(avec Cantien)

O bella ciao, bella ciao, ciao, ciao, ciao


Brunaneve e i Sette Nanerottoli

Auteur: Calliste
Traducteur: Cantien
Assistant technique: JjQ
Date: 31 mai 2010
Catégorie: 7 moi par fois
Texte intégral


Brune Neige et les Sept Nabots
d’après les frères Jacob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859) Grimm

Il était une fois une république bananière située sur les rives de l’Atlantique et sur le territoire de laquelle ne poussait plus un seul bananier depuis qu’un horrible despote boiteux, jaloux et cupide avait délocalisé toutes les plantations vers des pays imbéciles où jamais il ne pleut, ce qui ne profitait pas aux bananes non plus.

Il était la même fois une riche princesse aux caprices de laquelle le despote jaloux, cupide et boiteux ne savait plus trop comment répondre. Cette jeune personne avait une fâcheuse tendance à la… nymphomanie, puisqu’il faut bien appeler les choses par leur nom, et il semblait qu’elle se satisfasse de moins en moins de l’auguste braquemart dont il l’honorait pourtant quotidiennement entre deux appels téléphoniques passés à ses bons amis algeco (de chantier), (bons) bécots (de Russie) ou (hue !) 胡锦涛, les autres maitres du monde, avec après lui bien sûr!
Fort heureusement, elle ne supportait pas le soleil, elle lui préférait l’ombre des cabinets. Quand elle était toute petite, c’est là que ses parents l’enfermaient souvent déjà, surtout quand elle voyait des brigades rouges partout. Comme d’autres voient des nains!
Mister President (notre despote aimait bien qu’on lui donne du Mister President encore qu’il ait nourri bien d’autres ambitions) n’acceptait lui de n’être entouré que de gens de petite taille, si possible non-comprenant de surcroit. Des nains, voilà ce qu’il fallait pour… protéger sa grande gigue de dulcinée de ses tourments, et de ses tentations.

Il était alors une bande de joyeux drilles, sept pour ne pas les compter, un pour chaque jour de la semaine, que le despote cupide, boiteux et jaloux avait chargés de bien s’occuper de sa princesse pour qu’elle ne soit pas tentée d’aller voir au-dehors s’il y était. Ils formaient sa garde rapprochée, et ces sept drilles avaient ceci en commun de particulier à ses yeux: ils étaient tous des… nabots, de sacrés et d’horrifiques nabots!

Non ami lecteur, l’histoire qu’on vous conte ici ne se passe pas aux fins fonds de l’Afrique, chez des bushmen ou des pygmées, comme on pourrait vous le faire accroire. Mais notre république bananière, en ces temps immémoriaux-là, n’était majoritairement peuplée que d’ilotes patelins, obséquieux et laudateurs que leur attitude caudataire et rampante faisaient paraître encore plus petits que leur chef élu haut la main et en cela vénéré. On s’est laissé dire qu’ils s’appelaient entre eux des françois et qu’ils n’étaient pas peu fiers de leur identité. Comme quoi il faut de tout pour faire un monde!

De tous les nabots choisis pour encadrer la princesse, un seul peut-être était réellement d’une taille inférieure à celle du grand petit despote, guère plus haut qu’un moucheron à vrai dire. Il avait pourtant la folle ambition de devenir calife à la place du calife. Mais ceci est une autre histoire du temps jadis qu’on peut (2012? 2017?).

Il était une autre fois, dans des ailleurs outre-océan et dans un temps futur, un réalisateur de cinématographe que cette tranche de l’histoire de la république bananière intriguait et passionnait. Il voulait à tout prix la mettre en scène, d’autant que tous les françois qui souscrivaient à cette idée se précipiteraient en famille dans les salles obscures.
Déjà, il tenait le titre de son grand œuvre. Ce serait Piccolo, reed pipe and Co (en VO), qu’on pourrait traduire par Piccolo, flutiau et compagnie (en VF). Les françois ont beau avoir la mémoire courte, comment pourraient-ils jamais oublier combien ils s’étaient fait pipeauter alors?
Il tenait aussi l’affiche du film.

