

Je suis confronté à un problème d’identité avec les services administratifs de La Pitié-Salpétrière, mes demandes réitérées se sont toutes heurtées à des fins de non-recevoir, aussi je me tourne vers vous qui représentez mon dernier recours.

J’ai récemment été hospitalisé dans le Service de Diabétologie du Professeur HACHE, ma pré-admission s’est faite par correspondance à la demande du médecin qui me suit à l’Hôpital Tenon (APHP) où j’étais encore dans un passé récent référencé sous le prénom de Jean (au lieu de Jean-Philippe, mon prénom usuel)

En deux mots, la raison en est celle-ci.
Mon état de santé fait qu’il y a de très nombreuses années que je fréquente assidument différents établissements de l’APHP. Mais que ce soit à l’Hôtel-Dieu, à Lariboisière, à Saint-Louis ou même à La Pitié-Salpétrière, j’étais partout connu sous l’identité de S*** Jean Philippe qui figure dans la totalité des listings informatiques. Ma Carte Vitale est également de toujours établie à ce nom-là.
Il aura fallu que je sois admis fin juillet 2007 aux urgences de Tenon en raison d’un problème cardiaque, sans être capable de décliner mes nom et prénom, pour qu’un employé zélé, sur la foi de la carte nationale d’identité qui lui a été présentée par un tiers, fasse disparaître de tous les fichiers informatisés me concernant à l’hôpital la deuxième partie de mon prénom usuel.
En effet, sur ma carte plastifiée, délivrée le 16.06.2007 mes prénom(s) sont indiqués de la façon suivante : JEAN, PHILIPPE, MATTHIEU
Je suis devenu S*** Jean. Cela m’a dérangé, mais sans plus, après tout ce n’était qu’à Tenon. Encore que dans un des services où je me rends fréquemment, les MIT, les règles de confidentialité en vigueur font que les patients sont interpelés par leur prénom et non par leur patronyme. Quand on appelle Jean, je ne sais pas me reconnaître ni répondre, et il m’est même arrivé de passer mon tour.

Lorsque j’ai envoyé le 9 mars dernier, les documents nécessaires à mon admission à La Pitié-Salpétrière en vue d’une formation d’insulinothérapie fonctionnelle, je précisais dans mon courrier :

J’ai été préenregistré par erreur sous le prénom de Jean.
Mon véritable prénom est Jean-Philippe, et l’Hôpital doit déjà posséder un dossier à mon nom puisque je suis suivi en Ophtalmologie dans vos services :
S*** Jean-Philippe
(Matthieu) – N° SS : 1 .. 01 64 422 … / ..

Ce n’est pas Dieu possible, j’ai dû tomber sur le même type d’employé zélé qu’en 2007 à Tenon.
Je suis là aussi devenu S*** Jean. Sur la foi de la photocopie de ma CNI !
Et cette fois-ci, cela m’a profondément perturbé et dérangé.

J’ai voulu faire « corriger le tir », en me rendant dans le service concerné.
Je me suis heurté à un mur d’incompréhension. J’ajouterai, d’inhumanité.
Et j’ai appris de surcroit que tous les listings des différents établissements de l’APHP seraient regroupés en un seul dans un proche avenir. La personne qui m’a reçu a même triomphalement ajouté : « … et vous serez S*** Jean partout !!! »

A l’occasion d’un rendez-vous routinier (c’était il y a cinq semaines), je me suis rendu dans le même service de l’Hôpital Tenon. Autre lieu, autres mœurs, on a bien voulu comprendre mon argumentation et entendre ma demande.
Sur présentation de mon permis de conduire n°751113107754 considéré comme une pièce d’identité fiable, à Tenon, comme partout ailleurs, mon nom est désormais : S***, mon prénom 1 : JEAN PHILIPPE, les prénoms 2 et 3 ont disparu de la fiche de renseignements, et c’est tant mieux.

Pas Jean – virgule – Philippe, pas Jean – trait d’union – Philippe,
mais Jean – intervalle – Philippe, comme sur tous mes autres papiers, la Carte Vitale, la carte d’électeur (établie le 01.03.2008 sur présentation de la CNI), les cartes bleue et orange, je n’ai fort heureusement pas encore la vermeil mais celle d’invalidité oui, pour ma banque je suis Jean Philippe, pour ma mutuelle aussi, partout vous dis-je…

Ce n’est pas tout à fait affaire de principe, croyez-moi.
Il se trouve que mon frère aîné se prénomme Jean-Marc, et, renseignement pris, que sa carte d’identité est rédigée ainsi :
Nom : S*** – Prénom(s) : JEAN, MARC, THOMAS
Pour les services de l’identité français, pour la Préfecture de Police… nous avons donc tous les deux exactement le même prénom et donc la même identité. Heureusement que nous ne sommes pas jumeaux, nous n’avons pas la même date de naissance.
Il se trouve que La Pitié-Salpétrière m’adresse maintenant mon courrier en libellant l’adresse comme elle le ferait si elle correspondait avec mon frère aîné :
Monsieur Jean S***, etc…
Mon courrier est donc susceptible d’être ouvert, en toute bonne foi, par mon frère que je veux tenir éloigné de tous mes problèmes de santé et à qui je veux continuer à cacher la gravité de certaines pathologies, et l’une d’entre elles plus particulièrement.

Votre employé dont j’ignore le nom et qui « connaît parfaitement tous les textes réglementaires » qu’il respecte à la lettre, m’a « aimablement » suggéré de demander le renouvellement de ma carte nationale d’identité en y faisant cette fois apposer mon prénom d’usage.
« Il est possible de modifier un nom, d’ajouter un patronyme, mais le (ou les) prénom(s) reste(nt) ce qu’il est (sont) sur les papiers d’identité ad vitam æternam », m’ont répondu les fonctionnaires de police que je suis allé consulter, seul le Procureur de la République est habilité à faire rajouter le simple trait d’union qui me fait défaut.
« Et les démarches peuvent être très très longues » ont-ils ajouté.

Monsieur le Directeur, j’étais tout près d’exiger d’être rétabli dans mon bon droit, celui d’être appelé dans tous les services de l’hôpital que vous dirigez par mon prénom d’usage, celui dont on m’affuble depuis toujours, celui que je considère être mon prénom de baptême.

Mais je pense pouvoir compter sur votre bon sens. Il ne peut s’agir d’usurpation d’identité puisque que je n’ai en aucun cas demandé l’ajout d’un trait d’union.
Alors vous saurez réclamer de votre employé imbécilement zélé ce que son supérieur hiérarchique direct n’a pu obtenir de lui. Qu’importe en effet pour La Pitié-Salpétrière que je sois Jean ou Jean Philippe puisque je présente chaque fois une Carte Vitale régulièrement mise à jour qui atteste que je suis normalement pris en charge (à 100% qui plus est). N’est-ce pas là le plus important ?

Quant à votre sbire prosélytique, s’il ne se prénomme ni Brice ni Éric, j’ai eu au cours de nos prises de bec la très nette impression qu’il me refoulerait volontiers par vol charter aux confins des Landes, vers mon Béarn natal, mais aussi qu’il aurait grand besoin de passer un moment par un service d’odontologie, à La Salpétrière ou ailleurs, c’est grand pitié quand il montre les dents qu’il a mauvaises, tant il pue de la gueule, le pauvre garçon. Je crois avoir établi là un signalement qui vaut toutes les identités. Vous le reconnaitrez aisément si vous avez affaire à lui en enquêtant sur ma demande.

Je vous prie d’excuser mon manque d’humour à son égard.
Je vous remercie pour l’attention que avez bien voulu me porter et je terminerai, enfin, par une note amusante.
C’était il y a un quart de siècle, j’étais en classe de quatrième au collège, et toute l’année scolaire durant, mon professeur de français, qui était aussi béarnais, a sanctionné la faute d’orthographe que je faisais systématiquement à chaque dictée. L’absence de tiret calligraphié entre mes deux prénoms me valait quatre points en moins à tout coup. « Un prénom composé s’écrit avec un trait d’union », expliquait-il.

Voudriez-vous, s’il vous plaît, me tenir informé de la suite que vous aurez donnée à mon appel têtu.

Veuillez croire, Monsieur le Directeur, en l’assurance de mes meilleurs sentiments.

