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Linki’s Menstruation 7 – Tout ne tient qu’à un jet …

Il t’effleure la nuque… comme un vampire jouant de tes frissons, te regardant, là, chair de poule naissante et gémissante…

Allongés à même le sol, le corps chauffant comme un feu, salves de crispations prenantes peu à peu…

Gland courant sur le flanc, remontant, trébuchant dans ses spasmes haletants…

Sueur glissante, gouttes se rassemblant pour se faire plus grandes, plus présentes…

Il t’effleure les lèvres, crispées puis entre ouvertes, par ses doigts indiscrets, cherchant compressions et sucions …

Allongés l’un sur l’autre, bouches baisantes et corps luisants, multiples caresses oppressantes …

Crocs sortants par l’excitation, cherchant à mordiller lèvres, lobes et tétons …

Porte se forçant, peu à peu, encore et encore, rentrant et sortant, inlassablement …

Gland gémissant, vomissant, dégueulant, …

Sève collante, péguante, trop présente …

Faisant réaliser que tu n’as rien a foutre là !

Et tu ne sais pas si tu peux te permettre de dire un « au revoir » rapide et franc en pensant un adieu venimeux…

LinkiSeb

Linki’s Menstruations 6 – Retour de flammes

Lorsque l’on a été plusieurs années avec une personne, lorsque l’on a été fidèle à cette personne pendant ces années, lorsque l’on se retrouve seul et que l’on retrouve par la même occasion notre bonne vieille vie de célibataire … on ne la voit plus comme avant cette vie …  Et dieu merci que c’est bon !

Bon?! Oui ! Et pour plusieurs raisons !

On comprend pourquoi tous ces mecs qui faisaient que du cul, ne faisaient justement que du cul.

On comprend le pourquoi de tous les râteaux qu’on a bouffés avant.

Et du coup… on fait la même ! On sort, on rencontre, on drague, on fait des kms à la recherche du popotin accueillant, du kiki prometteur ou encore mieux, des 2 … On fait des nouvelles expériences, on teste des plans ou il est frustrant de ne pas avoir plus de mains et d’orifices. On se fatigue soirs après soirs, on est à peine rentré, vide, dans sa voiture qu’on planifie deja celui de demain, tout à l’heure, dans 3 heures …

Big

Tout à fait…

On mène la vie de ceux qu’on détestait, avant. De ceux qu’on estimait instables, avant. De ceux qu’on dénigrait, avant. Et puis merde ! c’est pas si mal non plus ! On rencontre des gens tout à fait pleins de matières grises, de neurones tout autant que de foutre ou de salive. Capables aussi bien de discutions plus qu’intéressantes que de coups de reins plus que prometteurs. Et on se sent découvrir de nouveaux horizons…

Les plus fleurs bleues nous diront : « mais ou est la tendresse la dedans ? », Dites vous bien qu’on rencontre autant de mecs en mal de « dormir dans les bras d’un homme » qu’en manque de sexe… dites vous bien qu’on a qu’une vie et qu’elle va pas durer éternellement.

Bien sur on à grandis entre temps et on à appris à ce souvenir que du meilleur, oublier le pire… Et dieu merci que c’est bon !

LinkiSeb

God?

Le mois de février a vu son lot de catastrophes. Les évènements en Tunisie et en Libye ont été ramenés au second plan par la sortie de la reprise d’Express Yourself de Madonna par Lady Gaygay qui sera aussi la marraine du cadeau de Noël que se sont mutuellement offert Elton John et David Furnish… Comme quoi, on peut être gay et pères indignes. Comment voulez vous qu’un être humain puisse s’en sortir psychologiquement en étant non seulement le fils d’une ancienne pédé star aigrie mais aussi le filleul d’une rien persuadée que le monde était en perdition avant qu’elle ne chie ses merdes musicales? Pauvre petit ukrainien, va…

