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Linki’s Menstruation 5 – Virage à 180°

Dans la vie il y a des périodes où tout fous le camp ! Bam ! comme ça ! On passe de sa vie de trainée décadente baisant et nageant dans le foutre à une vie de prince bien gentil propre sur lui avec son mari et le joli service à vaisselle (héritage depuis 1258). Tout est bien rangé dans les ptites cases bien faites et molletonnées consciencieusement afin que rien ne s’abîme… Tout est parfait ! les boites de conserves bien rangées par ordre alphabétique, les serviette de bains pliées et rangées selon celui des couleurs du prisme…

Mais un jour on s’aperçoit que « FUCK OFF tu me brises les burnes ! » On envoie valser perles et mari qui traine la patte ! Pas capable de prendre une quelconque décision, on la prend à sa place et on sort de la cage dorée… Et on repart dans une vie faite de « bouts à bouts » … On redécouvre les fameux sites de rencontres que je ne vous citerai pas ici ( on les connait tous ^^ ) et on se rend compte que peu importe le nombres d’années passées… les gens sont toujours les mêmes… mêmes photos impersonnelles, mêmes profils barbants copiés collés les uns aux autres, mêmes ages pour certains … On ressort les griffes car on sait que c’est un monde de salopes diurnes qui n’attendent qu’une chose : que vous avouiez votre échec amoureux afin qu’elle reprennent le sourire depuis longtemps disparu à cause de leur pauvre et morose vie qui est la leur ( et à nouveau la votre ).

On se persuade qu’on a rien à voir avec eux… qu’on vaut plus et qu’on trouvera LA perle ( encore ?) un de ces jours, et on discute avec des gens, on fait leur connaissance, on rencontre, on boit, on mange, on suce, on couche, et on vomi…  C’est pas le bon.

Mais je m’en fou de pas le trouver le bon … mon service à vaisselle date de 2011 et n’est pas complet, mes 4 serviettes sont de la même couleur, ma machine à laver est d’occasion et ne fait pas la musique quand le programme est fini et ça me plait comme ça ! Ma cage n’est pas dorée, encore moins brillante, elle n’a pas de barreaux et ça me va parfaitement comme ça !

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Linki’s Menstruations 4 – Moisiversaires

Il y a dans la vie, des anniversaires qu’on a vraiment pas envie de fêter…il y a des bougies que t’as pas vraiment envie de souffler… et des gâteaux de manger.

Je ne parlerai pas des caps banals tel que les fameux 30 ans, 40 ans, 50 ans, 60 ans (62 ans?) … Mais plutôt ceux des 2 ans, 3 ans, 5 ans … dans une vie de « couple ».

Plus jeune je me disait « Waaah ça fait 5 ans qu’ils sont ensembles !!! »

Aujourd’hui je ne me dit pas  » 3 ans !! J’ai rien vu passer ! »

Ce soir je me dit :  » 2 ans… j’ai l’impression que ça en fait 20 … »

La vie de couple, la fameuse, on en rêve, on en parle, on la cherche, on fait chier ceux qui n’en ont pas envie ( par expérience ?).

La vie de couple, on la trouve, on fait des concessions, on fait des sacrifices, des efforts et c’est là que ça va pas ! On ne devrait pas en faire …

On se force à changer telle ou telle habitude… on force son caractère à s’adoucir, à accepter ce qu’on supporte pas ( car lui les concessions, connait pas ). Et là on s’aperçoit qu’un truc cloche, on cherche à arrondir les angles deja ronds, on cherche à trouver ce qui ne va pas, on se triture l’esprit pour garder ce qu’on à tant désiré …

Puis on ouvre les yeux.

Puis on ouvre le cœur. Celui qui à tant contenu jusqu’à aujourd’hui, celui qui à tant subit jusqu’à aujourd’hui, celui qui à manqué de courage pour voir ce qui était à voir… Celui là, oui.

Puis on ouvre le cœur et on déverse ce qu’il renferme… le temps à changé « le non changeable », le temps à fait tourner la sauce, le temps à fait moisir tout ce bordel.

Puis on l’ouvre ce connard et le seul truc qu’il vous mets devant vos yeux ouverts c’est un gros tas de vomissure glaireuse…

Et oui, tu lui a pas fait prendre assez l’air à ce flux de doutes…

Tu les a pas assez sorties ces paroles…

T’as trop voulu bien faire et ne pas faire de vagues d’ondes sur la surface…

T’as laissé le temps faire son boulot … et tu l’as pas aidé.

Faudra le manger ailleurs, et avec un autre … ce gâteau.

LinkiSeb

Dedipix, Yoann Gourcuff et Gay Pride: Naissance d’une douleur

Ça devait être son onzième gâteau d’anniversaire ou son dixième, je ne me souviens plus trop, c’était son anniversaire, avec des bougies, une tarte au citron, ça j’en suis sûr. C’était son gâteau préféré, la tarte au citron. C’est toujours un moment émouvant pour un parent, de voir sa progéniture grandir, s’éloigner de vous , chaque jour un peu plus, inexorablement, un peu plus.