Piccolo, flûtiau et compagnie

On fit pourtant remarquer à notre homme (son nom? Val Dix-Nez, mais nous ne vous garantissons ni l’orthographe ni la prononciation, l’anglais et nous!), on lui fit donc aimablement remarquer que si le succès hexagonal était garanti, à l’international il lui fallait quelque chose et quelqu’un de plus porteurs qu’un mirliton ou que Manet.
Le projet de Brunaneve e i Sette Nanerottoli prit alors corps. Mais le casting devait être irréprochable.
Jugez-en plutôt. Le voici.
ooooooooooooooooooo

Dans le rôle titre

Brunaneve

Elle aimerait tant qu’on ne l’appelle plus que la Prima Donna

Madame la Présidente…
Vous pouvez m’appeler Brunaneve, vous savez.
Merci Madame la Présidente… Comment avez-vous rencontré Mister President?
Piccolo et moi avons été invités à diner par un ami commun. Il vend des montres, des Timex je crois, il vend aussi du vent. C’était une soirée décontracté. Tout le monde était en blue-jeans. A l’apéro, je suis allée dans la salle à manger pour essayer de savoir à côté de qui on m’avait placée. Sur la chaise près de la mienne on avait posé deux bottins, et sur le carton près du mien il y avait un nom à particule que je ne connaissais pas, pas de prénom, j’étais un peu inquiète. Au moment de passer à table, je me suis rendue compte que j’avais bien affaire à une particule qui a eu un mal fou pour grimper s’asseoir sur les annuaires. Je n’ai pas osé l’aider.
Ça été le coup de foudre?
Oui et non. Il avait envie de parler. Il venait de rompre, ou il était en train de rompre. Il a quitté la table plusieurs fois pour aller téléphoner tranquillement dans le salon. J’ai eu l’impression que des pourparlers étaient en cours avec sa future ex mais il ne m’en a rien dit. Moi je l’encourageais, je lui ai avoué que j’avais plusieurs conjoints. Il m’a répondu: moi aussi! Je lui ai confié que j’étais plutôt du genre polygame. Il m’a répondu: moi aussi! Que j’avais un fils. Il m’a répondu: moi aussi, j’en ai trois… comme papa! Et il a ri. J’ai ri aussi.
Vous  étiez sous le charme?
Oui et non. Je vous ai dit qu’il s’était levé plusieurs fois. A chaque fois il a eu un peu de mal à remonter sur sa chaise. Moi je l’observais. Les blue-jeans l’avantagent plus que ses habituels costards et ce que je voyais était vraiment prometteur. Je me suis pensé: ma grande, il faut que tu vérifies que ce qu’on dit des nabots est vrai. Et puis il y a au moins trois jours que tu n’as pas fait crac-crac. Alors j’ai appelé ma frangine. Vous la connaissez? Elle fait aussi du cinéma…
Oui, oui, et elle met en scène aussi?
J’y ai dit: petite sœur, faut que tu me laisses l’appart. Je suis sur un coup et on ne peut pas aller chez lui. Alors, on est allé chez ma frangine. Piccolo était de plus en plus amoureux et pressant. Pour un peu j’ai bien cru qu’on faisait notre affaire dans l’ascenseur. C’est souvent comme ça avec les hommes politiques. C’est pour cela que je préfère les artistes en général, et les chanteurs en particulier, mais vous le savez bien, je suis certaine que vous seriez capable de me les énumérer tous mieux que moi. J’aime bien les groupes de rock, ils ont même des filles maintenant, on se complète super, on peut faire de jolis assemblages…
Et Mister President?
Oh lui! Vous n’écrivez pas ça, hein?
… il est vraiment monté comme un âne vous savez. Ou comme un nain, hi hi. Bon, question éjaculation, il serait plutôt du genre précoce, mais comme il met des heures à débander, hi hi, on ne va pas le lui reprocher, sinon qu’on fait dans le mouillé et le glissant. Faut aimer. Moi j’aime bien…

Quand vous a-t-il demandée en mariage?
Vous n’allez pas me croire: le matin même, au p’tit déj. Je me suis dit: ma fille, il en veut à ton fric. Alors je n’étais pas très chaude. Ça vous pouvez l’écrire: Brunaneve n’était pas très chaude! Pour une fois! Mais j’ai répondu oui.
Le matin même?
Ben oui. C’est quand il m’a dit que nous serions invités chez la Reine d’Angleterre. Vous vous rendez compte, aller chez la Reine d’Angleterre. J’ai toujours rêvé de prendre le thé avec la Reine d’Angleterre…
… et on l’a fait!

