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Baisé par un gynéco devant une caméra

Vous avez lu le titre. Vous vous demandez pourquoi diable je vous parle de gynéco et si, par hasard, cela aurait quelque chose à voir avec mon souhait du mois. Vous attendez du croustillant, du sexe torride, une webcam branchée sur chatroulette à l’instant même où vous lisez ces lignes déversant des images d’un plan glauque avec un docteur de dernière zone.

En fait, « baisé par un gynéco devant une caméra » est juste un truc qu’un internaute a tapé sur google et qui l’a fait atterrir ici. Je trouve cette expression tellement belle et poétique que j’ai décidé de la faire mienne pour un jour. Pour un mois.

Faute d’avoir vécu cette expérience, je suis heureux que le mois que je viens de vivre s’achève enfin. Une chaudière en rade, des lavages à l’aide d’une bassine, un délestage de 2500 euros pour enrichir le chauffagiste, mon concubin notoire qui se lance dans le bloguisme avec passion, une collègue frappée d’une hémorragie interne absente pendant la majeure partie du mois, du travail comme s’il en pleuvait, des cours de théâtre au cours desquels je me cherche et la fièvre, le lit, le nez qui coule, les yeux qui piquent…

Ce n’est pourtant pas à cause de tout ça que je ne veux pas revivre le mois qui vient de s’écouler mais pour quelque chose qui m’a fait beaucoup plus mal.

Oui, au mois de septembre, je pense avoir perdu définitivement un ami… Et des vrais amis, je n’en ai pas des tonnes.

Je prends l’amitié très au sérieux. Parfois, je reste pourtant des semaines, voire des mois sans donner signe de vie. Je déteste cet aspect de moi, mais je ne peux pas le nier… Il existe.

J’ai par exemple cette amie très chère, Séraphine qui vit en Norvège avec son mari et ses enfants en ce moment:  le dernier message que nous nous sommes envoyés date du début août et la dernière fois que nous nous sommes vus furtivement, entre deux trains, date du mois de juin. Pourtant, je sais que peu importent les mois ou les années qui passent, je pense à elle et elle pense à moi. Je sais que si demain elle se trouvait en bas de chez moi, elle aurait juste à monter pour que nous reprenions la conversation juste à l’endroit où nous l’avions laissée il y a des mois. Je sais que si demain j’avais un problème, j’aurais juste à composer son numéro pour entendre une voix amie.

Je vois l’amitié comme un sentiment complètement désintéressé. Aimer l’autre pour ce qu’il est, le respecter, sans instinct de possession, sans jugement. Je vois l’amitié comme un sentiment d’appartenance à une même famille. Apparemment, tout le monde ne définit pas ce sentiment de la même façon…

Prenez cet ami là, celui dont je vous parle entre les lignes depuis le début de cette note. Nous nous sommes rencontrés il y a quelques années. J’étais en pleine phase de changement de vie, après huit ans passés avec la même personne. Lui était en phase de questionnement intense. Je l’ai certainement aidé dans ce questionnement, dans ce cheminement. Il était en couple depuis un certain nombre d’années et son mec de l’époque m’a détesté tout de suite, certainement parce que je ne suis jamais entré dans son jeu et parce qu’il sentait que notre rencontre sonnait le glas de sa relation avec celui dont il se pensait le mentor.

Un jour, mon ami m’a lancé qu’il me considérait comme son frère. Je suis fils unique. Cette déclaration m’a particulièrement touché. Je me suis senti investi d’une responsabilité et d’un sentiment inconditionnels. J’étais là pour lui et il était là pour moi. Nous éprouvions une complicité sur quasi tous les plans. C’était aussi simple que ça.

Puis, mon ami a rompu. Il a rencontré quelqu’un d’autre… Puis, j’ai rencontré mon petit Piero. Au fur et à mesure, il a cessé de m’inclure dans sa vie et de m’intégrer dans ses plans, tout en me reprochant d’être distant. J’ai feint de ne rien remarquer alors que je souffrais de cette attitude.