Jean-Philippe S***

Nota : le dernier en date des arguments massues qui m’ait été asséné est celui-ci.
Photocopie de la photocopie de ma carte d’identité aurait été adressée à l’Etablissement Français du Sang, « on ne peut donc plus rien changer ! »
Je me fiche du tiers comme du quart de l’EFS, mon sang y est indésirable, j’ai été exclu des listes de donneurs dès le diagnostic de mon diabète, et être éventuellement moi-même transfusé avec des plaquettes d’orang-outang ou du plasma de vache folle m’indiffère au plus haut point.
Mon histoire commence à ressembler à une fable, l’Obtus et le Têtu, j’aimerais tant qu’elle trouve enfin une fin… morale.

tu ne trouves pas que c’est un peu castrateur ce qui arrive (ce qu’il arrive ? ah bon !) à mon pote Jean-Philippe ?
tu vois, moi, je comparerais volontiers ça à une… circoncision
on est un peu dans le même cas tous les deux, je veux dire « uncut » (tu peux me croire, j’ai essayé) et on a tous les deux un prénom double, ou composé si tu préfères, enfin moi presque, c’est collé comme pour Gianfranco (Marilyse et Louisianne aussi ! mais elles on peut rien leur couper à part le sifflet)
un môme, tu lui enlèves un bout de peau à la maternité ou pour Brith Milah, il se rend pas bien compte et il s’en fout un peu, et après il fait avec, ou plutôt sans
mais imagine que ça t’arrive à quarante ou cinquante piges, là t’es mal et c’est sans doute parce que t’as mal
à quarante ou cinquante balais on a déjà pas mal d’habitudes, non ? ne serait-ce que pour pisser…

le coup du prénom, je laisserais pas pisser non plus
Fifi, il se serait toujours appelé Jean, ou Philippe, il s’en foutrait des traits d’union, des virgules et autres intervalles
là, il est colère, surtout après l’autre con aux cacholles avariées (toutes pourrites ? ah bon !) mais aussi après le dirlo de la Pitié qui n’a pas bougé le petit doigt
alors, il s’est fendu d’une seconde bafouille, comme ça, pour l’honneur

Jean-Philippe S***

75… PARIS
tél. : 01 44 .. .. ..
mobile : 06 84 .. .. ..

N° SS : 1 .. 01 64 422 … – ..

Monsieur François LEVEQUE
Directeur du
Groupe Hospitalier
PITIÉ-SALPÉTRIÈRE

47-83 Boulevard de l’Hôpital
75651 PARIS Cedex 13

Monsieur le Directeur,

Je suis amer.
La requête que j’ai formulée il y a déjà deux mois directement auprès de vous est visiblement restée sans écho.

Je sors à peine de La Pitié-Salpétrière et du service de Diabétologie où j’avais rendez-vous.
Je me suis présenté à quinze heures pétantes :
Le Docteur LANGEVIN m’a convoqué pour trois heures, c’est pour la pose d’un capteur, je dois participer à un protocole sur les effets…
La jeune femme antillaise de l’accueil m’a interrompu :
Vous êtes ?
Jean-Philippe S***.
Euh… Jean-Philippe… Je n’ai pas de Jean-Philippe, m’a-t-elle répondu après avoir longuement consulté les différents listings posés sur son bureau.
Et Jean S*** ?
Ah oui ! Je préviens le Docteur LANGEVIN. Elle vous attendait.

Ainsi, je suis toujours Jean S*** pour tous les services de l’Hôpital.

Je me suis étonné de ne pas avoir reçu de réponse écrite à ma lettre du ../../.. mais je restais pourtant persuadé que vous aviez fait le nécessaire auprès des « Admissions » pour que je sois rétabli dans mon identité d’usage.

Aujourd’hui, c’est comme si on avait posé le capteur de glycémie à quelqu’un d’autre que moi, quelqu’un qui participerait aussi comme moi aux études que mènent le Professeur HACHE et ses équipes avec des patients volontaires, et cela m’a laissé une drôle d’impression.
Je me dis que décidément, l’Hôpital, au sens large, est au plus mal, et plus particulièrement encore l’APHP. Je savais comme chacun que pour « elle » ses personnels, du mandarin à l’infirmière, de l’interne au brancardier, du professeur au balayeur, ne valaient plus grand chose. Je croyais naïvement que les patients, les malades et leurs familles comptaient encore un peu. Il n’en est visiblement rien.
Si vous saviez combien je le regrette, je dois tant aux médecins, je dois tant aux infirmières, je dois tant aux aides-soignantes, à tous ces hommes et ces femmes qui m’ont toujours pris en charge et soigné avec empathie.

Je suis récemment tombé sur une coupure de presse qui relatait la découverte de la dépouille mortelle d’un supposé terroriste basque oubliée pendant plus d’un an dans une morgue hospitalière toulousaine.
Et j’ai fait un songe.
Quelques images.
Le boulevard Vincent Auriol. Le secteur Salpétrière. Un bâtiment de briques rouges. Un sous-sol à l’éclairage blafard et sale. Une chambre froide et sale. Un drôle de tiroir. Une paire de pieds nus, propres. Au gros orteil du pied gauche est attachée par une cordelette jaune une étiquette plastifiée et sur cette étiquette on peut lire un numéro écrit au gros marqueur noir -75708- et un nom en plus petit -Jean S***- mon nom…
Lieutenant de police GUILLAUME. Une certaine Madame B*** prétend que cette personne, Jean S***, est son frère…
Mais, cela fait quatorze mois qu’il est là, elle ne s’en est pas beaucoup inquiétée.
Cela fait quatorze mois qu’elle retourne ciel et terre pour le retrouver, répond le jeune policier visiblement agacé et impressionné par l’endroit…

Une chose est certaine, si c’est à elle qu’incombe un jour la pénible corvée de s’occuper de cela, ma frangine fera graver sur ma pierre tombale trois simples mots, sans autre épitaphe, sans même mes dates de naissance et de trépas : Jean-Philippe S***. Avec un trait d’union.
Vous voyez, comme mon vieux professeur de français de quatrième, elle tient au respect des règles d’orthographe, et puis notre maman, ancienne couturière, ne rabâche-t-elle pas : « De toute façon, ça fait plus habillé ! »

J’étais amer. Me voilà amer, fâché et paradoxalement… soulagé.
Je ne serai bientôt plus qu’un numéro matricule…
Je ne vous demanderai plus rien, Monsieur le Directeur.
Adieu Francois Leveque…

Comment ?
Votre nom est François Lévêque. Je vous demande pardon, mais vous savez, sur les organigrammes de l’Hôpital il est toujours écrit en majuscules, dans une police qui n’est pas accentuée, je ne pouvais pas savoir, j’ai écrit Leveque…
… c’est vrai que le « e » de mon patronyme n’a pas d’autre accent que celui du Béarn, alors je n’ai pas fait attention, mais ça fait cloche Leveque, ça ne veut plus rien dire. Ça fait cloche, moche et con. Et ça interpelle : est-ce bien vous ?
J’en perds jusqu’à mes cédilles et mes formules de politesse, c’est dire.

Adieu Monsieur.

Jean-Philippe S***

c’est comme JiPé et son frérot avec tous leurs prénoms d’apôtres, avec le blaze qu’il a le dirlo il doit pas savoir non plus ce que c’est une circoncision
moi je me dis que pour faire la sourde oreille à des bafouilles comme celles-là, faut être affublé d’un sacré phimosis
il devrait peut-être faire un tour par ses services d’urologie le Lévêque, ça le dériderait

(en illustration musicale, ce mois-ci, je t’ai mis les images d’un film -j’sais pas lequel- sur lesquelles sont plaquées les paroles de la chanson
le film, c’est parce qu’il y a dedans un petit acteur belge dont j’ai oublié le nom mais qu’est beau comme un camion repeint… j’te dis pas…)

j’oublierai ton nom

paroles de Jean-Jacques Goldmann et Michael Jones
musique de Jean-Jacques Goldmann
chanson écrite en 1986 pour Johnny Halliday qui l’interprète ici en duo avec Carmel (1987)

de semaines inutiles
en futiles dimanches
de secondes immobiles
aux aiguilles qui penchent
j’oublierai ton nom

de quatre nouveaux murs
dans un autre quartier
de pinceaux de peinture
en meubles à installer
j’oublierai ton nom

de la piste suante
à la dernière danse
des quelques nuits de feu
aux matinées de cendres
de cette agitation
dénuée de tout sens
du fond de ma raison
jusqu’à mon inconscience

de la main d’un ami
au baiser d’une bouche
tous ceux qui sauront lire
que le mal a fait mouche
j’oublierai ton nom

j’oublierai ton nom
de mille façons
et cette certitude
me fait plus mal encore
j’aimais cette blessure
c’était toi encore

I know it’s been tough
I’ve hurt you enough
but you’ll never see
that I must be free
forget my name

you’ll find someone somewhere
all your troubles to share
ahe’ll wipe out the past
and fell at last
forget my name

all the good and bad times
we’ve ever had
will seem so far away
will be lonely sad

there’s hundreds of ways
to kill away the time
that’s how you are made
you know you’ll never be mine

de la main d’un ami
au baiser d’une bouche
tous ceux qui sauront lire
que le mal a fait mouche
j’oublierai ton nom

j’oublierai ton nom
de mille façons
et cette certitude
me fait plus mal encore
j’aimais cette blessure
c’était toi encore

j’oublierai ton nom
de mille façons
pour les mêmes raisons
qui m’ont fait t’aimer
parce qu’il fallait bien vivre
avant d’oublier

j’oublierai ton nom
de mille façons
et cette certitude
m’est la pire des morts
j’aimais cette blessure
c’était toi encore

j’oublierai ton nom

c’est un clip de Carmel ? ah bon !

janjacq

Tiroirs à merveilles et merveilles à tiroirs

Le c.. sur la commode

Restons sérieux.
Vous savez bien que cette rubrique, comme son nom l’indique, est dédiée au chiffre sept (7), alors il ne vous aura pas échappé qu’il y a tromperie sur la marchandise. On vous a d’ailleurs déjà fait le coup avec cette prétendue semaine des quatre jeudis qui comptait bel et bien dix jours, pas plus, pas moins.
On ne va quand même pas recommencer avec un semainier à huit tiroirs.
Et pourtant si.
Laissez-nous vous dire que, disponible en version 5 ou 8 tiroirs, ce chiffonnier est original par leur ouverture en porte à faux qui lui donne l’illusion d’un déséquilibre. Mais rassurez-vous, grâce à du lest placé dans le dernier tiroir sans mouvement, il trouve un parfait aplomb.
Existe en finition érable clair vernis naturel ou noyer.
Dimensions pour la version 5 tiroirs : H. 97,5 x L. 38,6 x P. 38,6 cm (vendu 2546,00 €) et pour la version 8 tiroirs : H. 154, 5 x L. 38,6 x P. 38,6 cm.