Puis-je vous poser une question indiscrète?
Indiscrète? Hi hi… indiscrète!
Dans votre chanson Le Toi du Moi, Toi c’est Mister President?
Oui et non. Je devrais vous répondre: oui bien sûr, après tout ce ne serait mensonger que par omission. En fait, Toi c’est una moltitudine di uomini, la foule des hommes qui m’ont aimée… et que j’ai jetés… ad ogni Tu un uomo differente… vous comprenez?
Merci Madame la Présidente.

Sa réplique culte dans le film:
Y a quelqu’un qui m’a dit: casse-toi pôv’ conne!

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Dans le rôle de la Belle Empaillée

Carlota

Si Mister President savait…

Brunaneve et Mister President, à moins que ce ne soit l’inverse, ont été modestement mariés par le maire communiste du XIXe arrondissement et leur couple est placé sous le régime de la communauté réduite aux acquêts.
Pas de contrat. Pas de coup de canif dans le contrat. Et vogue la galère.
C’est du moins ce que croyait l’ingénue et douce enfant, mais il lui a fallu déchanter. Mister President, tout Piccolo qu’il soit, et avec tous les attributs (de la charge) qui vont avec, s’est vite rendu compte, « c’est qu’elle a le feu au cul la salope!« , qu’il n’y arriverait pas tout seul, et que sa chère et tendre irait inévitablement courir le guilledou. Il ne pouvait prendre le risque de voir les frasques réelles ou supposées de l’épousée faire la une des magazines et d’avoir à batailler pour sa prochaine réélection. Il devait mettre le holà tout de suite et c’est son conseiller non officiel, nabot lui-même, mais que nous ne nommerons pas, ça lui ferait de la pub, vous aurez reconnu cet homophobe convaincu, fils de dentiste polonais ashkenaze à qui son père aurait bien fait de raboter les canines, ce fossoyeur -il s’en fallut de peu- de journal « du soir » qui paraît l’après-midi et qui est daté du lendemain, ce pourfendeur de philosophes ou de journalistes parisiens, ce… c’est donc son conseiller « si particulier » qui lui a soufflé l’idée des sept nabots.

Au début, Brunaneve a trouvé ça marrant. Et puis un peu moins marrant quand elle s’est vue prisonnière de la plus haute tour du castel. Et puis plus marrant du tout quand elle s’est rendue compte que son barbon (comment, Mister President n’a que cinquante-cinq ans? on peut être un vieux con à cinquante-cinq ans, se disait-elle) faisait tremper sa soupe dans d’autres pots, et des bien jeunes, et des bien tendres (si vous croyez que c’est tendre une karatéka…!?). Tandis que elle…
Elle a alors prétexté un besoin de guitare, de musique, de ritournelle pour faire venir au Palais quelque parolier, quelque compositeur, quelque preneur de son -par devant, par derrière, tristement comme toujours- et c’est ainsi qu’IL est entré dans sa vie, tout de bleu vêtu, et qu’ils se sont tout de suite entendus. Enfin, en tendant l’oreille, parce que ni LUI ni elle ne la poussait bien haut la chansonnette. Et depuis, tout baigne.

Elle accompagne Mister President jusques en Chine (Shanghai, c’est bien en Chine?), ils vont ensemble souper chez Michèle et… et… (comment s’appelle-t-il déjà son mari?), elle prend des poses de Première Dame en se moquant bien des quolibets et des lazzi, elle voudrait bien vous y voir à sa place. Dans ses bagages, il est bien discret (le) Prince Charmant, jamais une jérémiade, jamais un mot plus haut que l’autre. Entre eux, ils ont un petit secret. Vous ne le répèterez à personne, n’est-ce pas? Il la surnomme tendrement Carlota, c’est le diminutif que lui donnait autrefois son grand-père qui n’est plus, quand elle était petite et qu’ils passaient en famille leurs vacances dans les Pouilles. Ça lui rappelle de bons souvenirs du temps d’avant, d’avant les brigades, d’avant la mafia, d’avant la fuite éperdue vers les bananiers des bords de l’Atlantique, qui ne sont plus, non plus, depuis la mondialisation…
Il est bien gentil (le) Prince Charmant, il est bien mignon (le) Prince Charmant, si touchant, si attachant, si aimant… si bien qu’en attendant de voir son non-contrat à durée déterminée (NCDD) se terminer, Brunaneve (se) le fait discrètement suivre partout.