Je n’étais pas fan de son nouveau mec, certainement très gentil, très intelligent et tellement… Snob, hautain et donneur de leçons… Mon ami a endossé le costume du couple. Celui qui conduit certains à une abnégation de leur personnalité tout en épousant intégralement les goûts et les opinions de l’autre. Je ne lui ai pas dit que je ne me sentais pas bien avec son nouvel amour, parce que je ne m’en sentais pas le droit et par respect pour ses choix. De mois en mois, je me suis rendu compte que je n’étais plus fan de lui non plus.

Un jour, il m’a dit de but en blanc qu’il n’appréciait pas mon petit Piero. Un jugement sans appel rendu entre deux portes. Je crois que ça m’a fait mal.

Puis, au cours des mois qui ont suivi, il est devenu particulièrement dur à mon égard. Il n’arrêtait pas de suggérer que j’étais malheureux ou pas épanoui. Plutôt que de m’écouter, il me donnait son sentiment sur la manière dont, selon lui j’aurais dû conduire ma vie. Il prenait mal le fait que je ne suive pas systématiquement ses préconisations. Il citait souvent son couple en exemple pour m’indiquer que je n’étais pas sur le bon chemin. Je ne lui reconnaissais pas le droit de me dire comment vivre, qui aimer ou tout simplement de m’indiquer si je devais me sentir bien ou mal. Et pourtant je n’ai rien dit… Je ne lui ai jamais dit  par exemple que je n’aimais pas la personne avec laquelle il vivait quasi-quotidiennement. Pourquoi? Par peur de le perdre sans doute… Par peur de perdre le souvenir de ce que nous avions été.

Alors, j’ai fait des efforts. J’ai essayé de continuer à les voir tous les deux, j’ai fait semblant de ne pas voir qu’ils ne m’incluaient dans aucun projet, dans aucune soirée, j’ai feint de prendre comme une plaisanterie le fait que son nouvel amour me lance au détour d’une conversation, sans la connaître, que ma mère était un dictateur.

… Jusqu’à la semaine dernière.

Un commentaire de trop sur mon blog tourné contre la personne que j’aime. Le manque de respect encore une fois.

Un message me disant que j’avais mal compris la démarche a bien suivi.

J’ai lu. Je voulais répondre. J’étais en colère, je me suis dit que j’allais laisser reposer tout ça en moi. Et puis, j’ai décidé que j’en avais marre que l' »on » me dise que je comprenais mal ou que j’interprétais n’importe quoi. Que je sache, pour communiquer il faut un émetteur du message et un récepteur de ce message. Si le récepteur ne perçoit pas le bon message, c’est que l’émetteur a mal fait son boulot. That’s it.

Je ne répondrai pas à ce message. C’est fini. Sans doute définitivement.

Vous comprendrez aisément que, plutôt que de vivre ce mois là, j’aurais préféré me faire baiser par un gynéco devant une caméra…

Alors mon souhait pour le mois d’octobre et pour tous ceux qui suivront, c’est  juste de ne plus perdre aucun ami.

Madonna et Gwyneth

Ditom

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I get up again

Le six septembre n’est pas un six comme les autres. C’est le six de la nouvelle année. Un nouveau cartable, des nouveaux cahiers, de bonnes résolutions, l’espoir que tout va changer… Je vais bientôt rencontrer les petits camarades qui m’accompagneront pendant ma grande aventure de l’année… Mes cours de théâtre.

Pourtant, cette année encore, comme une vierge, je me lèverai matin après matin, trouvant l’énergie, je ne sais où d’affronter les gueules moches de mes collègues, les petites blagues de bureau qui m’affligent, les réflexions sarcastique d’une responsable sans doute mal baisée, les engueulades avec toi, mes propres paradoxes et mon inefficacité à tout résoudre.

Et comment croyez-vous que je la trouverai cette énergie ? Cette énergie je la trouverai dans l’espoir qu’un matin je me lèverai illuminé par une sagesse, un bien-être, une sérénité qui me feront me dire que je sais pourquoi j’ai fait tout ce chemin.

J’ai l’espoir qu’un jour je ne serai plus déprimé en lisant ces blogueurs qui n’attendent rien de plus de la vie que d’acheter un nouvel iPhone ou de participer à la prochaine Sunday Marcel. J’ai l’espoir qu’un jour je ne serai plus déprimé par tous ces gens interchangeables qui gueulent contre Sarkozy et Woerth sans savoir pourquoi, juste pour se sentir moins seuls, juste pour être comme les autres. J’ai l’espoir qu’un jour je verrai ce que mes yeux ne peuvent pas encore voir, le véritable sens de tout ça. J’ai l’espoir qu’un jour les gens que j’aime seront heureux et épanouis. J’ai l’espoir qu’un jour j’aurai plein de bonnes choses en moi. J’ai l’espoir qu’un jour je saurai enfin après quoi je cours.