C’est une création de Tadao Hoshino pour C***.

Calliste


✶ ah que ✶✶ ✶✶✶ clouinc ! ✶✶✶ ✶✶ et clic ✶


Veuillez nous excuser pour cette interruption volontaire de l’image et du son.

Que Calliste se croit autorisé à faire une publicité éhontée
(est-elle seulement gracieuse ?)
pour telle ou telle grande marque de mobilier contemporain,
passe encore.

Mais qu’il illustre abondamment le troisième volet des 7 moi par fois
par des images… suggestives, sinon… osées, voire… graveleuses,
est susceptible de heurter gravement la sensibilité
de notre plus jeune public.

Nous tenons à rester un site ouvert à tous les lectorats.
Aussi nous est-il apparu judicieux, hors toute censure s’entend,
de rendre plus difficile l’accès à des pages aussi… délicates,
et de les renvoyer dans la zone annexe de Une fois par moi.

Vous pourrez toutefois les retrouver,
amie lectrice, ami lecteur,
en cliquant ci-dessous, soit sur l’une ou l’autre des prunelles rieuses,
soit sur la langue gourmande de la tête à T(o)to.

Vous serez immédiatement redirigé vers la version intégrale du billet de Calliste.

JjQ

un rêve bleu (suite et… fin)

sans titre point doc

allez vous faire foutre ! m’a-t-elle hurlé après
je n’ai pas claqué la porte en sortant, et pour cause, un balèze mongolien ou de par là-bas était planté devant et me menaçait du regard, ailleurs, les vigiles sont plutôt typés Afrique subsaharienne et ils me filent moins la pétoche
on ne peut pas me taxer de racisme, je me contreficherais bien de savoir que mon mobile est d’assemblage sud-coréen, que la maille de mon tee-shirt est thaïlandaise, que la semelle de mes peupons a été coulée dans du plastoque indonésien par des sri-lankais, ou le contraire, mais les étiquettes made in China sur des espadrilles ou un béret basques, ça me fait plutôt sourire… jaune, et les chinois de la rue Montgallet, ils sont peut-être too much, hein Brice ?
le mien de chinetoque n’était pas là quand je suis allé récupérer le portable, je suis tombé sur sa gonzesse, que je ne peux pas encadrer, ça c’est peut-être par sexisme, et qui a été odieuse
c’est qu’elle me réclamait trente euros supplémentaires, la garce, et n’en démordait pas
j’ai eu beau lui dire que le travail était déjà payé puisque seulement la moitié des fichiers avaient été décryptés au premier coup, elle n’a rien voulu savoir et ses courbettes mielleuses, sa voix de crécelle, m’ont mis dans une colère noire, ou grise, mais alors gris sale
avec son mec et sa crête de jais pitée tout debout au gel, ses beaux yeux d’amande douce, son sourire craquant, j’aurais certainement… craqué
avec elle, j’ai craqué ça qui m’a rendu bien triste, il fallait que je sois à cran :
… et le CD, vous pouvez vous le carrer dans le mange-disque !
et merde !

de retour à l’appart, quand j’ai rallumé le PowerBook je tremblais encore, sur le bureau de ma session désormais bien seule, tu ne vas pas me croire, j’ai trouvé ça que je ne connaissais pas et qui m’a sauté aux yeux
un dossier, tu sais une enveloppe bleue, intitulé Sans titre, avec écrit dessous 14 fichiers
j’ai cliqué
à Montgallet un asiate avait bien gravé un CD que la bonne femme de mon chinois préféré voulait me vendre cher, très cher, mais il avait oublié d’effacer de l’ordinateur les fichiers .doc qui s’ouvraient maintenant un à un sous mes clics impatients
je te les ai promis, les voici :

« Baptiste a fermé les yeux.
Je ne crois pas qu’il soit dupe. Il sait aussi bien que moi qu’entorse et massage ne doivent pas faire très bon ménage ensemble. Il a pourtant accepté ma proposition et il m’a abandonné son genou. J’ai le sentiment qu’il ronronnerait volontiers comme Pouf, notre gros chat, sous mes caresses. C’est vrai que mes gestes lents n’ont rien de ceux d’un masseur, je crois que mes doigts ne se sont jamais faits aussi doux, même quand je me donne –souvent- du plaisir.
Et c’est un peu ce que je suis en train de faire, me donner du plaisir, je n’ose pas regarder mon frère, j’ai bien trop peur de rougir de la honte que je suis sans doute le seul à ressentir.
Pourtant, mes yeux sont remontés le long de la cuisse finement duveteuse et musclée jusqu’à l’élastique du slip rouge, puis un tout petit peu plus haut pour constater que la bosse que fait la quéquette de Baptiste semble palpiter sous le coton. Une tache sombre est en train d’auréoler le tissu et s’agrandit peu à peu…
Ma main s’est enhardie et remonte maintenant elle aussi à l’intérieur de la cuisse que je sens frémir…
– Camille !
Mon prénom est tombé comme un couperet. Je fais la sourde oreille et continue à progresser…
– Camille arrête !
Mon frangin a un brusque mouvement de recul qui lui arrache un cri de douleur. Il a violemment replié sa jambe blessée, je vois ses yeux s’embuer de larmes. Il a mal. »

« – Pédé !
C’est un peu comme si je venais de prendre un grand coup de poing en pleine poitrine. Je suis assommé.
– Sale pédé ! T’es qu’un sale pédé !
Baptiste est entré dans une colère noire, il gueule comme s’il voulait ameuter tout le quartier, je ne l’ai jamais vu dans un état pareil, je n’avais jamais imaginé que mon petit frère pouvait ressentir de la haine. Parce qu’à ce moment précis, il me hait comme on le fait je pense de son pire ennemi ou d’une bête immonde.
– Baptiste…
– T’es qu’une sale pédale ! T’es qu’une salope ! Sa voix ne sait plus si elle doit donner dans les graves ou dans les aigus. Elle n’en est que plus blessante, chaque mot est pour moi un coup de poignard.
– Je vais le dire à Maman. Dès qu’elle rentre j’en parle à Maman…
– Tais-toi, Baptiste, tais toi !
– Et ce soir, je raconte tout à Papa.
Je me suis mis à pleurer, comme un gosse qu’on réprimande, à gros sanglots. Ma vue s’est troublée. Mes oreilles me font mal. Mon frère continue à vociférer :
– Pédé, pédé, pédé…
en essayant de se relever avec des gestes maladroits et en grimaçant tant son genou est sensible.
Je ne sais pas ce qui m’a pris, je lui suis tombé dessus. Férocement.
– Hé ! Ne me touche pas, pédal… »

« Je ne sais plus me contrôler. J’empoigne le cou de mon frangin, les deux pouces sur la pomme d’Adam et je serre, je serre de toutes mes forces. Je veux qu’il se taise. Je veux l’empêcher de m’insulter et même lui faire ravaler ses insultes. Je serre !
Baptiste s’arque boute mais je lui plante le genou dans le bas-ventre pour le plaquer à nouveau sur le lit. Ses yeux se révulsent et je sens soudain qu’il ne m’oppose plus aucune résistance, pourtant je m’obstine à serrer désespérément son gosier comme celui d’un petit animal que je voudrais étrangler.
Tout à coup, la tête me tourne. Je lâche prise. Je me laisse tomber et glisser à plat dos sur le parquet. »

« Baptiste est… »

« Toujours allongé, je guette la respiration de mon frère. Dans le lointain, quelqu’un doit tondre sa pelouse malgré le soleil de plomb et un ronronnement sourd parvient jusqu’à moi. Je tends l’oreille jusqu’à percevoir le tic-tac régulier de la comtoise du palier. Je me demande quelle heure va-t-elle bientôt sonner, je n’ai plus aucune conscience du temps qui passe. Baptiste ne réagit toujours pas et je redoute de plus en plus fort le moment où…
Je ferais mieux de me carapater avant… me dis-je en me relevant sans faire de bruit.
Le regard que pose sur moi mon « grand » petit frère (il paraît immense sur mon lit) est… vide. Étrange, vide et… sans vie.
C’est affreux !
C’est affreux !
C’est affreux ! »

« Baptiste est… »

« Nonnnnnnn !!! »

« Je viens de comprendre que j’ai tué mon frangin.
Mon dieu ! J’ai étranglé mon frangin ! J’ai tué mon frangin !
J’ai pris sa main dans la mienne avec l’envie de la secouer pour l’obliger à se réveiller, mais je ne bouge pas. Je suis incapable de bouger. Je reste planté là, paralysé et hébété. »

