Archives Journalières: 26 novembre 2010

Navrants mouchoirs

Un succès d’entrée au cinéma n’est visiblement pas une garantie de qualité, loin de là, et, le moins que l’on puisse dire, c’est que Les Petits mouchoirs de Guillaume Canet, sont un véritable navet de 154 minutes bien longuettes.

Manque de profondeur psychologique des personnages au profil figé pendant 154 minutes, acteurs vraiment mauvais, à l’image d’un François Cluzet qui ferait bien de retourner prendre des cours de théâtre tellement il joue comme un pied, ou d’une Marion Cotillard, toujours aussi incolore, inodore et sans saveur à l’écran, sauf quand elle se met à hurler comme une charretière qui se prendrait pour Anémone.
En effet, l’autre problème de ce film, c’est qu’on a l’impression de voir l’une de ses nombreuses daubes des années 70 où la beaufitude s’expose à l’envie avec son cortège de vulgarité, de farces de potaches à bailler d’ennui tant elles sont convenues, et de conversations qui dépassent rarement le sujet du cul: pas une scène qui ne se conclue par une grossièreté et des personnages qui ne savent visiblement pas se parler sans s’engueuler.

D’ailleurs, c’est à ce demander si ce n’est pas un film caractéristique de notre époque, de sa superficialité et de son indifférence à l’autre, fusse au milieu d’un groupe. Bobos friqués mais incultes, atrophiés des sentiments mais qui exhibent sans complexe devant nos yeux de spectateurs, comme ils pourraient l’exhiber sur un blog ou facebook, leur petite vie minable et sans intérêt. Or, qui cela peut-il intéresser, en dehors de leur propre cercle d’amis ? car, à aucun moment, le réalisateur ne prend la peine de nous dégager de notre position de voyeurs fatigués de tant de platitude pour nous faire entrer dans son film, comme si lui aussi, à l’image de ses personnages, avait été trop flemmard pour ça.

Notons aussi, cette propension à céder à la facilité pour faire politiquement correct: une morale à deux balles à la fin, des discours larmoyants version bisounours qui ne collent pas un instant, d’ailleurs, avec le reste du scénario et qui donnent véritablement envie de vomir devant ces êtres abjects de mensonges et de fausse compassion, sans oublier, pour faire réalisateur de gauche -on ne sait jamais, 2012 approche et il s’agit de prévoir ses arrières – l’homosexualité utilisée comme prétexte au conflit Cluzet/Maginel, un Magimel d’ailleurs peu crédible dans ce rôle d’homme ressentant une attirance pour un autre homme.

A ranger dans la catégorie films témoins de la pauvreté du cinéma français et du manque de talent de nombre de ses réalisateurs, ou, si l’on préfère dans celle des films alimentaires pour nourrir Canet et sa bande de potes.

Jerem

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