Mon souhait du mois c’est juste de continuer à avoir l’énergie de penser que ce jour arrivera. Parce qu’il arrivera.

Madonna – Over and Over

Ditom

Monogrammé

C’est bizarre d’aspirer à l’uniformité, non?

Les touristes fréquentent tous les mêmes restos. Les milanaises portent toutes le même sac Vuitton, contrefait ou non. Les mémères et les pépères résidents des hôtels chics des bords du lac de Côme ont tous le même conjoint avec un gros cul. Les petits frimeurs de Rome se parent tous des mêmes lunettes de soleil et de la même barbe de trois jours. Les pimbêches des aéroports trimballent toutes la même valise à quatre roues motrices. Les parisiens qui se croient jeunes et in the wind ont tous un iPhone et portent tous le même casque sur les oreilles. Les vedettes de la chanson pensent toutes qu’elles peuvent être Madonna. Les gens des magazines sont tous parfaits, sans ride et sans une couille ou un sein qui dépasse. Les jeunes cadres du bureau se déplacent tous dans les couloirs en plein mois d’août avec des dossiers à la main pour laisser à penser qu’ils travaillent. Les bobos parisiennes veulent toutes leur premier enfant à trente ans.  Les pédés parisiens portent tous des tee-shirts moulants sur un bronzage de cabine d’UV pour sortir en boîte et se défoncer le samedi soir. Les chanteuses pop françaises trouvent toutes que la guerre c’est pas bien et que l’amour c’est mieux. Les chanteurs pop français veulent tous se taper une blonde à gros nibards mannequin pour La Redoute…

Quoi? Je ne vous entends pas.

Ah… Je généralise? Oui, parfaitement je généralise. Comme ces beaufs qui nous regardaient de travers cet été à l’hôtel parce que deux petits pédés dans un hôtel chic et familial ça fait tâche.

Je n’ai jamais compris le concept de « normalité ». Quand on connait ma mère on peut être tenté de penser que c’est une question d’éducation. J’ai du mal à définir le stéréotype auquel j’appartiens… Il doit bien exister! Help!

Moi aussi je veux être monogrammé, moi aussi je veux être photoshopé à mort, moi aussi je veux être lisse comme un bébé, moi aussi je veux être pareil. Ce serait tellement beau un monde sans aspérité, un monde sans individualité, un monde dans lequel tout le monde se ressemblerait.

D’ici au mois prochain, je veux incarner un stéréotype.

C’était crédible?

Non?

C’est ce que je pense aussi.

Vive l’individualité, vive la vieillesse, vive la sagesse, vive la différence.

Make your own music, start your own dance.

Ditom

I go round and round just like a circle…

Chaque mois je me le dis: qu’est-ce que c’est casse-gueule et inintéressant d’être obligé de formuler un souhait par mois… Rien qu’un. Mais un tout de même.

Je tourne la tête et je me rends compte que j’ai tout… Des ordinateurs, un iPhone, un mec dans mon lit, des amis que je chéris, des vacances en Italie, des parents qui m’aiment, une chemise sur-mesure à carreaux rouges, un boulot intéressant, un caramel macchiato glacé sur la table,  le plus beau chat du monde qui me fait l’honneur de m’accueillir chez lui…

Et pourtant je ressens un vide incommensurable. Parce que je ne sais pas pourquoi je suis là, ici… Ce que je suis censé faire dans le Monde. Alors je tourne et je tourne et je retourne comme si la vie était un cercle continu qui me ramenait toujours au même endroit.

J’ai déjà vécu cette journée, j’ai déjà vécu cette soirée, j’ai déjà vécu cette rencontre, j’ai déjà vécu ce week-end, j’ai déjà participé à cette conversation, j’ai déjà dit toutes ces choses, j’ai déjà lu cet article… Que n’ai-je déjà fait?