« J’ai couru vers la chambre de Baptiste. J’ai fouillé dans son bordel à la recherche de son bandana noir
Où est ce putain de bandana ?
Derrière la porte, il y a deux patères où pendouillent ses deux blousons, un pull qu’on m’a offert mais qui était trop grand pour moi, un pantalon de pyjama… et puis le fameux foulard tellement porté qu’il empeste la transpiration. Maman a bien raison de crier après ça. En vain.
Je suis retourné dans ma piaule. J’ai noué le bandana autour du cou de mon frère et je tire maintenant dessus pour l’attacher au tube horizontal du dosseret de mon lit. Baptiste dit que j’ai un lit de gonzesse, qu’il n’y manque plus qu’un baldaquin. Je lui réponds que c’est pour assouvir mes fantasmes sado-maso. Je n’ai jamais rien noué à aucun de ces tubes, et là le bandana est trop court.
Mon keffieh ! Mon keffieh va faire l’affaire ! »

« Camille t’es fou ! Camille t’es fou ! Camille t’es fou !
Et je pédale comme un fou.
Je me suis brusquement rappelé que Michel et moi avons convenu de préparer cet après-midi l’exposé de français que nous devons présenter ensemble vendredi. Le sujet est « L’Étranger » de Camus. C’est moi qui ai choisi. Michel a suivi. En français, il suit toujours. Lui, c’est plutôt les maths, et « L’Étranger », je ne suis même pas sûr qu’il l’ait lu.
Ma vieille bécane ne freine que dans les montées, et là ça monte, Michel habite en haut du quartier Sainte-Croix. Je souffle comme une baleine…
… et c’est comme si ma tête se vidait un peu plus à chaque tour de roue.
Michel, c’est MON copain. Nous usons nos fonds de culotte sur les mêmes bancs d’école, de collège et maintenant au lycée depuis le CP, toujours assis côte à côte. Il est aussi grand que je suis pitchoun, il a un peu le gabarit de Baptiste, et personne ne comprend trop pourquoi nous sommes toujours fourrés ensemble.
Ce doit être ça l’amitié. La nôtre résiste à tout. Au pire aussi.
C’était au début des vacances de Pâques. Nous avions tous les deux treize ans et nous jouions dans l’herbe du jardin, derrière chez moi. Comme notre prof de gym essayait de nous apprendre quelques rudiments de lutte gréco-romaine et que nous étions deux garçons… studieux, nous tentions ce jour-là de mettre son enseignement en pratique, et chacun de prendre le dessus sur l’autre par des prises qui n’avaient rien d’académique.
Michel s’est retrouvé couché sur le dos. J’étais assis sur son ventre, penché en avant, les genoux repliés de chaque côté de son torse, quand j’ai senti que mon kiki devenait tout raide et tout dur. Je ne comprenais pas bien ce qui m’arrivait et puis j’ai senti une honte terrible m’envahir mêlée à la peur que mon copain ne se rende compte de l’état dans lequel je me trouvais. Je me suis mis à lui en vouloir à tel point que je l’ai saisi à deux mains par le cou et que j’ai serré à l’étrangler. Un sentiment insensé d’une violence inouïe décuplait mes forces mais Michel a rapidement réussi à se dégager et à me faire valdinguer. D’un bond, il s’est vite retrouvé debout et il m’a envoyé dans les côtelettes ce coup de pied qui me fait encore mal aujourd’hui et dont je garde à jamais la marque… dans la mémoire.
Il s’est enfui jusqu’à chez lui en courant comme un beau diable et comme si sa vie dépendait de sa course, oubliant totalement qu’il était venu à bicyclette.
Nous aurions pu rester fâchés à mort, mais le lendemain, en venant récupérer son beau vélo tout jaune et tout chromé, Michel a su trouver les mots qu’il fallait pour que cette drôle d’histoire ne piétine pas notre si belle amitié. C’est resté une espèce de secret entre nous, pourtant il lui arrive souvent d’en plaisanter. Je pique immanquablement un fard, cela le fait toujours autant rire… »

« Quand mon oncle Laurent toque à la porte, il doit être sept heures un quart, sept heures et demie, et je suis en train de prendre congé. La maman de mon copain lui ouvre alors que je suis à l’autre bout du couloir de l’entrée en train de faire la bise à Michel. Ils échangent quelques mots que je n’entends pas. Madame C* s’effondre en larmes. Tonton la soutient.
Je n’ai marqué aucun étonnement à le voir là. Il ne s’en étonne pas non plus, il est trop ému, et sa grosse voix rocailleuse, toujours enrouée de tabac, s’étrangle un peu pour me dire :
– Il est arrivé un grand malheur… Il faut que tu sois courageux mon petit… Je vais te ramener chez toi…
– Mais, je suis à vélo…
– Tu viendras le récupérer demain. Viens. Je te ramène, ta maman a besoin de toi…
Je ne sais pas si je dois poser des questions. Silencieux et docile, je me laisse faire.
Je fais un petit signe de la main à Michel alors que la voiture démarre. »

« Ton petit frère est mort !
Maman, les yeux rougis de l’avoir trop fait, n’a plus la force de pleurer.
Et moi, je n’ai pas versé une seule larme. J’ai entendu mon oncle Laurent dire à Papa que j’étais extrêmement choqué, que je m’étais raidi en l’entendant m’apprendre l’affreuse tragédie, et plus encore en apercevant l’ambulance des pompiers s’éloigner alors que nous tournions le coin de la rue, que je n’avais pas desserré les lèvres, que je devais être très fragile… trop fragile pour qu’on n’ait pas à redouter une réaction soudaine, voire violente…
Je ne pleure pas… je ne pleure pas… »

« Il est passé minuit. Le commissaire Van Zanvliet veut m’interroger et nous nous sommes enfermés dans la cuisine. Le gros bonhomme rougeaud m’a demandé de m’asseoir sur le banc. Il se tient debout en face de moi, le haut des cuisses en appui contre la barre cuivrée de la cuisinière en fonte, sa transpiration fait sous ses bras deux énormes auréoles sombres.
– Connaissais-tu Patrice ? me demande-t-il abruptement.
– Patrice ?
– Oui, Patrice, le collégien camarade de ton frère qui est décédé accidentellement en décembre, il y a tout juste cinq mois.
– Je ne le connaissais pas…
– Tes parents m’ont appris que ton frère et toi êtes très unis, complices… Baptiste a certainement dû te parler de lui, ils étaient bien dans la même classe n’est-ce pas ?
– Euh… une seule fois, tout de suite après le… l’accident… mens-je effrontément.
En fait, depuis le début de l’année et l’enterrement du petit Patrice, il ne s’est pas passé de semaine sans que Baptiste et moi ne parlions des heures durant de jeu du foulard, des hallucinations et des évanouissements qu’il provoque vraisemblablement, d’asphyxie, de lésions cérébrales, de séquelles irréversibles, de conséquences mortelles. Ni lui ni moi ne comprenons que ce « jeu » imbécile puisse devenir pour certains un rite initiatique pour intégrer un groupe, et encore moins être pratiqué en solitaire pour on ne sait quel bien-être comme l’avait malheureusement fait Patrice. Sa mort nous a toujours questionnés. Était-elle accidentelle ? L’avait-il désirée et choisie ?
Je me hasarde à une question :
– Pourquoi Baptiste était-il dans ma chambre ?
– Je pense que c’est ton lit-cage, ses tubes et ses barreaux qui ont attiré ton frère. Il a aussi utilisé ton… euh… ton foulard arabe…
– Mon keffieh ?
– Ouais c’est ça, ton keffieh, pour… On a retrouvé son bandana autour de son cou, ça n’a pas dû convenir, sans doute trop court. Je me demande qu’est-ce qu’il recherchait au juste. C’est étonnant, il était en sous-vêtements mais il avait le slip aux chevilles…
Le commissaire marque un temps d’arrêt en me dévisageant étrangement. Il poursuit :
– As-tu déjà joué au jeu du foulard, toi ? Avec lui peut-être ?
– Jamais ! ma réponse a fusé. »

« Les événements se sont enchainés avec une lenteur infinie. J’ai passé des heures et des heures à guetter la Renault 9 du commissaire Van Zanvliet. Je les attendais, lui et ses menottes. Il est venu rendre visite à Maman, une seule fois, je crois qu’il ne lui a pas posé la moindre question.
Il n’y a pas eu d’autopsie.
Le permis d’inhumer a été délivré par les services hospitaliers. « Mort accidentelle par syncope ».
Michel a été à mon côté tout le temps qu’ont duré les obsèques de Baptiste, à l’église pendant la cérémonie et c’était la première fois qu’il assistait à une messe, au cimetière nous avons jeté ensemble une poignée de terre sur le cercueil, au restaurant nous n’avons pratiquement pas touché au pot-au-feu qu’on nous a servi… Nous nous sommes enfuis ensemble avant la fin du repas, quand les voix de ma parentèle se sont faites plus fortes et qu’ont éclaté les premiers rires nerveux.
»

pour le quatorzième anniversaire de la mort de Baptiste, Camille a souhaité se rendre seul dans sa famille, et plutôt que de prendre la voiture il a préféré le tgv
mon père viendra me chercher en gare de Pau, ne t’inquiète pas, m’a-t-il dit, bon, il ne me prêtera jamais sa bagnole, mais il y a la vieille Corsa de Maman, et si elle ne roule plus mon vélo est toujours pendu dans le garage, peut-être suffira-t-il de le regonfler
j’ai accompagné Camille à Montparnasse avec un sentiment de malaise mêlé d’appréhension, ce qu’on appelle une prémonition, je le sentais soucieux et tout triste de me laisser seul pour la première fois depuis quatre ans que nous nous connaissons et que nous partageons tout, je sentais aussi en lui une détermination dont il n’est pas coutumier
Camille est aussi parti en Béarn pour une espèce de cousinade, mais arrivé là-bas, au dernier moment, il a dit à ses parents que, fatigué, il préférait rester seul et passer tranquillement à la maison son dimanche, et il les a laissés partir sans lui pour cette journée en famille
une indicible horreur attendait Monsieur et Madame Labarthe à leur retour
dans la pièce où Baptiste a déjà trouvé la mort, leur ainé est allé aux devants de la sienne de la pire des manières qui soit, il a armé le vieux fusil hérité d’on ne sait plus quel aïeul et que tous croyaient hors d’usage pour tirer une première chevrotine dans son bas-ventre avant qu’un second coup de feu en pleine bouche n’emporte sa cervelle et sa jolie frimousse sur les murs et au plafond de la chambre
j’ai toujours cru que nous partagions tout mais je ne connaissais rien de mon petit Camille ni de son terrible secret, sa disparition nous a tous laissés totalement hagards et je n’ai pas été le dernier à ne rien comprendre
c’est vers moi, son compagnon, que sont venus tous les questionnements inquisiteurs et vains, oui, que pouvais-je répondre ? mais si aujourd’hui « je sais », que pourrais-je répondre ?
je t’aime Camille, puis-je raconter ton histoire ? dois-je la raconter, ton histoire ?