Mais le mois de février fut aussi le mois d’une tourmente incessante pour moi. Mon téléphone n’a pas arrêté d’être la cible d’un numéro de téléphone bizarre: le 00101010101. A qui pouvait appartenir un tel numéro? En réfléchissant, ce qui, je vous le concède, ne m’arrive pas tous les ans, je n’ai pas trouvé d’autre réponse que le Président ou Dieu. Et être harcelé par le Président ou par Dieu, c’est relativement angoissant. Tous les jours mon téléphone sonnait. Le matin, l’après-midi, le soir, pendant des réunions, dans le métro… J’en suis venu à me dire que le jour du jugement dernier devait, forcément, s’approcher et qu’il fallait que je prenne mes dispositions testamentaires pour ne pas laisser mon Piero dans le besoin…

Et puis, un soir, au bureau, alors que tout était calme, que plus personne n’arpentait les couloirs lugubres de ma grosse boîte, éclairé seulement par la petite lampe intime disposée à côté de mon ordinateur et concentré sur un document que je devais absolument finaliser pour le soir même, mon téléphone se mit à vibrer violemment, comme s’il était possédé par un esprit quelconque… Dans un sursaut, je le pris dans mes mains d’un geste décidé et viril (oui, je peux être viril moi aussi mes chéris). En regardant l’écran, je me rendis compte qu’il s’agissait DU numéro… Celui de Dieu ou de Nicolas, je n’avais pas encore déterminé l’option la plus plausible.

Il fallait que je délivre ce pauvre téléphone. Il fallait que cette tourmente cesse. Si l’heure de la prison ou celle de la mort devait sonner, j’étais prêt… Je décrochai en fermant les yeux. J’entendis un « Monsieur Ditom? » lancé dans un vacarme assourdissant avec un accent qui me fit penser que la personne qui m’appelait était basée bien au-delà du périph.

Oui? ai-je timidement répondu.

« Monsieur Ditom, c’est le service client de SFR. Je vous appelle pour une enquête. Chez quel opérateur êtes-vous pour la téléphonie fixe? »

Je… Suis chez Free, pourquoi?

« Que vous propose free comme services gratuits? »

J’avais maintenant totalement repris mes esprits. J’étais en colère. SFR avait joué avec mes nerfs pendant les trois dernières semaines. J’allais leur dire ce que j’en pensais.

J’ai répondu: Je ne suis pas intéressé par la neuf box évolution.

« Pardon Monsieur Ditom? Mais je ne vous ai rien proposé » m’a répondu mon interlocuteur de manière quelque peu agressive.

Oui, vous avez raison. Continuez.

« Êtes-vous intéressé par le fait de changer d’opérateur de téléphonie fixe »

Non

« ? Ah bon? Quelles en sont les raisons »

Je ne suis pas intéressé, mon équipement fonctionne très bien.

« Mais vous souhaitez quand même faire des économies, non? »

Il commençait à me chauffer celui-là. Je lui ai répondu Non.

« NON? Vous êtes riche alors? »

Ça va bien pour moi oui.

« Ah… Bah vous passez à côté d’une belle opportunité »

Et vous, vous passez à côté d’une plainte pour harcèlement commercial.

Et Dieu a raccroché, sans même me dire au-revoir. Je suis déçu. Je pense que du coup, je ne participerai jamais aux journées mondiales de la jeunesse (qui a dit que de toute façon, je n’avais plus l’âge? QUI?)

Alors si je n’ai qu’un souhait à émettre pour le mois qui vient, c’est que l’ensemble des sociétés de service auxquelles je fais appel cessent de me faire chier et se concentrent sur le fait de travailler un peu mieux. Parce que j’ai de plus en plus l’impression d’être pris pour une vache à lait que l’on pompe sans jamais lui demander ce qui lui ferait plaisir.

ET J’EN AI MARRE.

Ditom

Dedipix, Yoann Gourcuff et Gay Pride: Naissance d’une douleur

Ça devait être son onzième gâteau d’anniversaire ou son dixième, je ne me souviens plus trop, c’était son anniversaire, avec des bougies, une tarte au citron, ça j’en suis sûr. C’était son gâteau préféré, la tarte au citron. C’est toujours un moment émouvant pour un parent, de voir sa progéniture grandir, s’éloigner de vous , chaque jour un peu plus, inexorablement, un peu plus.