Nous ne vous avons rien dit!

Sa réplique cultissime dans le film, « the » réplique de chez réplique:
Putain, deux ans!


Dans les rôles principaux

Cambouis

Brunaneve l’appelle respectueusement Dotto

Nous vous connaissons comme si nous vous avions fait. Ne dites pas le contraire, (qu’est-ce que c’est bien l’iPad!) vous avez fait défiler cet article sur toute sa longueur pour d’abord regarder les images avec l’idée de remettre la lecture pour plus tard, à tête reposée, parce que vous commencez à nous connaître aussi, nos billets ne sont que bimestriels et nous voulons alors vous en donner pour votre argent.
Une chose, un petit détail, vous ont frappé. Un seul des personnages porte des verres correcteurs, fort élégamment d’ailleurs, et c’est Cambouis, alias Dotto, d’aucuns diraient… le prof.
Vous allez objecter que (la) Coinchée, aussi, a sur le nez des lunettes de vue qui semblent lui être plus utiles puisqu’elle ne regarde pas par en-dessus. A quoi nous vous répondrons que ce n’est pas pareil, que pour elle c’est une coquetterie de vieille dame, qu’elle croit que cette orthèse la… virilise quelque peu, n’oublions pas que même si elle s’en défend maladroitement cette nabote-là a de fâcheuses tendances saphiques, ceci expliquant cela. Il eut peut-être été plus judicieux d’utiliser le terme d’avorton qui est hors-genre, n’est-ce pas?
Toujours est-il que ses binocles donnent à Cambouis un air de premier de la classe du meilleur aloi!

Cambouis est quelque peu fâché avec ses sens.
Enfant, il allait s’asseoir aux abords du virage d’Arnage, ou alors dans les Hunaudières, et vingt-quatre heures durant il regardait passer les bolides. Le tumulte a laissé chez lui de graves séquelles: il n’entend plus. On pourrait croire qu’il n’écoute pas et n’en fait donc qu’à sa tête, eh bien non! il n’entend pas, sinon un incessant ronron de moteur. Il n’y a rien de pire que les acouphènes. Ils vous font vous isoler, plonger dans des livres (pour lui ce sont des dossiers), passer le plus clair de votre temps devant un écran d’ordinateur (Cambouis en a plusieurs posés sur son bureau), vous abrutir sur des consoles de jeu (la sienne ne quitte pas sa poche et tel un ado, il la ressort dès qu’une réunion ou un dîner trainent en longueur pour s’absorber dans des jeux imbéciles et inutiles qui n’intéressent que lui). Que croyez-vous qu’il advienne alors? Alors que le sonotone vous guette, vous perdez une bonne partie de votre acuité visuelle et vous êtes obligé de chausser des lunettes.

Quand on le voit avec sa kyrielle de mouflets on se dit que Cambouis trouve quelque intérêt dans la chose. Détrompez-vous. Il se contrefout de Brunaneve comme de toutes celles qui l’ont précédée dans la couche de Mister President. Il n’est ni Lèche-cul, ni Mouche (à merde), ni (le) Prince Charmant, il se contente de se planter à son poste en fredonnant la vieille rengaine: Aux quatre coins du lit, aux quatre coins du lit… sans même penser à l’anglaise (on nous dit qu’elle serait galloise!) dont il se contrefout aussi autant que de tous les Ulysse qui se sont succédés dans la sienne, de couche, et qui sont peut-être les pères de ses enfants.
Non, la seule chose qui passionne Cambouis, ce sont les rillettes qu’il tartine tous les matins pour son petit déjeuner, tous les midis pour son hors d’œuvre, tous les aprèm’ pour son quatre heures… Il se damnerait pour des rillettes. Il donnerait la république bananière dont il a la charge pour un cheval, parce qu’avec un cheval on doit pouvoir aussi faire des rillettes. Il est vrai que son taux de cholestérol a atteint des sommets insoupçonnés.

