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Quand on n’a pas la tête à ça, on a un Tto !

Enigmatique titre que celui-ci … et sur un bouche-trou alors que tu t’attends à lire la prose sucrée et œstrogénisante d’Andréa [première fille d’Une fois par MOI], décidément la journée promet d’être étrangement surprenante … Et oui … nonobstant tout ce que tu peux lire ici ou là, le rédac’chef est là et il veille au grain, surveille toujours d’un coin de l’œil ce qui se passe [« c’est ma mission Adrienne » comme dirait un Stallone fatigué par la quatorzième guerre du Vietnam qu’un mercantile studio de cinéma lui imposerait pour user encore davantage la ficelle] … et là ? … Bah … Andréa n’est pas là ce matin.

Aussi, pour ne pas te laisser dans la désespérance, je me dévoue et je prends la plume afin que le vide intersidéral [que je préssens aussi pour demain … espérons que j’aurai tort] ne te donne pas l’impression que ça y est, le phénomène de mode est passé et que cette expérience n’aura duré qu’un mois.

– Dis donc coco chéri, Andréa n’a pas écrit son article pour demain
– Ah ? Mais attends, elle m’avait dit qu’elle avait une super idée …
– Bah, je n’ai rien reçu
– J’vais lui envoyer un texto !!!

Quelques instants plus tard … Andréa envoie un message non plus au chéri du rédac’chef mais au rédac’chef himself !

Je v l’ecrire ds la nuit et essayer de le mettre en ligne demain matin, a la ramasse sur ce coup. Bibi d’Andréa en perte de neurone (oh my god c dc vrai)

Après un échange de texto rassurant de la part du rédac’chef bienveillant que je suis, il a été convenu que je boucherai le trou du jour [n’y vois aucune allusion graveleuse … cet endroit est, à l’instar d’autres, réservé au plus grand nombre et adapté à un public familial … surtout un mercredi rhooo …] !

Une vraie sitcom cet Une fois par MOI en somme … et encore, je ne te dis pas tout !!! Alors donc … comme elle n’est pas là, je vais faire la petite haine de la vie d’Andréa du mois … elle est toute fraiche [la petite haine, pas Andréa hein] … elle date d’hier [pas comme Andréa non plus]. Allez hop, je prends mon sourire marketing de fille modèle, un peu de rose sur les joues, je mets ma coiffure ratée avec tout plein de volume sur les côtés et une frange anarchique désaxée devant … et c’est parti !

Dieu sait que je suis une fille ! Une vraie fille avec un grand sac où j’ai toute ma vie, en ordre de pagaille. Une vraie fille avec des t-shirts improbables qu’une lycéenne aurait peur de mettre craignant, à raison, la lapidation pour raison de salubrité publique. Ben oui, je suis une fille !

Et comme je suis une fille, je peux me permettre de jouer les chipies quand je veux être agacante, de ne jamais savoir comment fonctionne tel ou tel appareil électroménager (pffff, le pire, c’est le graveur de dvd), d’oublier périodiquement où je mets ma carte bleue ce qui me permet de prendre celle de mon chéri, de conduire un peu n’importe comment des fois …

Et des fois, comme je suis une fille qui aime bien materner les uns et les autres, je dispense de bons conseils avec ma voix apaisée non sans ajouter une pointe acide au détour d’une remarque si insignifiante que ça passe tout naturellement … La comm’, c’est un métier !

Sauf qu’hier soir … j’ai reçu vers 20h un texto et là, je me suis dit : ma pauv’fille, le rédac’chef va me pourir pendant un moment avec ça ! C’est con. Déjà qu’avec ma coiffure, je m’en prends une à chaque fois et je ne parle pas du reste … Donc là, d’empressement, je lui ai fait le coup de la fille overbookée mais qui va sacrifier sa nuit pour honorer sa parole. Tellement il est formid ce garçon, il m’a dit qu’il suppléait pour demain.

Moi, la reine de l’agenda … celle qui détient le titre de première nanaze du blog, qu’est ce qu’ils vont penser les autres ?? Que, finalement,  j’aime pas les pédés du blog ? Que j’ai lâché l’affaire ? Que ma vie est so beautiful que je n’ai pas trouvé une seule petite haine ?? Mais siiiii … j’aime tous les garçons et les filles du blog même si j’ai assez d’une main pour compter ceux que je connais ! Non, j’ai pas lâché l’affaire. Et pour ce qui est de ma vie, on va en reparler, c’est moi qui te le dit parce que des haines, y en aura toujours !