Alice m’a passé un sms :
je dois te voir, je passe ce soir chez toi vers 22 heures avec une bouteille de jurançon et un dvd qu’il faut qu’on regarde ensemble, biz
Alice, la meilleure amie de Camille, est arrivée plus tôt que prévu avec une heure d’avance, sa décision, longue à prendre, de me montrer la lettre que lui avait écrite mon compagnon ne pouvait maintenant plus attendre
tu vois, le timbre est oblitéré du lundi, je l’ai reçue le mardi
c’était une très longue lettre manuscrite écrite à l’encre bleu-vert des mers du sud préférée de Camille que j’ai lue très lentement sous le regard attentif d’Alice, elle épiait toutes mes réactions, je m’en rendais bien compte, elle semblait s’impatienter
tu ne réagis pas plus que ça ?
je sais tout ça… ai-je murmuré, un sanglot dans la voix
et comme elle était incrédule ou totalement abasourdie je lui ai raconté l’ordinateur, la récupération des fichiers par le chinois, leur décryptage, toute ma peine, et mon soulagement aussi
t’es soulagé ? s’est indignée Alice
ce n’est peut-être pas le mot juste… j’ai dit cela comme pour me défendre et j’ai poursuivi : je suis un peu comme le proche d’un disparu en montagne ou en mer à qui l’on rend le corps de la victime après d’interminables recherches… et qui peut commencer enfin un long processus de deuil, tu sais, c’est important de… savoir, et de… comprendre…
chacun a alors poursuivi de son côté la lecture des derniers mots de Camille, elle sur l’écran du portable, moi, feuillets en main, devant sa très belle et si personnelle écriture sur laquelle je butte rarement et que je sais déchiffrer mieux que personne

et je suis tombé sur ces mots-là :
« Je dois à mon amant aimant, et que j’adore plus que tout, de garder les yeux secs depuis quatre ans. Il boit mes larmes, toutes mes larmes, avant même qu’elles ne franchissent la barrière de mes cils… »
et j’ai lâché la feuille de peur que les miennes ne délayent l’encre bleue
et puis je me suis dit que les fichiers informatiques récupérés assez malhonnêtement n’étaient que le pâle brouillon du cri magnifique qu’avait enfin réussi à pousser Camille, après quatorze années d’un insupportable calvaire, ce cri assourdissant que je ne devais plus jamais laisser se taire
– dis Alice ? Camille te demande de ne montrer sa lettre à personne… et de la détruire…
– j’ai pensé que tu devais la lire avant, je ne savais pas que tu irais fouiller dans les poubelles, espèce de saligaud !

le mot m’a paru bien faible, je me sentais si… petit, j’ai pourtant souri
j’ai servi deux verres de vin blanc, nous nous sommes installés devant le poste de télé et blottis l’un contre l’autre malgré la touffeur de la nuit, nous avons regardé en pleurant le dvd acheté par Alice en fin d’après-midi :
Paranoïd Park, de Gus Van Sant

(l’illustration musicale de ce mois-ci, c’est Calogero)

si seulement je pouvais lui manquer

paroles de Julie d’Aime et de Michel Jourdan, musique de Gioacchino et de Calogero (2004)
interprétation de Calogero

il suffirait simplement
qu’il m’appelle
qu’il m’appelle
d’où vient ma vie
certainement
pas du ciel
lui raconter mon enfance
son absence
tous les jours
comment briser le silence
qui l’entoure

aussi vrai que de loin
je lui parle
j’apprends tout seul
à faire mes armes
aussi vrai que j’arrête pas
d’y penser
si seulement
je pouvait lui manquer
est-ce qu’il va me faire un signe
manquer d’amour n’est pas un crime
j’ai qu’une prière à lui adresser
si seulement
je pouvais lui manquer

je vous dirai simplement
qu’à part ça
tout va bien
à part d’un frère
je ne manque
de rien
je vis dans un autre monde
je m’accroche
tous les jours
je briserai le silence
qui m’entoure

aussi vrai que de loin
je lui parle
j’apprends tout seul
à faire mes armes
aussi vrai que j’arrête pas
d’y penser
si seulement
je pouvais lui manquer
est-ce qu’il va me faire un signe
manquer d’un frère n’est pas un crime
j’ai qu’une prière à lui adresser
si seulement
je pourrais lui manquer

est-ce qu’il va me faire un signe
manquer d’un frère n’est pas un crime
j’ai qu’une prière à lui adresser
si seulement
je pouvais lui manquer

le jeu du foulard est aussi appelé cosmos, ou rêve indien, ou encore rêve bleu

janjacq

un rêve bleu

frangins

j’arrive de chez Camille, c’est affreux, on n’a pas toujours les parents qu’on mérite
je suis très con aussi, je me suis dit que je leur devais cette visite, mais c’était bien trop tôt, j’aurais dû attendre encore un peu, après tout je leur avais glissé deux mots au cimetière, et puis je ne les connais pas beaucoup, je ne vais pas si souvent que ça chez eux
ils ne m’ont jamais considéré comme leur gendre après tout
je ne comprends pas qu’on puisse faire du café le matin pour toute la journée, par litres, et qu’on le boive réchauffé au micro-ondes par petites tasses ou bols entiers qu’on ne peut même pas prendre en main tellement ils sont chauds
leur café est atroce et me rend malade, et là je suis malade, je n’aurais pas dû en accepter
‘tain, c’est pas comme ça que les choses se sont passées, c’est moi qui ai poliment demandé :
vous n’auriez pas un peu de café, s’il vous plaît…
monsieur Labarthe en a profité pour… s’enfuir vers la cuisine et aller respirer un grand coup, je vois bien qu’il ne supporte plus l’attitude et les pleurs de sa femme, il reste planté, appuyé sur la cheminée, taiseux, on ne sait pas où il regarde ni qu’est-ce qu’il voit, j’ai l’impression que c’est en lui et le tréfonds de son cœur…
ni s’il écoute sa femme raconter pour la millième fois par le menu la vie et la mort de leurs deux fils et poser cent fois les mêmes questions
– vous étiez amis ? vous le connaissiez bien ?
oui Madame, je suis l’ami de Camille… mais je ne le connais pas si bien que ça
– il avait ses secrets !
tout ce qu’on n’a pas envie de dire n’est nécessairement secret
– il ne vous avait rien dit alors.. il aurait pu vous en parler… on parle de ces choses-là !
pourquoi ? j’ai regardé Monsieur Labarthe, il n’avait pas bougé mais il avait tourné ses yeux vers moi
– on ne s’en va pas comme ça !
un lourd silence s’est fait qui n’a pas duré bien longtemps
– mon fils avait été très marqué par la disparition de son frère, mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour qu’il m’inflige des épreuves pareilles et qu’il m’enlève mes enfants ?
ses pleurs ont alors éclaté en gros sanglots, et puis sa plainte est devenue un long cri lugubre
– il était si gentil mon petit, ils étaient si gentils…

elle est étrange cette sensation d’avoir le devoir de se taire
j’ai besoin de me taire, j’ai le sentiment d’avoir volé un terrible secret, j’ai fait un curieux héritage, en fait
comme eux, ses parents, je voulais comprendre, et si aujourd’hui je sais ce qu’ils ne sauront jamais parce que je n’ai pas le droit de répondre à leurs questions, je ne veux pas me laisser enfermer par cette histoire, je ne veux pas lui laisser me pourrir ma raison, alors j’ai pris la décision de te la raconter, je ne te connais pas après tout, je me fiche de toi comme de mes premiers Lego, tu n’es qu’un être anonyme, illusoire et virtuel après tout…
… et ma feuille blanche !
quand j’ai vu que la session de Camille avait complètement disparu de l’écran de l’ordinateur, c’est la colère qui a pris le dessus, j’ai pris ça un peu comme une insulte, ainsi je n’avais pas le droit de savoir, ni de comprendre
Camille s’en est allé sans un mot comme le dit sa mère, il a tout effacé, tous ses fichiers, toutes ses photos, toute sa messagerie… il a tout jeté à la corbeille
il est parti sans un bruit, encore que la vieille pétoire de son con de paternel a dû faire un boucan d’enfer quand il a appuyé la détente, en emportant avec lui toutes ses affaires
un coup de gomme sur quelques mots écrits au crayon de bois…
mine dure, le papier a gardé une faible empreinte des lettres qu’on déchiffre à peine à contre-jour, on arrive à lire : a – m – o – u…
je n’ai pas été long à me décider, j’ai pris le portable sous le bras et j’ai couru jusqu’à Montgallet, chez « mon » chinois
il faut que vous fassiez cracher au disque dur tout ce qu’il a dans le ventre
– c’est peut-être possible, ça va vous coûter au moins trente-huit euros, c’est selon, m’a répondu le beau niakoué plié en deux (c’est que vietnamien un niakoué ? ah bon !)
je m’en fous, vous me récupérez tous les fichiers récupérables !
j’ai bien dû me faire arnaquer, il paraît qu’il existe des logiciels ad hoc, téléchargeables et gratuits, mais certains jours on ne compte plus, ou mal, ou pas, le lendemain, moyennant cinquante-cinq euros, le chinetoque m’a remis un CD où j’ai trouvé ce dossier-là que Camille a intitulé Alex
ce sont une quinzaine de fichiers .docx plus ou moins longs.