Allez vous étonner après ça que le premier de nos nabots ait sur sa triste figure ce teint maladif et ictérique. Nous vous mettons au défi de trouver sous son sourcil sourcilleux une once de bonhommie. C’est grande misère.

Ses répliques culte dans le film:
Les françois nous ont adressé un message!
A la rigueur, la rigueurje m’en contrefous…
Il faut repousser l’âge légal de départ à la retraite au-delà de soixante ans!

oooooooooooooo

Bougon

Brunaneve l’appelle craintivement Brontolo

S’il est un propos, pourtant pétri de bon sens, qui a suscité une vive polémique dans un passé récent, c’est bien celui-ci : Un ça va, c’est quand y en a plusieurs que ça peut poser problème… Tiré de son contexte, il a donné lieu aux interprétations les plus fallacieuses, son auteur a été voué aux gémonies, chacun y est allé de son qualificatif: vil, méprisable, bas, infâme, honni… que sait-on encor?
Il est de notre devoir de rétablir l’exacte vérité. Ou du moins d’essayer de le faire. Vous nous connaissez. Vous n’avez pas affaire à un chroniqueur partial, ni à un écrivassier malhonnête et perfide, et si vous poursuivez votre lecture vous connaitrez le fin mot de l’histoire que vous pourrez aller rapportant céans au zinc des cafés tapageurs aux lustres éclatants, mais aussi, juin approchant, sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin, savez-vous?
Voici comment les choses se sont réellement passées.

Ce jour-là, tous nos amis se sont retrouvés réunis dans la pinède. Les tilleuls incitent par trop à la sieste. Sous les oliviers, cela devient rapidement « casse-bonbons », si vous nous permettez l’expression, rapport aux cigales et au cagnard. Quitte à argoter, argotons! Encore que cagnard! Même par très grand beau temps, la forêt landaise peut s’avérer propice à la réflexion, comme aux ébats, alors ils étaient tous venus. Mais Bougon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, bougonnait. Il aurait aussi bien pu ronchonner, grogner, ou même morigéner, mais il bougonnait. C’est qu’il ne comprenait toujours pas pourquoi Brunaneve avait besoin d’une telle smala, ni pourquoi, lui l’ami de toujours de Mister President n’avait pas été choisi par icelui comme seul mentor de la Princesse. N’avait-il pas le portrait tout craché d’un parangon?
Mister President et lui avaient usé leur fond de culotte sur les mêmes bancs d’écoles neuilléennes, il était le parrain du fils ainé du chef de l’état, ne lui avait-il d’ailleurs pas offert un merveilleux iPad pour le consoler d’un sérieux revers? on requerrait ses bons conseils pour tout et partout. Et puis, n’avait-il pas un penchant certain pour l’adorable sauterelle qui les attendrissait tous deux, Mister President et elle.
(Vous suivez, là? C’est le penchant qui attendrit le président et la première dame! Pas la sauterelle!)

On connaissait ses vœux les plus chers. Et au lieu de ça, on lui avait adjoint une bande d’imbéciles incapables sous prétexte que Brunaneve était souvent d’humeur changeante. Bougon n’avait rien contre Cambouis qui avait toujours l’air d’être plus préoccupé par sa Game-Boy et son joystick que par la chose. Peut-être était-il émasculé le malheureux. C’était à se le demander!
Les autres, tous les autres, il les abominait. Il n’y en avait pas un pour faire oublier l’impéritie de l’autre. (La) Coinchée, cette vieille tribade qu’on suivait au fumet!!! Comme elle manquait d’odorat un peu plus chaque jour, son N°5, elle donnait toujours l’impression d’être tombée dedans. Fouine, ce faux-jeton, cette espèce de Iago qui serait bien capable de tuer père et mère pour gravir une marche!!! Lèche-cul, ce crapaud tubéreux et baveux qui laissait sur son passage une marque dégoûtante et luisante à la façon des escargots, ou plutôt des limaces!!! Mouche (à merde), ce farfadet excité, remuant et bavard!!! Et ce niais de Gros Bêta (ou β) qu’est-ce qu’il est çon ce pauvre garcon!!!