J’ai déjà vu cette Loana à gros seins et sans QI avant Dilemme.

J’ai déjà entendu les chansons de Lady G dans les années 80 interprétées dignement par Sabrina ou Samantha Fox.

J’ai déjà constaté le conformisme de la société française dont le cœur s’arrête de battre un mois tous les quatre ans pour un ballon rond.

J’ai déjà touché du doigt la misère de celui pour lequel le monde entier s’écroule lorsqu’un joueur de football donne « le mauvais exemple », comme si TITI ou Gourcuff étaient des maîtres à penser.

J’ai déjà vu les politiques jouer leur rôle de manière théâtrale, l’eau sur les joues et l’indignation sur le front.

J’ai déjà entendu parler de présidents de la république dont la cote de popularité était tellement basse que l’on pouvait se demander quel français il représentait encore.

J’ai déjà vu les journalistes s’acharner sur un ministre pour vendre du papier sous prétexte de démocratie.

J’ai déjà acheté un CD de Kylie.

Alors quoi? Qu’est-ce que je pourrais bien vouloir encore?

Juste que l’image s’éclaircisse.

Qu’au lieu de chercher je trouve.

Qu’au lieu de tourner j’avance.

Qu’au lieu de tourner j’avance main dans la main avec TOI.

I can see a clearer picture when I touch the ground I come full circle to my place and I am Home… I am Home.

Madonna - Easy Ride

Ditom

Il faut que tu respires

Le mois dernier je voulais être la plus belle pour aller danser. Tout ce que j’ai réussi à être pendant le mois de mai, c’est la plus vieille, la plus conne, la plus moche et la plus occupée.

Bon, qu’on soit clair, j’aime beaucoup mon job. Mais là je n’en peux plus. Je n’arrive plus à me lever le matin. Tout le monde est dans mon bureau au téléphone, dehors, dedans, autour pour m’en demander toujours plus… Mais je n’ai que deux mains, un corps et une moitié de cerveau… Alors c’est difficile.

J’aime beaucoup mon appartement… Mais depuis les travaux du mois dernier, mon électricien ne me lâche plus la grappe. Il a des problèmes. Il me prend pour quelqu’un de sa famille juste parce que j’ai des origines juives. Mais je ne suis pas psy pour électricien. Je peux tout juste conseiller les blondes qui s’en font pour leur look.

Ajoutez à ça le fait que l’un de mes amis les plus chers m’a annoncé une nouvelle qui m’a fait l’effet d’une bombe… Et que je m’inquiète un peu beaucoup passionnément à la folie… Et vous obtenez un Ditom sur le point d’exploser.

N’y voyez surtout pas une référence à Diam’s et à son coeur de bombe, j’ai horreur des lesbiennes qui ne s’assument pas.

Cerise sur le gâteau, je vous ai oubliés… Hein? Quoi? Oui, oubliés, purement et simplement. Nous sommes le 6 dans dix minutes… Et je suis tout juste en train de vous écrire des trucs sur ma vie qui ne vous intéressent pas le moins du monde. Arrêtez de faire cette moue gênée, je sais que c’est vrai. Les problèmes des autres sont inintéressants. Ce qui l’est plus, ce sont les solutions. Mais je n’ai pas les clés.

Bon, il ne faut pas dramatiser hein… Si Kylie revient et que Lady Gaga fait du succès avec Alejandro, une obscure cover d’Ace of base, c’est la preuve que dans notre monde tout reste possible, non?

Bref, mon souhait pour le mois de juin, c’est de me reposer un peu, d’être un peu plus heureux, de m’engueuler moins avec celui qui partage mon lit (une fois tous les deux jours ça me permettrait au moins de passer quinze bonnes nuits par mois…) et d’avoir la disponibilité d’esprit pour m’intéresser à nouveau au monde qui m’entoure.

Au mois de juin, JE VEUX RESPIRER!

Words are useless, especially sentences, they don’t stand for anything… How could they explain how I feel?

Madonna - Bedtime story

Ditom

La plus belle pour aller danser

Quand je relis ma note du mois d’avril, je me dégoûte. Cette note est aussi manichéenne qu’une chanson de Zazie, la reine du premier degré. Au mois d’avril, j’ai gâché mon temps, au mois d’avril j’ai remis à plus tard, au mois d’avril, je me suis laissé dépasser par les évènements.