En attendant, je lui dois une fière chandelle à ce Tto de rédac’chef …

Andréa sera de retour le 14 mai (ou pas) …

Tto

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La conjuration rêvée

Dans un café, un midi, non loin du Tto building abritant les puissants moyens de la rédaction qui fait déjà peur à tout ce que la blogosphère compte de sites influents …

« Si j’étais vous, j’abandonnerais » explique janjacq d’une voix calme et posée
« Ah la la, il t’a retourné … » répond Christophe, qui était curieusement réveillé malgré l’heure fort matinale (12h20 tout de même)
« Euh, c’est à dire ??? » s’interroge jf qui craint d’avoir mal compris le sens de la réponse du flamboyant conducteur de la voiture rouge Tango (Christophe quoi)
« Mais pas du tout ! Il ne m’a pas retourné … Tu crois quoi ? J’couche pas avec le rédac’ chef ! T’es fou toi !!! Pas besoin … » rétorque janjacq, choqué que l’on puisse interprêter son amical conseil comme étant celui d’un affidé aveuglé par ses hormones
« Mais pas « retourné » comme ça … Tsssss … T’imagine : il ne couche pas avec ses lecteurs. Imagine ce qu’il en est pour les auteurs … Nan, il t’a briefé … Il sait qu’on se voit de toute façon … » répond Christophe qui se débat comme il peut avec ses lasagnes qui décidément seront dévastatrices pour sa ligne déjà malmenée …
« Ah oui, ça … il le sait. J’ai reçu un mail ce matin ! 8h tapantes … » confirme janjacq
« Il t’a envoyé un mail au sujet de notre déjeuner ??? » s’étrangle jf
« Oui … Le taulier m’a envoyé un petit mail perso pour me parler de musique dodécaphonique, de Jim Phelps, me souhaiter un bon réveil et tout ça tout ça » explique un peu brouillon janjacq qui, à la mine de ses comparses de déjeuner, comprend qu’il en a trop dit.
« Ah la la … Il est fort quand même ! Il t’a envoyé un mail … » se lamente Christophe qui, articulant toujours aussi mal, a certainement prononcé les paroles rapportées …
« Bah quel mal à cela ? » s’étonne janjacq
« Mais janjacq … tu ne le connais pas ! Il ne fait jamais rien au hasard tu sais ! Il ne t’a pas envoyé un mail comme ça par hasard. Il sait tout !!! Il a tout compris. J’suis foutu. Il a déjà compris. Il est tellement intelligent, beau, fort, musclé, désirable, photogénique, vif d’esprit, drôle, charismatique, habile, admirable, modeste et humble que … pfffff » s’emporte Christophe (qui a certainement dit tout cela mais comme il articule comme une vache espagnole à qui l’on demanderait de déclamer du Kirkegaard en danois, on ne peut que supposer … mais c’est très très vraisemblable)
« J’vous l’avais dit ! Ce comité, c’est une mauvaise idée !!! » confirme janjacq
« C’est pas faux » renchérit jf, toujours aussi fan de « Kaamelot »

Après quelques secondes de silence … Christophe relève la tête et fixe janjacq dans les yeux.
« Tu as son mail ? Qu’est ce qu’il a écrit précisément ??? » demande-t-il terrorisé
« Euh oui … j’dois l’avoir imprimé il me semble … attends … ah oui, il est là » répond janjacq qui tend … le fameux mail.