Ce jour-là, devant tous ces journalistes en mal de sensations, le club des sept était également et inopportunément flanqué d’un auvergnat bien typé (un auvergnat comme « notre ami », pensez!) dont la seule présence allait donner naissance à un déferlement médiatique sans précédent. Il n’y avait pourtant rien d’autre à comprendre: un ça va, entendez Cambouis! quant à ceux, plusieurs, qui pouvaient poser problème, ils n’étaient personne d’autre que les cinq horripilants et détestables nabots qui faisaient bougonner Bougon.

Ses répliques culte dans le film:
Les françois nous ont adressé un message!
Il n’y a pas de rigueur
Il faut repousser l’âge légal de départ à la retraite au-delà de soixante ans!

ooooooooooooo

(la) Coinchée

Brunaneve l’appelle bien naïvement la Cucciola

Il est vrai qu’on pourrait penser d’elle: « Tiens voilà l’intruse », mais (la) Coinchée est tout sauf une erreur de casting. Vous devez vous demander ce que vient faire une personne du sexe dans ce monde de brutes, aussi faut-il qu’on éclaire tant soit peu votre lanterne et d’abord vous dire que si Mister President l’a choisie, elle, parmi bon nombre de prétendantes, c’est bien parce qu’elle avait toutes les qualités requises et en tout premier celle de ne pas être une Marie-couche-toi-là.
On n’aurait pas pu parler de même de ces personnes issues de la diversité qui avaient un instant retenu son attention, les Rami ou autres Data aux ongles et aux dents longues… et foin de l’accord en genre de l’adjectif qualificatif, les ongles étant aussi portés longs. Elles en étaient également, ce qui était le critère de choix primordial, et quoique jolies, Mister President les avaient trouvées l’une et l’autre un peu tendres, un peu trop rebelles et un brin insolentes. Qui mieux que (la) Coinchée pouvait jouer les dames patronnesses et les préceptrices?

Parlons de ses origines si vous le voulez bien.
Eh bien oui, (la) Coinchée a été élevée… au sifflet, dans l’univers impitoyable de l’Ovalie. Les plus anciens d’entre vous se souviennent peut-être de son père, l’homme en noir, qui fut le premier françois a donner du sifflet dans un match de rugby du tournoi des cinq nations, à une époque où elles n’étaient que cinq et où les arbitres n’étaient pas des hommes-sandwichs vêtus d’orangé ou de vert. Le saint homme ne se départait jamais de son appeau, les oreilles de sa fille s’en rappellent encore. Au doigt, à l’œil et au sifflet, voilà comment elle a toujours marché et comment elle entend faire marcher les autres. Pourquoi Brunaneve ferait-elle exception à la règle? Et cela comble d’aise son époux qui la sait doublement entre de bonnes mains si l’envie lui prend de faire une infidélité à tous ses mâles, ou de quitter la droite ligne de conduite que se doit de suivre una prima donna. Qui mieux que la Coinchée pourrait sanctionner la faute d’une pénalité et, en compensation, brouter l’herbe tendre de la pelouse?

Prima. Première. Que la Coinchée n’aurait-elle fait pour être la première?
De par l’initiale de son patronyme, elle avait toujours été dans le ventre mou des listes alphabétiques, là où l’on attend toujours même quand l’appel est commencé par la fin. Alors, dès qu’elle a été en âge de le faire, elle a convolé en justes noces avec un jeune homme quelconque s’il en est, quelle importance pour elle qui n’a jamais cherché à savoir comment il était appareillé? mais qui lui apportait l’alpha et la rapprochait des premiers rangs. Sitôt mariée, sitôt divorcée. (La) Coinchée tenait son Saint-Graal et a toujours conservé le nom de son ex-époux accolé au sien, devant le sien. De toutes les façons, elle ne pouvait pas inverser ses trois initiales, le sigle étant déjà pris par la compagnie d’assurances mancelle de son vieil acolyte Cambouis. Ce qui, surtout en présence de ce faux-jeton de Lèche-cul, les faisaient bien rire aussi.