« Je l’avais déjà vu au moment de sa sortie en salles, il y a deux ou trois ans.
Cette fois, je me suis planté seul devant Arte et j’ai pris Paranoïd Park de Gus Van Sant en pleine poire.
C’est étrange, je crois que je n’ai pas tout à fait vu le même film. Ce doit être de la faute à Alice. Avec elle je trimbale mon mal-être plus qu’avec n’importe qui d’autre, alors elle n’arrête pas de me dire « Tu devrais écrire ». Avant, c’était « Tu devrais m’écrire », elle a compris que je ne ferais jamais ça, que j’aurais beaucoup trop de choses à lui cacher, son conseil, qui ressemble à une injonction d’ailleurs, est devenu impersonnel, en fait je pourrais être le destinataire de ma lettre.
Ecrire pour moi. Comme Alex écrit pour lui dans le film… Je n’avais pas bien compris ça la première fois. »

« Je me décide. Est-ce que cela va m’aider à identifier mes vieux démons, à les exorciser ? Je me dis qu’Alice a raison. Je vais LUI écrire une lettre, je vais tout LUI raconter, froidement, comme on rédige un constat ou un rapport. Un rapport de police. C’est qu’il y a mort d’homme dans mon histoire. »

« C’est mon histoire.
Ça s’est passé il y a très longtemps, il y a plus de treize ans, et j’en avais dix-sept. Baptiste allait sur ses quinze ans. Il était… MERDE !!!!!!!!
Faut que j’écrive au présent… »

« Le petit garçon rondouillard a fait place à un très beau jeune homme, en quelques mois Baptiste est parti tout en longueur, il me dépasse maintenant en taille de trois bons centimètres. Il n’a plus ce visage poupon qui me faisait l’appeler Bébé. Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour avoir ses cheveux longs et bouclés qu’il ne coiffe jamais, qui lui donnent une tête de diablotin brun et bronzé, gai et rieur, séduisant comme un beau rital de cinéma. Je suis vraiment très fier de mon « petit » frère, même si la plupart des gens ne savent plus très bien qui de nous deux est l’ainé.
Parce qu’il est mon « petit » frère, nous ne passons pas beaucoup de temps ensemble. Je vais au lycée (je suis en première), lui au collège (il doit passer le BEPC en juin), nos deux établissements sont à la même adresse, mais nous ne partons, nous ne rentrons jamais aux mêmes heures et nous n’avons bien sûr pas les mêmes copains. Il fait du sport (et moi pas), il commence à courir après les filles (et moi pas), il mène Maman par le bout du nez (et moi pas) et sa barque bien mieux que moi, je crois.
Il y a une semaine, Baptiste s’est donné une entorse au genou en jouant au basket. Il est beaucoup moins dehors, fatalement. Il passe un temps fou vautré devant la télé en râlant après moi parce que j’accapare l’ordinateur. Pas trop fort pourtant, il a besoin de moi. Comme… infirmier. C’est moi qui renouvelle ses cataplasmes de pelures de pommes de terre à l’arnica. Non, je déconne, on n’a pas voulu écouter Maman, on fait ça avec un médicament acheté en pharmacie dont je n’arrive pas à retenir le nom, une espèce de terre glaise qu’il faut chauffer au micro-onde avant application… Je m’acquitte de ma tâche avec beaucoup de sérieux et… d’amour fraternel. Mon « petit » frère apprécie. »

« – Tu veux que je te masse ?
Baptiste s’est difficilement débarrassé de son futal qu’il a laissé trainer au milieu de la pièce, en slip il s’est allongé sur le pieu, calé au milieu de mes oreillers et de mes nounours, il a posé Juju, mon préféré, sur son ventre et il attend sagement sans répondre à ma question
– Si tu veux, je vais mettre l’argile au bain-marie, ce sera mieux qu’au micro-ondes, la chaleur sera mieux répartie qu’hier.
Ça va prendre un moment. Ça me laisse grandement le temps de t’enlever l’emplâtre et de masser un peu ton genou…
– Un massage sur une entorse, t’es sûr ?
– Non, pas trop ! Sa réplique m’a pris de court mais j’ai continué : Je vais faire très doucement. Tu ne crois quand même pas que je voudrais faire du mal à mon Titou.
– C’est ce truc-là ?
J’ai rapidement parcouru la notice.
– C’est de l’arnica. Tu vois, œdème -et t’as le genou tout bleu- massage doux jusqu’à pénétration complète -doux- et l’entorse n’est pas dans les contre-indications…
Je me suis mis à masser consciencieusement le genou endolori et encore tout enflé de mon frangin. Ne surtout pas lui faire de mal, je n’utilisai pas le plat de la main, seulement la pulpe de mes deux pouces. Baptiste a fermé les yeux en caressant en mesure le dessus de la tête de Juju comme si c’était … une rotule.
J’ai commencé à me sentir… tout chose. »

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merde ! merde ! et merde !
Camille n’a donné de titre à aucun de ses fichiers, c’est l’ordinateur qui s’en est chargé, Document1, Document2
je les avais pris dans l’ordre chronologique, tous s’étaient ouverts normalement, et puis celui-là merdait, je ne comprenais rien à ces hiéroglyphes informatiques, si ça se trouve ces trucs à la con étaient une photo en langage je sais pas quoi
fébrilement, j’ai ouvert tous les autres .doc, un à un, mais aucun n’était intelligible, c’était foutu
et puis j’ai pensé que c’était sans doute un coup de chinois qui n’avait pas dû vérifier que les fichiers récupérés dans le cul de basse-fosse du disque dur du portable étaient tous lisibles, il avait peut-être ouvert les premiers, s’était dit que c’était bon, et m’avait fourgué le tout comme du bon pain
j’allais savoir, j’allais peut-être comprendre, mais on met toujours le feu aux journaux intimes et c’est comme si je n’avais en main que des feuillets volontairement carbonisés, tellement noirs et fragiles que je ne pourrais jamais rien en tirer
je suis retourné rue Montgallet avec le Mac et le CD, courbettes,
– ah bon ?
monsieur Tang est parti dans son-arrière boutique avec le disque, avec eux tu ne sais jamais si c’est noir ou blanc, s’ils sont contents ou pas, si ça a marché ou pas, alors, quand il est revenu, il me tirait le même sourire figé et contrit, j’ai bien cru que j’étais marron
– on va essayer, je ne garantis rien, mais mon gars est en vacances à partir de ce soir, pour une semaine, vous n’avez pas besoin du portable ?
– non, non…
– je vous le garde jusqu’au… on est fermé le 7, jusqu’au 8, ou au 9, vous allez me laisser votre numéro de mobile, je vous appellerai…

pour mon billet du 2 juin, c’est râpé
je te donne rendez-vous le 2 juillet pour la suite et fin de un rêve bleu
dis, à quelque chose malheur est bon : le rédac’ chef ne va pas me reprocher de faire trop long cette fois, ni de prendre toute la place

[ illustration musicale :
le nouvel album de Françoise Hardy, la pluie sans parapluie, commence par le single noir sur blanc derrière lequel on reconnaît la griffe mélodieuse et le lyrisme romantique de Calogero
]

noir sur blanc

écrit par Patrick Loiseau et Françoise Hardy, composé par Calogero (2010)

noir sur blanc
j’écris mes maux les nerfs à cran
sans garde-fou ni faux-semblants
de but en blanc trop souvent
blanc ou noir
peut-être qu’il n’est pas trop tard
pour sortir de ma tour d’ivoire
si vous passez sans me voir
la peine vaudrait bien le prix de ce dernier détour
tant pis pour tous les non-dits, les appels au secours
lancés dans la nuit et tombant dans l’oreille d’un sourd
si à votre cou je peux me pendre haut et court
nous laisserons en blanc
les sujets un peu trop brûlants
qui pourraient me glacer le sang
vous faire partir en courant
seul point noir
si vous n’aimez pas les regards
qui vous transpercent de part en part
vais-je passer sans vous voir
la peine vaudrait bien le prix de ce dernier amour
je paierais comptant les cris, les appels au secours
lancés dans la nuit et tombant dans l’oreille d’un sourd
si à mon cou vous veniez vous pendre haut et court
viendrez-vous
sachez que tout
ne tient qu’à vous
viendrez-vous
la peine vaudrait bien le prix, je ne ferais pas demi-tour
garderais pour moi les cris, les appels au secours
viendrez-vous
sachez que tout
ne tient qu’à vous
viendrez-vous

(à suivre)
dans un mois, même heure, même chaine

janjacq

Brunaneve e i Sette Nanerottoli

Brune Neige et les Sept Nabots
d’après les frères Jacob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859) Grimm

Il était une fois une république bananière située sur les rives de l’Atlantique et sur le territoire de laquelle ne poussait plus un seul bananier depuis qu’un horrible despote boiteux, jaloux et cupide avait délocalisé toutes les plantations vers des pays imbéciles où jamais il ne pleut, ce qui ne profitait pas aux bananes non plus.