Bonjour Monsieur janjacq,
Votre mission puisque vous l’acceptez est de représenter dignement votre rang au cours de votre déjeuner d’aujourd’hui (et oui, l’Agence est au courant de tout).
Vous allez croiser un Chrislife (jadis appelé Chrisbi), agent qui fomente les complots les plus insupportables pour l’équilibre géostratégique du monde.
L’agent Chrislife a déjà annoncé vouloir constituer un comité ayant, notamment, pour dessein de jouer un contre-pouvoir contre notre organisation.
A terme, nos sources n’excluent pas qu’il embrigade jf et d’autres dans une entreprise ayant pour finalité de renverser nos instances ! (non mais vous vous rendez compte ???)
L’agent Chrislife est redoutable et son relatif retrait n’est qu’une couverture factice de laquelle l’Agence n’est pas dupe (non mais oh, dites donc … on nous la fait pas hein !).
Nous tenions à vous souhaiter un agréable déjeuner auquel nous ne pourrons nous joindre …
… et vous faire aussi un zibou de chez bisou du jeudi matin parce que le jeudi matin, les bisous c’est tout aussi bien.
Tto

 

« IL SAIT TOUT ! » hurle Christophe, qui devait être bien naïf pour imaginer qu’effectivement son affreuse entreprise de comité scélérat ne serait pas divulguée et ne reviendrait pas aux oreilles du rédac’ chef qui dispose de réseaux tellement efficaces que les services de contre-espionnage français, russes, israéliens, chinois, argentins voire américains lui font des ponts d’or pour qu’il les mettent à leur service. Oui mais voila, un Tto ne se vend pas …
Pour se détendre, les convives ont choisi de distraire Christophe avec d’autres sujets susceptibles de lui changer les idées … Un nouveau gel intime dont la lubrification serait comparable à une savonnette ovoïde sous la douche, un show-case hyper confidentiel de Vanessis Sparadra (euh Vanessa Paradis), un nouveau sauna hyper tendance tout pas loin, les vacances (sujet tellement banal pour Christophe que, finalement, cela n’a pas fonctionné du tout, lui qui est en vacances tous les 8,5 jours ouvrés) …
Au cinquantième et dernier étage du Tto building, dans son grand bureau ressemblant à un taudis tellement il y en a partout, le rédac’ chef écouta avec amusement Christophe lorsque celui-ci l’appela pour lui raconter son déjeuner et le fait que tout bien réfléchi, il trouvait que le blog marchait très bien  comme ça … et que même il allait s’investir davantage pour concocter plein de pastilles en html afin de rendre l’interface encore plus dynamique et que s’il le fallait il allait y passer son congé de fin de semaine !
C’est à ce moment que le rédac’ chef s’est réveillé … il était presque 8h du mat’ et il voulait absolument envoyer un mail à janjacq dont il savait qu’il déjeunait avec Christophe et jf ce midi …

la journée des piday

tous piday ?
sauf Andréa peut-être ?

bienvenue Andréa en cette journée si particulière dédiée au… aux…
t’as d’beaux ongles, tu sais !

JjQ
(3,1415926535 – 14 mars à 1:59:26 et des poussières)

l’affreux jojo

Conversation imaginaire

– Hey Rédac’chef, c’est janjacq !!! Ça va ??
– Ah mon p’tit janjacq … tu fais du bon boulot tu sais ! Oui oui, ça va. Quel bon vent t’amène ?
– Ouais ouais, j’sais que j’fais du bon taff. J’suis un peu là pour ça ! Bon, rédac’chef, j’ai eu une idée top canon, limite ultra géniale … Si on faisait un bouche-trou ?
– Un … bouche … trou … Tu ne serais pas entrain de me proposer de … enfin … heu … Tu veux des caresses bucco-anales ?
– Meuh nan Rédac’chef ! Je te l’aurais pas demandé comme ça !!! Rhooo … un bouche-trou !!!
– Un bouche-trou ? Un appel généralisé à la sodomie ? Pour nos lecteurs ? Tu n’as pas peur que le message soit assez violent ? Je te rappelle que nous visons aussi un public familial …
– Tssssssssss, mais c’est pas vrai. T’as tes hormones qui font du trampoline ou quoi Rédac’chef ? Un bouche-trou !
– Oui alors là, janjacq … Faut m’expliquer un peu …
– C’est bien ce que je craignais
[soupirs témoignant de l’exaspération de celui qui souffre d’incompréhension] … Un bouche-trou pour combler les absences de publication dans notre blog !
– Ah !!!!!! Un bouche-trou !!!!
– Voila …
– Mais c’est une excellente idée ça ! Et tout le monde
[oui, y compris toi !!!] pourrait contribuer en écrivant des articles qui permettraient de ne pas se prendre 8 jours sans aucune publication !!
– Voila Rédac’chef … D’ailleurs, j’en ai fait un !
– Fantasbuleux janjacq ! J’adore l’idée …
– Sauf qu’il faudrait que tu expliques à notre cher lectorat grand public et vaguement sensible en quoi ça consiste parce que comme tu n’as pas percuté tout de suite, je redoute qu’il en soit de même pour tout le monde. Et moi, je ne veux pas qu’on dise que je fais un appel national et généralisé à la défonce anale. … ou alors, j’investis tout de suite dans l’industrie du gel intime, du slide gel ou de la vaseline si tu vois ce que je veux dire …
– Ouais ouais … voyons plutôt ce que tu as pondu bonhomme …