Ses répliques culte dans le film:
Les françois nous ont adressé un message!
En toute rigueur, ce n’est pas une politique de rigueur
Il faudrait repousser l’âge légal de départ à la retraite au-delà de soixante ans! (Ce n’est certainement pas très courtois ni très galant de notre part, mais force est de vous faire constater que (la) Coinchée est ici la seule représentante du sexe faible -hum! hum!-, qu’elle est aussi la doyenne du groupe et qu’elle va allègrement sur ses soixante-cinq printemps)

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Fouine

Brunaneve l’appelle hautainement Pisolo

Depuis qu’il a eu maille à partir avec un amuseur public…
Mais d’abord, qu’est-ce qu’un amuseur public? L’amuseur public se différencie de l’amuseur privé en ceci qu’il sévit et vocalise sur le service public (citons par exemple l’Inter) et que ses rétributions sont directement prélevées sur la redevance alors que son congénère vocalise et sévit sur une chaine publicitaire privée de ressources publiques (quoique!) mais est invité pareillement dans Vivement dimanche prochain… qu’on ne nous dise pas tout, où il est aussi grassement rétribué par les deniers publics. Pour mémoire, un denier vaut deux mailles, ou si vous préférez, une maille vaut un demi-denier!

Donc, un jour Fouine a eu maille à partir avec un dénommé Grillon, et depuis il ne décolère pas. Se faire traiter de traitre perfide, d’opportuniste obséquieux, de mari volage, de raciste inavouable, voire de fasciste fourbe, passe encore, mais être qualifié de musaraigne (pourquoi pas de martre?) sous le prétexte futile qu’on a le museau chafouin et les bajoues retombantes d’une petite fouine, voilà qui est parfaitement inadmissible et intolérable.
Il va sans dire qu’il a sérieusement envisagé de faire bouter par vol charter spécialement affrété ce cancrelat de Grillon hors les murs, jusques à… à… eh bien, mince alors… à Neuilly-sur-Seine, comme Bougon, comme Mister President, Grillon natif de Neuilly!
Fouine s’est juré de faire jouer son entregent pour faire prendre la porte à son ennemi mortel (encore que ce fussent plutôt les mustélidés et les soricidés qui croquassent de l’insecte) et pour qu’il soit muté vers un service… privé (où, soit dit en passant, il obtiendrait une rémunération neuilléenne)

Brunaneve n’apprécie pas tellement Fouine, il lui rappelle par trop ses propres errements. Il est humain d’aller de gauche à droite, ou de tourner dans le sens des aiguilles de la montre. Rares sont ceux qui font le contraire. Lui et elle, parce qu’ils ont rêvé de pouvoir, de pouvoir tout, de pouvoir tout tout de suite, ont brusqué les évènements et brulé les étapes. Et c’est folie quand cela aurait pu être sagesse sénile s’ils avaient laissé du temps au temps.
– Miroir Magique, dis-moi que…
Et l’image du miroir lui renvoie celle du museau pointu de Fouine, elle a alors un haut-le-cœur et pousse un cri plaintif qui ferait bien se retourner Tonton dans sa tombe s’il n’était parti sourd comme un pot de vin.
Vous ne le saviez pas? Fouine l’Iscariote s’est longtemps revendiqué de notre Tonton national. Et puis un beau matin, par simple carriérisme, il s’est décidé à pourchasser le métèque allant jusqu’à mettre sa propre mère et sa cinquième (ou sixième) compagne dans l’avion du retour. Pourtant, penser qu’il eut été qualifié de félon s’il avait fait le chemin inverse ne l’empêche point de dormir, ni même de se regarder dans la glace. Il est heureux qu’il n’ait pas accès au Miroir Magique, il serait bien capable de lui tenir obstinément tête.

Ses répliques culte dans le film:
Les françois nous ont adressé un message!.
Ceci n’est pas un plan de rigueur
Il faut repousser l’âge légal de départ à la retraite au-delà de soixante ans!

ooooooooooooo

Lèche-cul

Brunaneve l’appelle affectueusement Mammolo
Eh bien oui, affectueusement, ça la chatouille tellement quand il fait ça.

C’est au pied du mur qu’on voit le maçon.
On allait voir ce qu’on allait voir. La truelle d’une main, le téléphone portable dans l’autre, et à l’oreille, Lèche-cul appela l’un après l’autre tous les électeurs qui s’étaient déplacés dimanche après dimanche pour mettre un bulletin bleu dans l’urne. Ils n’étaient pas très nombreux, c’est vrai, il n’aurait pas à se répéter trop souvent, mais dès le troisième appel il connaissait parfaitement par cœur son laïus et il ne varia plus d’une virgule au cours de la soirée.
Nous avons entendu le message que les françois nous ont adressé. Les françois, ce soir, n’ont pas voulu le retour aux 35 heures. Ils n’ont pas voulu, non plus, la fin des heures supplémentaires. Les françois, ce soir, n’ont pas voulu que l’on revienne sur l’exonération des droits de succession.
Et c’est fou combien il tournait bien sa langue, c’est dengue ce que ce nabot faisait bien ça!