Ça a été son onzième gâteau d’anniversaire ou son dixième, je ne veux plus trop me souvenir, c’était son anniversaire sans bougies, sans gâteau, j’en suis sûr. C’est des anniversaires que l’on ne fête pas vraiment, par peur, par superstition. Ca reste un moment émouvant pour un enfant, de voir sa mère, à ses côtés, près de vous, chaque jour un peu plus avant que cela ne cesse.

1995, 24 décembre, 4h15 du mat, maternité, troisième étage, porte 302, Céline est allongée dans le lit. C’est de la toile de verre peinte, blanc cassé qu’il y a sur les murs, c’est une mode, c’était surtout pratique à poser. Les murs avaient un léger relief nid d’abeille. Avant ils étaient peints, lisses, pas de fioritures avec les traces de chariot, des bignes et des quelques trous dans les murs.

ll y a avait deux lits presque jumeaux, à touche touche et dans l’autre lit, personne pour le moment, une chaise de cantine, une table de chevet à roulettes ainsi qu’un plateau pour seul ameublement. Céline avait perdu les eaux, il lui ont installé un monitoring et elle s’est couchée sans douleur. Je suis resté un peu, pas longtemps, juste pour me rassurer que le travail ne s’était pas mis en route et puis je voulais être là tout simplement, pour elle. L’infirmière est venue, elle m’a réveillée, je dormais le dos cassé sur la chaise molletonnée. Faut pas rester là qu’elle m’a dit, faut rentrer chez vous, c’est pas pour tout de suite.

J’avais peur, angoissé, mais je suis rentré docilement , résigné à que cela ne soit pas cette nuit, celle où j’allais devenir père. Je suis revenu dans le milieu de la matinée, inquiet de la retrouver avec le bébé dans les bras. Le travail venait à peine de commencer et Céline avait mal. J’étais là aux petits oignons, peut-être un peu trop à son goût; elle m’envoyait balader. Je m’y étais préparé, je sais que la douleur était insupportable. Alors, j’ai encaissé toute la journée. En fin d’après-midi, il y a Marie qui a débarqué avec son mari, elle a pris le second lit. Ils ont pris tout l’espace, parlant fort, rigolant, alors que ma douce souffrait. Marie, c’était son troisième de mouflet, alors l’accouchement, elle maîtrise. Pas de surprise pour elle, elle est venue ici comme on vient faire ses courses. Marie, c’est une rigolote, elle cherchait à dédramatiser en plaisantant, en se moquant gentiment des contractures, de Céline épuisée. Mais elle s’est tu d’un coup d’un seul, il était pas loin de 21h00. Céline venait d’être soulagée par la péridurale, quand Marie a commencé à gueuler, à insulter son mari Paul, à balancer tout ce qui était à la porté de ses mains, une véritable hystérique. C’était drôle et effroyable.

Il fallut attendre encore une bonne heure avant qu’elles soient amené en salle de travail. Paul et moi, on nous y avait jeté. Ce n’était pas le moment, la sage femme voulait prendre le temps avec ses patientes sans les pères. Alors on a attendu, dans le couloir, à se parler. Et puis Marie à hurler : Paul!!!! Il s’est précipité, me retrouvant seul dans cet immense couloir.

– Non, je veux rien! Je veux la sage femme, je suis en train d’accoucher! Bordel! Tu vois pas ses cheveux, au mioche! Mais putain regarde! Non, cours vite! Il arrive!

Paul s’est précipité dans la salle où se trouvait Céline. Je le revois, le regard affolé.

– Monsieur, veuillez sortir immédiatement! Vous faîtes peur à ma parturiente! Allez calmer votre femme, j’arrive.

Elle y est allée le pas décidé, mais pas pressé non plus, pourtant  le chiard est arrivé trois minutes tard tout au plus.

Et puis ça a été notre tour. Ana est née le 24 décembre 1995 à 23h17.

Je me souviens être arrivé chez mes parents pour leur annoncer. J’étais ému.

Le lendemain, ma famille est passée à la maternité. J’étais l’homme le plus heureux du monde. Ma mère a pris sa petite fille dans ses bras et s’est mise à pleurer. Elle est venue me voir plus tard, ma mère, dans le couloir, elle avait quelque chose à me dire d’important.