Le Rédacteur en chef


ça s’intitule l’affreux jojo

hum, ça sent (pas) la rose

je manque de ressort
on m’en a mis trois

maintenant, il faut que je marche, paraîtrait que c’est ça qui est bon pour ce que j’ai
alors le matin je chausse mon iPod et j’enfile mes Nike, ou le contraire parce que mes écouteurs c’est des in-ear et que mes oreilles ça n’est jamais que deux trous avec tout ce qui faut au fond, des marteaux pour taper sur des enclumes ou des étriers, des espèces de triangles, de quoi faire du bruit, quoi, que ma cervelle traduit en notes et en mots quand je fais un peu attention à ce que j’écoute, ou en bouillon infâme et informe, en fond sonore inintelligible, quand je suis un peu… ailleurs
j’ai pas dit inaudible, j’entends, mais c’est comme si non, et comme ça devient vite euh… cotonneux, vaporeux, nébuleux, ou flou, comme tu veux, mais pas cacophonique, ça m’aide à mettre machinalement un pied devant l’autre et à recommencer dans ce putain de tour de lac que je qu’on m’oblige de faire pedibus jambus chaque jour
à l’hosto, je ne les avais pas mes in-ear, la téloche trop fort à l’aut’con ça valait pas mon iPod, oh non, mais au niveau bruit j’étais souvent aussi dans la même espèce de bouillie qui m’aidait à tuer les heures, à mettre une minute devant l’autre, et à recommencer, inlassablement
faut dire qu’à ses dires il avait casqué pour sa télé, d’ailleurs les casques devraient être obligatoires et compris dans la location, alors elle était tout le temps allumée et il la foutait à fond, je crois bien qu’il était sacrément dur d’oreille l’aut’con

te méprends pas, quand je dis l’aut’con, il n’y a rien… d’affectueux
ç’aurait pu, moi aussi j’aime bien les cons généralement

l’aut’con était mon voisin de chambrée
lui t’aurait dit que c’était moi le voisin qu’on lui avait imposé, l’intrus qui venait lui pomper l’air et qui n’avait rien à foutre là, qui n’était même pas ponté et dont rien ne justifiait qu’il se retrouve en soins intensifs…
… sinon le manque de place, ça c’est moi qui le rajoute, parce que pour lui j’étais pas une urgence
c’était un vieux d’au moins soixante-cinq piges, plutôt balèze, plutôt chauve, avec de gros sourcils broussailleux très noirs et de longs poils qui lui sortaient des narines et des oreilles
tout à fait mon genre de mec !
– quintuple je vous dis, quintuple
– ah bon ! j’ai répondu poliment
– ouais jeune homme, j’ai subi un quintuple pontage coronarien
– subi… ah bon !
– et vous ?
– euh… je suis désolé… j’ai juste bénéficié d’une angioplastie
– comment ?
– une angioplastie coronarienne, lui ai-je presque crié… j’ai…
il était inutile que je poursuive, l’aut’con s’était emparé de sa télécommande pour changer de chaine et en profiter pour monter encore plus le son

il y a longtemps que je ne m’étais pas autant goinfré de télé
c’était sa télé, et c’était sa télécommande, alors l’aut’con ils les lâchaient pas de l’œil ou de la main droite, faut dire que de la gauche, enfoncée sous l’élastique de ceinture du pyjama, il fourrageait constamment son entrejambe comme si une armée de morpions campait dans sa jungle pubienne, ça tenait peut-être du tic parce que la présence d’une infirmière, de l’interne ou même du Professeur Corazón qui le regardaient faire en souriant n’aurait su interrompre son agaçant manège