Calliste


✶ ah que ✶✶ ✶✶✶ clouinc ! ✶✶✶ ✶✶ et clic ✶


Veuillez nous excuser pour cette interruption volontaire de l’image et du son.

Le deuxième volet des 7 moi par fois nous a semblé par trop partisan,
le ton employé par Calliste par trop irrespectueux,
pour nous permettre d’autoriser la parution de son billet bimestriel
dans les mêmes conditions que celles que nous offrons habituellement
à tous ses coéquipiers.

Nous ne souhaitons ni raviver les plus folles rumeurs,
ni relancer une polémique qui a déjà connu l’outrance,
aussi nous est-il apparu judicieux, hors toute censure s’entend, de cantonner ce brûlot dans les pages annexes de Une fois par moi.

Vous voilà prévenu ami lecteur.
Si vous persévérez dans votre intention de poursuivre votre lecture,
vous êtes invité à cliquer ci-dessous sur chacune des deux prunelles rieuses,
puis sur la langue gourmande de la tête à T(o)to.

Vous serez immédiatement redirigé vers la version intégrale du billet de Calliste.

JjQ

le landau rouge

joli papa

tu sais ce qu’il me dit ce bon Docteur Corazón, qu’une heure de marche à pied vaut mieux qu’un sachet de Kardégic, mais moi, la marche à pied, c’est pas ce que je préfère
c’est comme pour les abdos, je remplacerais volontiers ces cons d’exercices de forçat par le port, la nuit pendant mon sommeil, d’une ceinture vibrante, massante, papouillante et gratouillante -silencieuse et somnifère aussi- qui ne me ferait pas risquer la fracture de la ligne blanche et l’éventration
m’enfin
la poudre de perlinpinpin, là, ça me rend la sanquette comme du jus de chaussette, je le vois à la moindre coupure, alors faut bien que je m’y colle, tous les jours que l’autre crée, je vais tourner autour du lac pedibus cum jambis, le va-t-en venir me prend une grosse heure et demie, allez, on va dire quatre-vingt-onze ou douze minutes, quotidiennement
j’ai aussi abandonné l’ascenseur, et pour monter chez moi c’est cent douze marches

je te parle d’un temps que les moins…
j’y allais déjà au lac, pour courir en rond et pour mes poignées d’amour, avec mon frangin et sa femme, et puis ma belle-sœur nous a pondu un petit, mâle et prématuré, rose et fragile, sage comme une image
je n’aurais jamais cru que ça me ferait cet effet-là
c’est bien tombé, je me suis retrouvé chômeur à la fin du congé de maternité et comme je n’avais guère envie de repartir au boulot, ça me gonflait grave, je me suis proposé comme baby-sitter, gratos parce que c’était en famille et que j’avais assez de mes indemnités, et parce que c’était l’été
alors, les aprem’, je prenais un bon bouquin et je poussais le gniard dans son landau jusqu’au bois qui se trouve à deux pas, je m’installais dans l’herbe pour lire peinard, et quand le môme se mettait à couiner on faisait des tours de lac, le roulis l’endormait, et moi je jouais les paons en croisant toutes ces mamans, ces nurses ou ces nounous avec leurs poussettes ou leurs couffins
« ma » progéniture supposée me rendait plus fier qu’un bar-tabac et me faisait crâner, je n’éludais aucune question, oui sa naissance avant terme nous avait donné bien du souci, oui il était brun aux yeux bleus comme son papa, oui j’avais pris un congé parental pour que bobonne ne sacrifie pas davantage sa carrière, oui je le langeais, oui je lui donnais son bibi…
un vrai fier-à-bras te dis-je ! tu ne m’aurais pas passé une paille…

là, ça va à nouveau être la saison, les naissances c’est programmé pour avril-mai-juin, je vais recommencer à croiser des bébés dans leurs landaus et les nanas qui se les coltinent, de plus en plus court vêtues au fil des jours, mais je m’en branle bien un peu
si ces temps-ci elles avancent plutôt sous spi, elles n’étaient pas souvent de sortie cet hiver les meufs et lors de mes promenades journalières je ne croisais pratiquement que de vieux messieurs, des insuffisants coronariens proches de l’angor, voire de l’apoplexie, ou alors des jeunes gens en survêt un peu (trop) ronds, un peu (trop) boudinés dans leur lycra, il y en a qui n’ont pas honte, un peu (trop) essoufflés, rien de bien bandant, tu vois
avec les beaux jours qui arrivent les tenues vont se faire légères, comme légers les garçons qui courent, d’ailleurs (sale temps pour les gros !), les shorts vont s’échancrer, je vais m’asseoir plus souvent sur un banc pour les regarder passer
comme aujourd’hui
mais là, c’est pas pareil, c’est à cause du… landau rouge, parce que la maman qui le pousse, comme aurait dit Coluche, eh bien non non, c’est un papa
je ne veux pas choper d’habitudes, alors mes virées je ne les fais jamais à la même heure, des jours c’est le matin, plus souvent c’est l’après-midi, avant ou après mon goûter
pourtant, depuis quelques jours, depuis le début des vacances scolaires je crois, quelle que soit l’heure, je le vois ce foutu landau et je le vois ce joli papa… qui me rappelle quelqu’un d’autrefois, quand mon neveu faisait encore areu areu

c’est bizarre la place qu’ils prennent dans mon inconscient les jolis papas
celui-là il est pas piqué des vers, j’te jure, il est élancé, brun à cheveux longs bouclés comme je les aime, toujours super bien fringué sans affectation, souvent en noir, surtout pas total look, il marche très posément, quand il n’a pas des Nike ou des Superga aux pieds il porte des peupons noires très pointues, très classe, qui complètent sa silhouette à merveille, il paraît très mature malgré ses vingt piges
ça n’a rien à voir, sinon qu’il s’agissait aussi d’un joli papa, je me souviens d’un gars rencontré sur la plage naturiste de Seignosse (Landes) qui jouait à poil avec ses deux mouflets, une fillette de quatre-cinq ans, un p’tit bonhomme de deux ou trois (je suis pas doué en datation de l’espèce !) pendant que sa bonne femme, à plat, abandonnait le côté pile pour le côté face ou vice-versa toutes les neuf minutes et trente-sept secondes (j’évalue bien mieux le temps qui passe !) en mettant ou enlevant ses seules lunettes de soleil
ce jour-là, j’ai compris que les jolis papas auraient une place à part dans ma chienne de vie, que j’en serais toujours quelque part amoureux alors que je les verrais comme des êtres asexués et inaccessibles dont, confusément, je serais toujours totalement jaloux
va proposer à un ange de tirer un coup, tiens !

vendredi, je m’étais assis sur un banc avec un bouquin « difficile » de Philippe Claudel, Brodeck, je relisais des pages déjà lues, en fait je guettais le landau rouge, je m’étais planté sur son itinéraire habituel
quand joli papa est passé devant moi, il s’est arrêté quelques instants à quelques mètres, il s’est penché sur la caisse suspendue et sur l’enfant à qui il a doucement dit deux mots, il a repris sa route, marché une cinquantaine de mètres, admiratif je le suivais du regard quand il s’est retourné pour regarder dans ma direction
une hésitation, il s’est alors décidé à rebrousser chemin pour venir poser son petit cul à l’autre bout de « mon » banc, des bancs vides il y en avait pourtant tout partout en enfilade le long de l’allée
joli papa a pris son bébé dans ses bras, c’est la première fois que je voyais le p’tit bout hors de la nacelle du landau, j’ai été surpris par la couleur jaune paille de sa layette, et plus encore par le gris, c’est inhabituel, du petit gilet de laine que son paternel voulait lui mettre pour ne pas qu’il prenne froid
elle s’appelle Marine…
‘tain, la voix que j’entendais pour la première fois allait avec tout le reste, pas trop dans les graves, chaude, chaleureuse
j’étais sous le charme, encore que je crois bien à l’écorce de son tronc que l’arbre qui abrite le banc soit un érable