– On vient de me diagnostiquer un cancer du sein. Il est très agressif. Je ne sais pas si nous arriverons à temps pour l’endiguer. Mais une chose est sûr, c’est que je souhaite de tout mon coeur voir ma petite fille grandir.

Ça devait être son onzième gâteau d’anniversaire ou son dixième, je me souviens plus trop, c’était son anniversaire, avec des bougies, une tarte au citron, ça j’en suis sûr. C’était son gâteau préféré, la tarte au citron. Elle fut gâtée comme un enfant peut l’être ce jour là.

Ça a été son onzième gâteau d’anniversaire, je me souviens maintenant, c’est son anniversaire sans bougies, sans gâteau, j’en suis sûr. C’est un anniversaire pas vraiment comme les autres. Sa petite fille est devenue grande et elle est toujours là. Elle est en vie et son cancérologue lui a fait son plus beau des cadeaux, lui offrir un mot, un seul: guérison.

Daidou


Streap poker, pipe, Dedipix, Lady Gaga, baisée par son médecin? Un Adieu…

J’ai mis mon dernier carton dans ma deuche et me voilà définitivement parti. C’était, il y a maintenant 4 ans, 5 mois, 2 jours et 10 heures. Je préparais mon départ depuis 2 mois et je me retrouvais face à mes choix. La réflexion n’était certainement pas aboutie: je partais, car je n’aimais plus Céline, voilà tout. J’aurais sans doute préféré rester dans mon petit confort dans ma belle maison normande, restaurée à la force de mes bras, entouré de mes deux petites têtes: brune et « châtaigne ». J’aurais pu la tromper dix ans encore avant de renoncer à cette double vie, apostasier ma sexualité; j’aurais pu rester sourd à ses gueulantes brusques et imprévisibles qui s’abattaient sur les enfants ; pour un oui, pour un non; j’aurais pu supporter son régime radical jusqu’à devenir un véritable squelette comme elle. J’aurais pu renoncer à vivre, à ressentir à nouveau la puissance des sentiments et à me complaire dans une morosité presque parfaite où l’attente était la seule occupation véritable qui m’entraînait pas à pas à ma perte.

L’atmosphère était lourde ce jour-là. Les thuyas de la voisine dansaient, les nôtres étaient morts, arrachés un par un jusqu’à la racine. Ceux-là tanguaient légèrement au vent, j’y voyais une invitation. Je ne connaissais pas vraiment la destination, mais j’avais confiance en cet appel. Minutieusement, j’avais préparé mon paquetage, la veille. Nous avions séparé nos livres, nos CD, nos DVD, nos meubles, nos cadeaux, nos photos. La culpabilité m’interdisait de solliciter mes dus. J’étais partagé entre  le « laisser derrière soi » une trace, un repère pour les enfants, des objets transactionnels comme ils disent les psychiatres, ou de s’effacer pour ne laisser que des murs vides, désolation de cet amour. On ne se chamaillait pas, le calme régnait, pesant, étouffant. Une réflexion, un souvenir nous étreignaient quelque temps, suspendant ce partage diabolique. Je lisais sa souffrance sur sa peau, sur son visage tiré dans ses yeux embués. Nos gestes étaient appliqués dans la lenteur, nous rappelant que nous vivions nos dernières heures ensemble ; retenus, aussi, lents appliqués et retenus nos mouvements ; ils étaient de circonstance.

On ne part pas comme ça, ou pas moi. Moi, j’avais mis en scène mon départ. Il me fallait la chose symbolique, l’objet de cette liberté. La seule qui m’est venue comme idée, la deux-chevaux, celle de mon oncle Thibault, une 2CV6 charleston.

C’était mon premier souvenir d’évasion, je devais avoir 13 ans. Ce dernier m’invita à traverser la France en long, en large, et en travers avec ma cousine et sa deuche. Bordeaux et noir, elle était, en triste état aussi ! Pas étonnant lorsque l’on connaît le personnage. Ce peintre en bâtiment, converti au catholicisme, vivant avec une femme libérée qui se tapait tous les diables possédant une bite et deux couilles, utilisait sa voiture comme véhicule professionnel! Les sièges et la carrosserie atteignaient leur limite de vie en quelques mois seulement.