et quand je pense qu’on me reproche de zapper intempestivement
lui il avait toujours un doigt sur programme +, ou alors sur programme –, et ça défilait, je te dis pas, 1-2-3-4… 12-11-10… sans jamais s’arrêter ailleurs que sur la une, Pernaud ou Ferrari, la six, et les infos en continu de la quinze ou de la seize
chez moi, la TNT ne fonctionne sans pixelliser en lignes inopportunes et sans grésiller façon citizen band que lorsque le baromètre indique 1035 millibars depuis au moins trois jours, alors, fatalement, BFM tv et i>Télé je connais pas trop
je ne croyais pourtant pas que ça me gonflerait autant, mais l’aut’con il passait inlassablement de l’une à l’autre pour revoir invariablement les mêmes infos, les mêmes images et les mêmes pubs, et là, il y avait deux tranches de cake qui passaient en boucle : Besson et Frêche, et pas une pour t’aider à digérer l’autre
l’actualité, c’étaient l’identité nationale à ma droite et les dérapages à ma gauche, avec plantée au beau milieu Juliette Gréco dans son beau costume noir vénitien de Belphégor
– hé, l’ancêtre, Belphégor c’était bien Juliette Gréco ?

toi t’étais pas né, mais à l’époque cinquante millions de français ont découvert la sombre élégance et l’étrange mystère de la burqa sans savoir que ça s’appelait comme ça, et il paraît qu’ils en redemandaient chaque samedi, les cons

– c’est qui votre chirurgien ?
– euh… le Professeur Corazón…
– comme moi alors, vous le trouvez comment ? on ne m’a pas laissé le choix, sinon ce n’est pas lui qui m’aurait opéré, je vous jure, je le trouve hautain et arrogant et je ne supporte pas son accent espingouin, et puis il n’arrête pas de me crier après, je pourrais être son père, c’est un peu fort de café, l’interne, qu’est syrien d’ailleurs, m’a dit qu’il était colombien, ou vénézuélien, équatorien peut-être, je ne sais plus, mais de par là-bas, vous ne pensez pas que c’en fait beaucoup à l’hosto avec toutes ces antillaises et ces bougnoules ? on a beau dire, mais Besson…
– il est sympa Corazón, je trouve… et Moheissen aussi…
merde, je crois bien que j’avais dit deux conneries d’un coup, là, l’aut’con a zappé rageusement vers i>Télé
tiens, Frêche, mais pas des nouvelles fraiches, euh… pardon !
je me suis hasardé :
– vous devez être d’accord avec lui ?
– ce gros connard ?
je l’ai regardé, à choisir, c’est pas que j’aime les costard-cravate sur les gros bonshommes, pas plus d’ailleurs que sur les beaux gosses tout flinguets (c’est du béarnais, je te traduis, ça veut dire élancé), mais là, il n’y avait pas photo, l’aut’con avec sa veste de pyjama grande ouverte sur son pansement, ses bandages et les poils gris de sa ventripotence, comme sa braguette sur sa tanière à totos, il faisait vraiment pas président de région… non plus

je commençais à la connaître par cœur la diatribe médiatique contre Georges Frêche, toujours les mêmes images du bonhomme, ou alors pas d’image, toujours la même bande son, et toujours les mêmes trois malheureuses petites phrases, ça commençait à être gonflant… mais à ne jamais lasser « mon » opéré du cœur
– vous vous rendez compte, un homme politique de premier plan, parler ainsi de ces pauvres harkis
– de deux harkis ! et j’ai bien appuyé sur le deux
– les traiter de sous-hommes
– il a traité deux harkis, deux, de sous-hommes, il avait une dent contre ces deux-là précisément, il s’en est excusé mais ils ont porté plainte, le tribunal a considéré que deux harkis ce n’étaient pas LES harkis, moi je les aurais traités de salauds ou de cons, pas Frêche, il a trop d’estime pour les cons, il considère que ses électeurs sont des cons et qu’il ne peut pas leur en faire le reproche
– vous êtes socialisse ? m’a demandé l’aut’con
– pas plus que lui
– mais vous le défendez ?
– non, je trouve que tous ceux qui lui tombent dessus à bras raccourcis, tous ces chroniqueurs politiques de mon cul, tous ces parigots donneurs de leçon, les Duhamel, les Apathie, les Elkabbach, j’en passe, devraient moucher d’abord leur nez…
comme tous ces jean-foutre, l’aut’con m’a alors ressorti la composition de l’équipe de France de foot
je n’aime pas les footeux, à part Pirès, autre fois, et Gourcuff, peut-être, alors je me suis emporté
– et si Domenech il avait des quotas à respecter ?
– c’est vrai ça, il est mauvais mais on peut pas lui reprocher d’être aussi raciste
– et encore, à l’époque de la petite phrase, le goal n’était pas congolais, euh, pardon, d’origine congolaise…
– je ne suis pas raciste non plus, m’a avoué l’aut’con, je ne crache pas sur les congolais, chez le pâtissier, quand ils ont une jolie couleur blond doré