Et je me sens vraiment idiot de m’être défié à ce point. Comme si un mois, un seul petit mois suffisait pour changer des comportements gravés en moi sagement et profondément pendant les trente -quatre précédentes années.

Je change à mon rythme. Peut-être ne voyez-vous rien… Moi,  je le sens.

Au mois d’avril, je me suis adapté sans broncher à ce nuage, à ces grèves de train et à ces presque trois mille kilomètres d’intimité avec celle qui m’a fait et qui a maintenant autant besoin de moi que j’ai pu avoir besoin d’elle, tout ça pour aller me rouler dans la suave odeur de l’Espagne.

Au mois d’avril, j’ai souffert sans défaillir à l’annonce de ce nouvel attentat manqué, à cette parodie insipide de VOGUE dans une obscure série aux relents de star academy, à ces amis donneurs de leçons qui me veulent du bien en tentant de m’imposer leur vision de ma vie. Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Ils restent mes amis, mais personne ne décidera de ma vie à ma place. Certains enjeux sont trop importants pour être sous-traités.

Au mois d’avril, j’ai survécu à la tempête blonde qui s’est abattue sur mon bureau avec ses fautes d’orthographe, son travail brouillon et ses conclusions à l’emporte-pièces. Elle non d’ailleurs… Un rhume l’a emportée au loin, me laissant seul à bord, maître de ma destinée.

Au mois d’avril, je me suis rendu à l’évidence : je suis un pédé stéréotypé qui hurle « jackyyyyyyyy » et « hou la menteuuuuuuuuse » devant une vieille fumeuse à l’Olympia, les yeux embués par l’émotion. Je suis aussi une folle sur le retour qui applaudit à tout rompre lorsque Mika déploie son drapeau rose « Billy Brown fell in love with another man » à Bercy au milieu d’un champ d’appareils dentaires et de boutons purulents habilement dissimulés derrière du fond de teint bon marché.

Tout compte fait, mon souhait d’avril ne s’est pas réalisé et pourtant je n’ai pas passé un si mauvais mois… Je m’accepte un peu plus de semaine en semaine.

Pourtant, à l’avenir, je le saurai : à l’impossible nul n’est tenu. Mes souhaits s’en tiendront au niveau possible des choses. Je ne suis pas un grand fan de la spirale de l’échec.

Alors au mois de mai, mon vœu sera beaucoup plus simple et surtout beaucoup plus humble:  je veux juste être la plus belle pour aller danser, celle qui évincera toutes celles que tu as aimées. Tout ça devrait être facile, non ?

Comment ça prétentieux ? Moi ?

Non, vous ne comprenez pas… Peu importe si certains sont plus grands, plus bruns, portent mieux le costume et la culotte, ont un style plus étudié, sont plus cultivés, je veux être un MOI spécial et fabuleux.

Et si vous essayiez aussi ? Bon, ce ne sera pas facile pour tout le monde hein…  Whitney et Lady Gaga risquent d’avoir un peu de mal… C’est ce qu’on appelle la sélection naturelle (j’ai dit une connerie ?)

Je suis sûr que nous passerons ensemble un excellent mois. Vous pariez ?

Madonna - Interview mai 2010

Ditom

Tic Tac, Tic Tac, Tic Tac

Vous vous souvenez de mon souhait du mois de mars?

Non?????

Je vous avoue que je suis affreusement déçu. Mais c’est la guerre ici. Plein de gens talentueux sont venus s’installer pour pondre une fois dans le mois un œuf plus beau qu’une boule à facettes en cristal de chez Swarovski et je dois me battre pour exister un peu.
Alors vous allez suivre ce lien et vous souvenir que mon énergie a été employée tout ce mois à réaliser un seul but: arrêter de m’excuser de vivre…
Et je suis très fier de vous annoncer qu’en mars, le mot « désolé » n’est sorti de ma bouche que lorsque j’ai bousculé quelqu’un dans les transports. Je suis devenu une vraie peste grâce à vous. Et je me sens d’un léger…

Enfin pas si léger que ça non plus. Et j’interdis à quiconque de penser que j’ai pris un gramme… Même si je me suis fait dire il y a quelques heures que mon fessier avait perdu quelque peu sa tonicité… Non, je ne me sens pas léger parce que j’ai réalisé tout au long de ce mois de mars que se battre contre le temps était inutile.