Ma cousine et moi, on était comme cul et chemise, toujours à faire les quatre cents coups, et les pires dingueries. Je devais certainement être un peu amoureux d’elle, cela devait se voir, mon cœur se soulevait dès que le son de sa voix me parvenait. Elle était parisienne et moi pas. Elle se frottait régulièrement à des fils et filles de personnages médiatiques, avait pour copine des actrices en herbe et se voyait déjà spationaute, arpentant fièrement les plateaux télé pour témoigner de son expérience. Elle n’a jamais eu son BAC scientifique, ni un autre d’ailleurs. Elle est vendeuse de fringues aux dernières nouvelles. Nos rencontres se limitent aux mariages, de moins en moins nombreux et aux enterrements de plus en plus fréquents.

La Sarthe, la Touraine, l’Anjou, l’Auvergne, la Bretagne et puis la Gascogne, que l’on a sillonnés, la capote roulée, à ciel ouvert, contemplant les nuages, allongé sur la banquette arrière, je méditais. Je détenais cette vulnérabilité, cette maturité que les jeunes filles de mon âge développaient avant les garçons. J’étais la coqueluche de ces gentes demoiselles, le seul approchable à leurs yeux, effarouchées par les discours inintéressants du « sexe fort ». Le fossé se creusait inévitablement entre mes congénères et moi ; pourtant j’aimais bien leur présence, aux gars, surtout leurs muscles et leurs culs. Je les regardais avec attirance et répulsion, jouissant de détenir le secret qui pouvait les faire aimer des jouvencelles convoitées. Parce que j’étais tout le temps fourré avec des filles, j’étais devenu leur mascotte et l’agent secret des mecs. Parce que je les observais, et les écoutais, les filles, je connaissais leurs moindres secrets et désirs. « Tu penses qu’Alexandra, elle voudrait bien sortir avec moi ? » « T’as aucune chance, elle préfère Mathias. Tu peux toujours l’inviter au cinéma samedi voir « Falling in love ». Je crois qu’elle avait vraiment envie de le voir. »  « Très peu pour moi, c’est un film de gonzesses ! » Et c’était vrai, c’était bien un film de filles. Alexandra, c’est moi qui l’ai conviée au ciné, et c’est moi qui suis sorti avec elle. J’ai mis ma langue dans sa bouche, dans son trou, à Alexandra et j’ai touché sa chatte à travers son slip tout du long de la projection. Sa petite culotte était toute humide à la fin. Ça n’a pas duré, tous les deux : comme d’habitude, deux semaines tout au plus, je ne me souviens plus. Je garde en mémoire qu’un seul détail d’elle : ses dents extraordinairement blanches. C’est affligeant de ne plus être capable de se remémorer un visage.

 

Cet été-là, j’en ai vu, du paysage, à travers cette voiture. Elle m’emmena loin du drame familial. Le père avait encore trompé la mère, et ma mère se remettait très doucement de sa tentative de suicide. Il était bon de se laisser aller sans contrainte dans cette voiture. Les odeurs d’huile chaude, de solvants, de peinture, me donnaient parfois mal à la tête, mais me réconfortaient étrangement.

On ne part pas comme ça, ou pas moi. Moi, j’avais mis en scène mon départ. Je me souviens d’avoir rêvé devant des annonces. Pas une ne me convenait, trop cher, pas assez dans son jus, et puis il y a eu cette « 2deuche » aux phares rectangles, bleue, banquette avant arrière déchirée tout comme moi je l’étais. Je suis allé la rencontrer et suis reparti avec. Elle fut capricieuse, mais on l’aimait bien, Céline un peu moins. Elle savait que cette voiture ne resterait pas, qu’elle partirait avec moi. C’est ce que j’ai fait le jour de mon départ. J’avais enlevé la banquette arrière, et j’y ai entassé des caisses de souvenirs, et je l’ai quittée, ma femme. Elle n’était pas là à me faire signe en guise de bon voyage ; dans mon rétroviseur, il ne se reflétait que les thuyas de la voisine. Ils se balançaient de droite à gauche comme le fait une main pour dire adieu.

 

Daïdou

Ps: Le titre est un peu « putassier » mais la fin justifie les moyens…???

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