j’étais remonté comme un réveille-matin
trois petites phrases, trois, avec trois petites phrases tu peux faire ou défaire une carrière d’homme politique, et c’est lamentable qu’on puisse réduire un homme à ça, trois « bons mots »
surtout quand il a trente-cinq ou quarante ans de bouteille
attends, je ne prends pas sa défense au Frêche, mais j’attaque ses détracteurs, bille en tête, avec ma gueule de métèque, je ne la supporte pas cette intelligentsia parisienne qui ne comprend même pas le français
– et « une tronche pas très catholique », vous en pensez quoi ? moi je dis qu’on doit farouchement combattre l’antisémitisme…
– mais pas se battre pour des sagouins qui se redécouvrent tout à coup juifs au détour d’une petite phrase qu’on leur rapporte un mois après qu’elle ait été dite
– vous croyez que Fabius est juif… quand ça l’arrange ?
– un peu oui, et là il a fallu qu’on le lui rappelle ; et puis cette tête d’œuf, c’est rien de dire qu’il a bel et bien une tronche pas catholique, on ne lui donnerait pas le bon dieu sans confession, hein ? vous voyez bien notre langue est bourrée par des siècles et des siècles de bondieuseries catho, je suis athée moi, ça m’empêche pas d’en dire ; et les socialo qui relèvent ça, c’est le monde à l’envers mon pauvre monsieur…
– je vous croyais socialisse, j’aurais mis ma main à couper que vous iriez voter pour l’Huchon
– non, je vote à Paris, alors ce sera pour l’Hidalgo, la première adjointe
– vous m’avez dit que le foot et vous… m’interrompit l’aut’con, mais du temps d’Hidalgo, à Séville, il n’y en avait qu’un sur onze, Tigana il s’appelait… et une flopée de ritals… et des espingouins….
– ah bon
– ah non, ça me revient, deux ! Tigana et Janvion !

moi je dis que c’est beau de connaître comme ça l’Histoire de France et que c’est là qu’elle est et qu’elle se nourrit l’identité nationale
parce que qui se souvient du résultat des matchs France-Allemagne d’antan, de l’aller à Verdun ou du retour au stade du Chemin de Dames ?
tandis que pour Séville, l’aut’con il aurait pu me donner toute la composition de l’équipe bleue au grand complet, banc de touche compris, et une bonne moitié des noms des boches qui lui étaient opposés, et même le nombre de dents des joueurs au coup d’envoi et après les tirs au but

mister foot est repassé rapidement sur BFM tv avant de revenir sur la filiale de Canal+
– regardez, là, il s’en prend aussi aux pédés… ah non, il traite des footballeurs de tarlouzes…
– mais vous voyez bien que ce n’est pas Frêche, c’est un gros bien grassouillet, d’accord, mais sans canne
– vous croyez ?
– il est aussi montpelliérain, c’est Nicollin, le président du club de foot, c’est bien ce que je vous disais, à Canal et dans tous les médias ils ont trois malheureuses petites phrases, trois en trente ans, ils en cherchent désespérément une quatrième… ils pensent que les gays vont aussi lui tomber sur le râble…
– comment ? les quoi ?
– les gays ! les homosexuels ! il est adroit le Frêche, pas plus homophobe qu’antisémite ou que raciste, sa canne c’est pas pour se foutre des handicapés, on peut juste lui reprocher son emportement en face de deux harkis…
… et son amour des cons, qu’il traite voluptueusement de cons, ils adorent ça les cons