c’est joli Marine… comme la navale ? ou comme la couleur ?
comme la couleur ! c’est pour ça que le landau est rouge, c’est très difficile d’assortir les bleus foncés… m’a répondu le plus mignon des papas en souriant
sa joue s’est creusée d’une jolie fossette en L qui m’a rappelé celle de… mais je m’égare… pour aussitôt se renfrogner dans une moue toute tristounette
elle est malade !
– ...! je ne savais quoi dire
elle va mourir… elle a une leucémie… elle est condamnée…
c’est affreux, je suis désolé…! je me sentais piteux, joli papa a eu un petit rire nerveux
et puis, il a creusé à nouveau sa fossette en me regardant droit dans les yeux et j’ai vu à ce moment combien les siens étaient noirs, peut-être parce que le soleil inondait son visage pour mieux les assombrir
et ses parents ? comment… ai-je voulu demander
il ne m’a pas laissé poursuivre
ses parents ? comment avez-vous deviné ?
euh… je ne sais pas… comme ça…

joli papa, euh… non, joli tonton avait besoin de parler
il a reposé Marine dans son petit nid, je crois bien qu’elle dormait à poings fermés mais il s’est mis à la bercer en balançant machinalement le landau tout en racontant l’énorme courage de sa sœur qui se battait bec et ongles pour obtenir une greffe, qui courait pour ça les hôpitaux de France et d’Europe parce qu’on ne trouvait pas de donneur compatible, qui ne versait jamais une larme, mais ses traits se durcissaient jour après jour; en me disant l’immense détresse de son beau-frère qui perdait toutes ses forces et qui voulait donner sa vie pour que sa petite fille vive; en me confiant que lui avait choisi de venir passer ses vacances auprès d’eux (il faisait ses études du côté de Bordeaux) et de les aider du mieux qu’il pouvait…
vous, vous ne pourriez pas donner un peu de votre moelle osseuse ? ça marcherait peut-être…
c’est qu’on ne veut pas de moi…
le jeune homme m’a alors adressé le plus craquant des sourires en me dévisageant comme s’il voulait me déshabiller de la tête aux pieds
je comprends
– …!
il y a des trucs, comme ça, qui te laissent sans voix
– c’est comme pour moi, ils n’ont même pas voulu savoir si je pouvais être compatible, j’ai la haine, on a pourtant un peu du même sang Marine et moi…

la haine, j’ai trop la haine, moi aussi

pour moi, joli « papa » a creusé une dernière fois le L de sa fossette en me tendant la main
à la fac de Médecine de Bordeaux les cours reprennent demain lundi, au matin

[ illustration musicale :
avec une vidéo YouTube qui vaut mieux pour le son que
pour… la carotide ]

le petit voisin

écrit et composé par Jeanne Cherhal (2004)

le petit voisin s’appelle Jocelyn
avec un P avec un F comme dans Martine
le petit voisin il a un grain
de sel ou bien de sable ou bien de caféine
le petit voisin habite au-dessus de chez nous
qui évidement sommes en dessous
il prend des cours de jiu-jitsu mais n’est pas mauvais
n’est pas mauvais pour deux sous

et dans tout l’immeuble
crado mais sympathique
on se chicane, on se cherche, on s’engueule gentiment
mais le petit voisin il est total stoïque
et d’ailleurs il s’en fout car il est étudiant

le petit voisin dans son T1
a des instruments assez rares et insolites
des percu un masque malien
des cendriers et des gris-gris de bakélite.
il souffle dans un bout de bambou
un didgeridoo de Pier Import du Népal
il joue à poser des embouts sur des bouteilles
puis il aspire et il devient tout pâle

et dans tout l’immeuble
crado mais acceptable
on se chicane on se cherche on s’engueule calmement
mais le petit voisin il s’assied à sa table.
et il se roule un stick car il est étudiant

de temps en temps le petit voisin
pour justifier sa bourse accordée par la fac
fait un saut hors de son T1
et intègre un amphi bondé comme un gros sac
puis l’heure passée il rentre au port
non sans avoir fait un détour par chez Bubu
une petite partie de Fighting Simulator
mais pas plus de quatre heures il faut pas d’abus

et dans tout l’immeuble
crado mais bon ça va
on se chicane on se cherche on signe des pétitions
mais le petit voisin en lisant des mangas
rêve à des jours meilleurs car il est étudiant

sur le macadam citoyen
que l’on piétine quand on en peut plus de stagner
on voit passer le petit voisin
sous des bannières il se plaît à revendiquer
un peu plus de ci moins de ça.
un sitting au djembé devant la préfecture.
les causes perdues les grands débats
on finit par tout faire flamber dans l’aventure

et dans tout l’immeuble
crado et pas fini
on se chicane on se cherche à s’en rendre malade
mais le petit voisin dans le panier à sa salade
commence à regretter ses cinq ans et demi

et puis un jour le petit voisin
ira pointer quelque part pour bouffer un peu
il s’ennuiera et sera loin le temps
où il rêvait que demain serait mieux
alors pour tromper l’amertume
comme à dix-huit berges en criant que ça suffit
il arpentera le bitume
rien ne changera mais
au moins ça dégourdit

au moins ça dé…
au moins ça dégourdit

pour lui aussi
car il est étudiant

janjacq

la crise est derrière nous

(c’est du moins ce que nous affirment Dominique Strauss-Kahn, Christine Lagarde, Nicolas Sarkozy… ainsi que les économistes bien en cour… et pourtant !)

elle et lui

je voulais te parler d’elle
et puis…
comme d’hab, je t’en ai fait des tonnes
et puis…

et puis, dans mon for intérieur (en mon for ? ah bon !), je me suis dit : mais à quoi bon, janjacq ? qui d’autre que toi intéresse-t-elle ? qui va lire ta plainte ? ouais, qui viendra pour essayer de te consoler ?

j’ai regardé derrière moi et vers les trois billets que j’ai déjà publiés ici
quelqu’un(e) a mis des appréciations, ☆ Beurk pour le tout premier (mochetés et cochoncetés), ☆☆ Oups pour le second (le violet de mars où je parlais déjà un peu d’elle), et plus rien pour le bouche-trou (l’affreux jojo) que j’ai aussi signé
ce que ne savent ni les lecteurs ni les coauteurs de Une fois par moi, c’est qu’en ma qualité de metteur en pages j’ai accès aux statistiques du blog et c’est bien là le drame
parce qu’à l’applaudimètre, mes trucs c’est zéro, et même zéro pointé

je crois savoir pourquoi
on m’a toujours reproché d’être un affreux bavard, déjà en classes de quatrième ou de troisième mon prof de français m’envoyait au piquet, l’ado appréciait, sous le prétexte que j’aurais eu, dès la naissance, la langue piquée par une aiguille de phonographe
et toi, les oreillettes de ton mp3 plantées de chaque côté du crâne, tu ne sais même pas ce qu’est un phono et encore moins à quoi ressemblent un diamant ou un saphir, alors tu ne m’écoutes pas
ou alors tu dis que je te saoule, et tu zappes, t’as pas que ça à branler

encore une fois, je t’en ai fait des tonnes
pour que tu en aies pour ton argent, non, sans déconner, pour qu’on passe un petit moment ensemble
je pensais que ça nous rapprocherait alors je te parlais d’elle et surtout de toutes mes emmerdes avec elle, je me lâchais…
et puis…
corbeille, tout à la corbeille
et puis…

t’as vu ce qu’il nous a fait l’autre enfoiré ? pas plus tard qu’avant-hier
et ça se dit mon copain, et ça prétend à l’envi que ça n’a rien à raconter
mon q ! (pas mon derrière, je veux juste parler du q de janjacq, hein ?)
et ça n’acceptait mon défi qu’à reculons…
… et ça vient te bouffer tout l’espace de cerveau disponible qu’il te restait, t’en as pour un mois (ou deux ?) avant d’avoir lu toutes ses conneries
alors les miennes, n’est-ce pas ? t’en as plus rien à cirer (à braire ? ah bon !)

je la remets dans mon calfouette

(l’illustration musicale, c’est ici dessous)

ma petite entreprise

écrit et composé par Alain Bashung (1994)

ma petite entreprise
connaît pas la crise
épanouie elle exhibe
des trésors satinés
dorés à souhait

j’ordonne une expertise
mais la vérité m’épuise
inlassablement se dévoile

et mes doigts de palper
palper là cet épiderme
qui fait que je me dresse
qui fait que je bosse
le lundi
le mardi
le mercredi
le jeudi
le vendredi
de l’aube à l’aube
une partie de la matinée
et les vacances
abstinence

ma petite entreprise
ma locomotive
avance au mépris des sémaphores
me tire du néant

qu’importe
l’amour importe
qu’importe
l’amour s’exporte
qu’importe
le porte à porte
en Crimée
au sud de la Birmanie
les lobbies en Lybie
au Laos
l’Asie coule à mes oreilles

ma petite entreprise
connaît pas la crise
s’expose au firmament
suggère la reprise
embauche
débauche
inlassablement se dévoile

et mes doigts de palper
palper là cet épiderme
qui fait que je souque
qui fait que je toque
à chaque palier
escalier c
bâtiment b
à l’orée de ses lèvres

qu’importe
l’amour importe
qu’importe
l’amour s’exporte
(qu’importe)
je perds le nord
au cap Horn
quand je vois se poindre
les pyramides
nez à nez
mes lubies
l’Asie coule à mes oreilles

ma petite entreprise
connaît pas la crise
épanouie elle exhibe
des trésors satinés
dorés à souhait

le lundi
le mardi
le mercredi
le jeudi
le vendredi
de l’aube à l’aube


le lundi
le mardi
le mercredi
le jeudi, le jeudi, le jeudi, le jeudi
le vendredi
de l’aube à l’aube
le samedi…
… le sarcodi

enfoiré !

janjacq

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