Sarkozy court après les réformes et cherche l’admiration du Monde…
Résultat, la France est un énorme chantier malheureux et sans espoir tangible et la cote de popularité du Président est à trente pour cent.

Madonna enchaîne les tournées mondiales avant d’être trop rouillée pour écarter les jambes, d’être trop essoufflée pour arpenter le monde…
Résultat, ses concerts sont loin de se remplir aussi vite que ceux de lady caca, elle sort avec un mec de vingt-trois ans aux yeux de teckel et à la bouche ouverte. En plus, elle écrit un truc avec le mari de Cathy Guetta…

Mon père a soixante-treize ans dans deux mois.
Résultat, il reste hébété sur son canapé à se gaver de TF1 en n’attendant plus rien, il ne croit plus en rien, il ne sert plus à rien.

Ricky Martin n’assume plus l’écart entre sa sérénité intérieure et son image publique qui l’oblige à faire des duos de merde avec M. Pokora pour faire mouiller les pré-pubères… Résultat, il annonce en grandes pompes qu’il est un homosexuel heureux flanqué de jumeaux, d’un mari, d’un chien et d’un abonnement à télé7 jours.

Séraphine m’annonce qu’Elias et elle ont des problèmes de couple, qu’elle est malheureuse, qu’elle a vécu un accident de voiture abominable qui a failli lui coûter la vie, qu’elle devient une desperate housewife qui écoute ses voisines parler du prix des choux fleurs en Ecosse et qu’ils s’en iront dès juillet vivre en Norvège dans un village qui devrait complètement tuer sa curiosité culturelle et intellectuelle.
Résultat, je n’aurai pas été témoin de sa vie en Écosse, je n’ai pas été là pour elle pendant cette période de merde, je ne fais plus vraiment partie de sa vie.

Pendant tout l’hiver je suis sorti du boulot entre vingt heures et vingt heures trente, j’ai animé des formations à ne plus savoir qu’en faire pour payer la remise en électricité de mon appart’, j’ai rêvé à une nouvelle déco, je me suis engueulé avec tout le monde parce que ce monde n’a pas compris que je sois moins disponible et que je lui accorde moins de temps, j’ai fourré mon nez dans la fourrure de mon Titi pour respirer l’odeur du foyer qui me rassure, j’ai couru dans le métro jusqu’à l’épuisement, je n’ai eu le courage de lire que peu de livres, je n’ai pas vu assez de pièces de théâtre, assez de films, j’ai loupé toutes les expos…
Résultat, j’ai avancé professionnellement, j’ai avancé administrativement, j’ai pris en mains les problèmes liés à mon appartement… Et pourtant j’ai tellement l’impression d’avoir fait du sur-place, de me retrouver seul face à moi-même, d’avoir laissé le temps filer entre mes doigts, d’avoir négligé tout le monde…

Je le sais, le temps est un luxe au-dessus de mes moyens.
Au mois d’avril, je ne veux plus reporter à plus tard les choses importantes pour moi. Au mois d’avril, je veux que tu saches que tu es important pour moi. Au mois d’avril, je veux construire les fondations des réussites qui m’importent. Au mois d’avril, je veux cesser de gâcher mon temps.

If you wait too long it’ll be too late.
LET’S GO!

Madonna get stupid

Ditom

Don’t say you’re sorry…

En février je ne voulais plus entendre parler de Lady Gaga…

Laissez-moi vous dire que mon expérience sur ce blog commence très très mal car je n’ai pas été exaucé… A terme, mon courroux risque d’être énorme… Peu importe. Je persiste en essayant de comprendre blogueurs et journaleux qui ont fait leurs gros titres des déclarations fracassantes de Lady connasse qui a « avoué » vouloir fonder une famille un jour en posant seins nus… Si ça ce n’est pas une news importante, je me demande ce qui peut bien l’être…
J’avoue donc ne pas avoir trop goûté ce mois de février. Parce qu’en plus du maquillage de Lady Gaga, l’autre événement incontournable du mois, les JO de Vancouver, a donné lieu à une déferlante médiatique homophobe telle que je n’en avais pas connu depuis le débat sur le PACS en 98.
Entre des commentateurs sportifs canadiens choqués par l’attitude efféminée du patineur Johnny Weir réclamant un test hormonal poussé pour déterminer s’il s’agissait bien d’un mâle et Brian Joubert déclarant militer pour un patinage viril parce qu’il ne veut passer ni pour une tata, ni pour une chochotte, la connerie semble avoir atteint de nouveaux sommets.