Ça a été son onzième gâteau d’anniversaire ou son dixième, je ne veux plus trop me souvenir, c’était son anniversaire sans bougies, sans gâteau, j’en suis sûr. C’est des anniversaires que l’on ne fête pas vraiment, par peur, par superstition. Ca reste un moment émouvant pour un enfant, de voir sa mère, à ses côtés, près de vous, chaque jour un peu plus avant que cela ne cesse.

1995, 24 décembre, 4h15 du mat, maternité, troisième étage, porte 302, Céline est allongée dans le lit. C’est de la toile de verre peinte, blanc cassé qu’il y a sur les murs, c’est une mode, c’était surtout pratique à poser. Les murs avaient un léger relief nid d’abeille. Avant ils étaient peints, lisses, pas de fioritures avec les traces de chariot, des bignes et des quelques trous dans les murs.

ll y a avait deux lits presque jumeaux, à touche touche et dans l’autre lit, personne pour le moment, une chaise de cantine, une table de chevet à roulettes ainsi qu’un plateau pour seul ameublement. Céline avait perdu les eaux, il lui ont installé un monitoring et elle s’est couchée sans douleur. Je suis resté un peu, pas longtemps, juste pour me rassurer que le travail ne s’était pas mis en route et puis je voulais être là tout simplement, pour elle. L’infirmière est venue, elle m’a réveillée, je dormais le dos cassé sur la chaise molletonnée. Faut pas rester là qu’elle m’a dit, faut rentrer chez vous, c’est pas pour tout de suite.

J’avais peur, angoissé, mais je suis rentré docilement , résigné à que cela ne soit pas cette nuit, celle où j’allais devenir père. Je suis revenu dans le milieu de la matinée, inquiet de la retrouver avec le bébé dans les bras. Le travail venait à peine de commencer et Céline avait mal. J’étais là aux petits oignons, peut-être un peu trop à son goût; elle m’envoyait balader. Je m’y étais préparé, je sais que la douleur était insupportable. Alors, j’ai encaissé toute la journée. En fin d’après-midi, il y a Marie qui a débarqué avec son mari, elle a pris le second lit. Ils ont pris tout l’espace, parlant fort, rigolant, alors que ma douce souffrait. Marie, c’était son troisième de mouflet, alors l’accouchement, elle maîtrise. Pas de surprise pour elle, elle est venue ici comme on vient faire ses courses. Marie, c’est une rigolote, elle cherchait à dédramatiser en plaisantant, en se moquant gentiment des contractures, de Céline épuisée. Mais elle s’est tu d’un coup d’un seul, il était pas loin de 21h00. Céline venait d’être soulagée par la péridurale, quand Marie a commencé à gueuler, à insulter son mari Paul, à balancer tout ce qui était à la porté de ses mains, une véritable hystérique. C’était drôle et effroyable.

Il fallut attendre encore une bonne heure avant qu’elles soient amené en salle de travail. Paul et moi, on nous y avait jeté. Ce n’était pas le moment, la sage femme voulait prendre le temps avec ses patientes sans les pères. Alors on a attendu, dans le couloir, à se parler. Et puis Marie à hurler : Paul!!!! Il s’est précipité, me retrouvant seul dans cet immense couloir.

– Non, je veux rien! Je veux la sage femme, je suis en train d’accoucher! Bordel! Tu vois pas ses cheveux, au mioche! Mais putain regarde! Non, cours vite! Il arrive!

Paul s’est précipité dans la salle où se trouvait Céline. Je le revois, le regard affolé.

– Monsieur, veuillez sortir immédiatement! Vous faîtes peur à ma parturiente! Allez calmer votre femme, j’arrive.

Elle y est allée le pas décidé, mais pas pressé non plus, pourtant  le chiard est arrivé trois minutes tard tout au plus.

Et puis ça a été notre tour. Ana est née le 24 décembre 1995 à 23h17.

Je me souviens être arrivé chez mes parents pour leur annoncer. J’étais ému.

Le lendemain, ma famille est passée à la maternité. J’étais l’homme le plus heureux du monde. Ma mère a pris sa petite fille dans ses bras et s’est mise à pleurer. Elle est venue me voir plus tard, ma mère, dans le couloir, elle avait quelque chose à me dire d’important.

– On vient de me diagnostiquer un cancer du sein. Il est très agressif. Je ne sais pas si nous arriverons à temps pour l’endiguer. Mais une chose est sûr, c’est que je souhaite de tout mon coeur voir ma petite fille grandir.

Ça devait être son onzième gâteau d’anniversaire ou son dixième, je me souviens plus trop, c’était son anniversaire, avec des bougies, une tarte au citron, ça j’en suis sûr. C’était son gâteau préféré, la tarte au citron. Elle fut gâtée comme un enfant peut l’être ce jour là.

Ça a été son onzième gâteau d’anniversaire, je me souviens maintenant, c’est son anniversaire sans bougies, sans gâteau, j’en suis sûr. C’est un anniversaire pas vraiment comme les autres. Sa petite fille est devenue grande et elle est toujours là. Elle est en vie et son cancérologue lui a fait son plus beau des cadeaux, lui offrir un mot, un seul: guérison.

Daidou


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