– dites, ça n’a rien à voir, je me demandais, le jeune homme qui est déjà venu en visite plusieurs fois, c’est votre fils ?
le salaud ! mon chéri et moi, on a beau avoir dix ans d’écart d’âge (onze ? ouais !) onze ans d’écart, on dit partout de nous qu’on forme un couple bien assorti
c’est la première fois que quelqu’un nous voit comme père et fils, faut croire que le pyjama et les cheveux pas lavés depuis trois jours, à cause des électrodes, ça ne me rajeunit pas non plus
– non non, c’est mon compagnon
– comment ?
– mon compagnon ! ai-je répété pas très assuré, euh… mon mari si vous préférez
le visage de l’aut’con a viré au cramoisi, ses yeux se sont révulsés, il s’étranglait, prenait brutalement conscience que sa braguette béait et que sa main gauche était passée sous sa ceinture, il l’a retirée si précipitamment que bouton et boutonnière ont littéralement explosé…
– hé ! vous n’allez pas nous péter une durite ?
pute borgne, il a pitonné sur le off de la télécommande avant de la jeter dans le fauteuil, la télé s’est éteinte avec le bruit chuintant d’un pneu qui se dégonfle, il a poussé comme un barrissement en se retournant sur le côté, vers le mur, sans aucun ménagement pour la toute récente et fragile couture de son sternum, et puis il s’est mis à respirer bruyamment comme s’il manquait d’air…

– Docteur Moheissen, s’il vous plaît…
– faites vite
– le monsieur, là, euh… Monsieur…
– l’aut’con ?
– ouais, je crois que sa télé et lui préféreraient être en chambre individuelle, vous ne pourriez pas me changer de piaule ? j’ai demandé à l’interne du (et de) service
– faut voir…
– dites, ou alors vous pourriez me mettre dehors, après tout Clinton il a fait la même chose en déambulatoire…
– ambulatoire mon vieux ! oui, faut voir…
– vous savez, j’ai ajouté du bout des lèvres, j’aimerais bien pouvoir aller marcher, j’aimerais tant faire… le tour du lac, ça ne doit pas être beaucoup plus risqué que de retourner en Haïti
(à Haïti ? ah bon !)

Ben (Vautier)

(ci-dessous, illustration musicale, avec la vidéo qui va avec)

l’amour avec un con

écrit et composé par Adrienne Pauly (2006)

j’ai fait l’amour avec un con
un homme un con
j’ai fait l’amour avec un con
un condom

pourquoi j’ai dit oui
non non non,
pourquoi j’ai pas dit non
oui oui oui,
j’ai fait l’amour avec un
hein

parfois on se sent si seul
mais dans le fond tout le monde est seul
c’est pas con

j’ai fait l’amour sans un frisson
incontestable
j’ai fait l’amour avec un con
un comptable

pourquoi j’ai pas discuté
normalement c’est ça qu’on fait
non c’est pas un conte de fées

pourquoi j’ai bu tous ces verres
le contact n’était pas bon
pourquoi j’ai pas mis mes verres
de contact c’est trop con

lui recomptant l’addition
et puis les moutons
le temps de me dire à quoi bon
et mon compte était bon
pourquoi je l’ai pas poussé
hé hors de ma vue
pourquoi je l’ai poussé
dans mon lit cet inconnu
comment tu t’appelles déjà
je sais plus je sais pas
comment tu t’appelles déjà
je sais plus je sais pas

j’étais bourré, inconséquent
j’étais condamné, inconscient

j’ai fait l’amour à contrecœur
il m’a même pas embrassé
j’ai fait l’amour en regardant l’heure
je suis consterné

mais comment s’en sortir
mon dieu faites qu’il se tire
j’ai fait l’amour avec un
hein

parfois on se sent si seul
mais dans le fond tout le monde est seul
c’est pas con

comment tu t’appelles déjà
je sais plus je sais pas
ha si j’étais plus concentré
tout serait moins compliqué

comment tu t’appelles déjà
je sais plus je sais pas
comment tu t’appelles
comment tu t’appelles
surtout me rappelle pas
me rappelle pas

on est toujours le con de quelqu’un ?
pas moi, j’suis trop… bouché pour ça

janjacq

Aujourd’hui…

… 1 fois par MOI

fête « ses » un mois

avec le deuxième billet de Tto

Demain…

… 1 fois par MOI

a un mois

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