J’ai une nouvelle pour vous:
nos couilles sont aussi grosses, belles et en état de marche que les vôtres messieurs les arriérés.

Mais comme un record de connerie est toujours dépassable, Gilles Lellouche, obscur comédien que vous ne connaissiez pas et moi non plus, et Robert Ménard, président beauf de médecins sans frontières, invités sur Paris Première à débattre aux côtés de Christine Boutin du film éducatif contre l’homophobie proposé par le ministère de l’éducation « le poisson et la lune » ont, pour le premier, comparé l’homosexualité à de la pornographie, et pour le second, affirmé que le dessin animé en question constituait une incitation à « devenir » homosexuel… Comme s’il s’agissait d’un choix d’orientation scolaire.

Personnellement, je ne l’ai pas vécu vraiment comme ça, mais je suis peut-être un cas isolé…

Ajoutons aussi un soupçon d’antisémitisme de George Frèche à l’endroit de Laurent Fabius,  pour compléter le tableau d’un mois riche en débilité. De quoi se demander s’il y a aujourd’hui une place en France pour un discours construit un tant soit peu objectif et argumenté sur la haine de l’autre.
Je ne sais pas… Par exemple un discours qui pourrait nous reposer de propos insipides, clientélistes et moralisateurs du style « chansons de Zazie » : « la guerre c’est vulgaire, la pollution c’est con », mais moins viscéral que la bible greffée dans le cerveau de Christine Boutin.

Du coup, j’ai décidé de m’en foutre.

Parce que pour Thomas Hobes « l’Homme est un loup pour l’Homme » et que pour Rousseau, le Contrat social n’a jamais été basé sur l’acceptation de l’autre mais l’adhésion à un pacte garantissant la paix entre les individus, je ne cherche plus l’approbation de l’autre mais je lui impose de me respecter.

Mon souhait pour le moi(s) de MARS est donc le suivant:
que personne n’entende le mot « désolé  » sortir de ma bouche.

Au mois de mars, je ne m’excuserai plus d’être gay, d’être petit, d’avoir des ancêtres juifs, d’être châtain, d’écouter Madonna tous les matins, de singer une danse égyptienne au son des Bangles, de regarder des trucs débiles à la télé, de porter des jeans G-Star qui mettent mon cul en valeur, de ne pas supporter le poids du monde sur mes épaules, de ne pas appeler ma mère plus souvent, de ne pas être superman dans mon job, d’être trop sérieux, de ne pas donner de signe de vie régulier à mes amis, d’en vouloir pour mon argent quand je paie un truc…
Quand on sait que parfois j’arrive à m’excuser de deux choses dans une phrase composée d’un seul sujet, d’un seul verbe et d’un seul complément (eh oui, je suis merveilleux !), on se rend compte que ce sera difficile. Mais j’aime les défis…

Vous saurez le 6 du mois prochain si j’ai exaucé mon souhait du mois pour moi.
Un peu de patience…

I can’t take it anymore.

Don't speak

Ditom

Un souhait par moi(s)

Que ma première phrase écrite dans cette nouvelle aventure soit celle du remerciement: oui, je commence par adresser un grand merci à Tto pour ce nouvel espace que j’occuperai une fois par mois. Quelle idée d’exhumer un has been du blog comme moi pour rempiler!?! Je vous accompagnerai donc désormais le six de chaque mois («  ne zappez paaaaaaas! »).

J’avais oublié combien il était difficile de démarrer un nouveau projet bloguesque (bloguique?). Bah oui, je suis un peu rouillé et depuis la semaine dernière c’est le branle-bas de combat dans ma tête. Et ça fait presque (je dis bien presque) aussi mal que de se casser un ongle (l’aspect esthétique mis à part, bien sûr)!!!!!!

Par exemple il y a le cri du cœur… Celui qui vous fait hurler dans le métro: « Au secouuuuuuuuuuuuurs, quelle ligne éditoriale vais-je adopter????? » pendant que la collégienne assise en face vous regarde en pensant un truc du style « non mais j’t’assure il est grave le vieux en face » en levant les yeux au ciel…

Et puis les questions tournent dans ma tête… Vais-je parler de moi? Vais-je parler des autres? Vais-je écrire des choses intelligentes ou aussi insipides et bêtes que les inepties que je ponds dans des rapports et des guides qui ne sont lus par personne? Vais-je sombrer dans la médiocrité vulgaire pour avoir une chance de surnager parmi les pontes du blog qui s’expriment un peu partout???

Alors je me motive en me disant que je vais sélectionner des sujets plus intéressants les uns que les autres du type : « pourquoi il ne plie jamais correctement ses affaires dans l’armoire » – excuse-moi mon chéri, mais il fallait que ça sorte – ou « comment obtenir le cadeau dont vous rêvez à la saint Valentin » – non, je ne pense pas à une soirée tout seul avec Robert Pattinson, au cas où vous auriez des doutes…

Et là, vous constatez tout de suite que j’en ai des choses intéressantes et intelligentes à dire… Comment ça non???

Bref, je ressens une réelle pression en démarrant sur ce blog collaboratif. Au départ, j’avais écrit un truc sur un pet (toujours glamour forcément)… Et puis finalement je me suis dit que placer mon premier mois à moi sous le signe du pet serait déshonorant, même pour moi qui, franchement, en ai vu beaucoup d’autres… Je vais vous laisser le temps de me connaître un peu avant d’attaquer les sujets difficiles…

Et c’est là que je l’ai trouvée ma ligne éditoriale: je vais faire ici un souhait par moi(s)… J’adore les souhaits. Et je suis sûr que tout ce que j’écrirai ici va se réaliser – on donne toujours raison à ses croyances, non?

Alors mon souhait pour ce mois de février sera assez simple:

je veux passer un mois sans entendre parler de Lady Gaga!

Pleaaaaaaaaaaaaaase! Je vais sans doute me faire lyncher par quelques homosexuels (bouh bouh bouh!) qui traineront ici… En même temps, son public gay elle l’a gagné à la sueur de son poignet… Elle est tellement subtile en plaçant le mot « gay » dans chaque proposition de chaque phrase pour faire comprendre même aux plus limités d’entre nous, c’est à dire ceux qui n’auraient pas capté les signaux lancés désespérément par son look outrancier et ses chansons à texte, qu’elle VEUT être aimée par les hommes qui aiment les hommes… Et n’y voyez surtout pas un quelconque acte militant pour l’égalité de droits. Avoir le soutien de toute une communauté aux Etats-Unis au 21ème siècle, ça permet de continuer à exister lorsqu’on traverse des périodes de vaches maigres… C’est ce qu’on appelle du positionnement marketing… Pas de la sincérité.

C’est un peu pareil en France d’ailleurs. Il n’y a qu’à assister à un gala de Jeanne Mas, Lio ou Julie Piétri pour s’en convaincre!

Bref, Lady Gaga m’énerve, vous l’aurez compris… Mais finalement ce qui m’énerve le plus ce n’est pas elle mais ce qu’elle représente, tant, pour moi, elle est un sous-produit de la culture américaine bling-bling s’abritant derrière un discours pseudo-politiquement incorrect fashiono-geek. On la compare souvent à Madonna… Ce qu’on oublie et c’est sans doute un effet générationnel, c’est qu’avant de devenir une machine à fric, l’image de Madonna était profondément humaine: une petite italo-américaine qui devient une star planétaire avec ses qualités, ses défauts et ses excès. Lady gaga, son look sanguinolant et son absence de discours représentent le triomphe du vide et du tape à l’oeil. Lady Gaga est un produit charismatique, certes, dont les morceaux ne se singularisent en rien de ceux des autres bimbos actuelles et qui s’auto-proclame reine du monde après à peine un album et demi.


Après coup, peut-être aurait-il mieux valu que j’écrive une note sur le pet, non? Au moins je n’aurais pas eu l’air d’un vieux con…

Au « moi » prochain!

Ditom

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