Nous vous entendons d’ici pousser vos hauts cris. Mais allons donc, croyez-vous que votre humble serviteur se serait laissé aller à écrire dengue s’il avait voulu trivialement parler de folie douce et de dinguerie?
Le problème avec la dengue, c’est qu’elle est contagieuse, comme le chikungunya d’ailleurs (ils ont souvent été confondus) qui a frappé « notre ami » lors de son passage par la santé (souvenez-vous, il prit la succession de Neu-Neu le toulousain, ou le lourdais, Sainte Vierge on ne sait plus, celui qui disait Eh con! à tout propos en remuant les oreilles) et par la Réunion (l’île!) où il n’a heureusement pas été piqué par les moustiques. Contagieuse, un peu comme cette antisarcozite aigüe qui semble s’être provisoirement emparée de nos concitoyens. Sans vouloir vous effrayer, il existe une forme sévère de l’antisarcozite ignorée jusque-là associant à une fièvre élevée des hépatites fulminantes, des attaques du muscle cardiaque, des méningo-encéphalites et bien d’autres complications comme des douleurs articulaires invalidantes et parfois une éruption cutanée pouvant être fatales.
Eh bien oui, Mister President donne des boutons à certains.

Amie lectrice qui appréciez une petite Craven A mentholée avec votre thé, ami lecteur fumeur de Gitanes, ami cow-boy amateur de Marlboro, vous devez à Lèche-cul l’interdiction de fumer dans les lieux publics décidée en 2006, alors que vous n’aviez pas même trente ans ni de métastases. Mais que pouviez-vous attendre d’un agent d’assurance de profession sinon qu’il vous pourrisse la vie? Celui-là, qui plus est, bave comme une limace. Nous gardons l’atroce souvenir du jour où il nous a fallu accepter de lui serrer la main. Nous nous attendions à la poigne d’un maçon… nous n’en sommes toujours pas revenu ni remis! Et depuis, nous évitons Saint-Quentin en pays picard, où il y a aussi des… picards.

Ses répliques culte dans le film:
Les françois nous ont adressé un message!
La rigueur, ce n’est pas le bon mot
Il faut repousser l’âge légal de départ à la retraite au-delà de soixante ans!

ooooooooooooo

Mouche (à merde)

Brunaneve l’appelle nerveusement Eolo

Comment dit-on déjà?
Vibrionnant. C’est cela. Mouche (à merde) est un insecte vibrionnant. Et c’est agaçant. Ses parents ont longtemps hésité. Il faut vous dire qu’ils avaient choisi de le prénommer Tsé-tsé, et puis ils se sont ravisés devant l’incessant babil que leur bébé a tenu dès sa naissance. Ils faisaient en cela une erreur décidément trop commune. La mouche du sommeil ne fait pas dormir, c’est tout le contraire, la mouche tsé-tsé transmet la maladie du sommeil qui empêche de dormir. Ce que Mouche (à merde) a toujours fait, empêcher les autres de dormir. Tsé-tsé lui serait allé comme une élytre.
Et puis c’est qu’il est loquace et volubile ce parasite. Un peu de la race des taons. Sinon qu’il s’y complait. Dedans.
Mouche (à merde) n’est pas bien flatteur, convenons-en. Chacun ses meaux après tout. Lui aurait bien aimé qu’on l’appelât Mousse, mais c’était déjà pris, par le personnage d’un autre dessin animé. Pourtant, à bien y regarder, fors l’odeur.

Les gens sont des porcs, et plus ça va, pire ça va.
Depuis que Dunoyer a remisé les moto-crottes de Tibère, elles fleurissent sur nos trottoirs, élégantes dans leur totale noirceur, fragrantes dans leur puanteur imbécile, mais il paraît que c’est dans nos faubourgs qu’on en rencontre le plus. On leur a donné de drôles de noms imprononçables ou impossibles à écrire correctement, burqa ou bourka, ou niqab peut-être, des noms pas très catholiques en tout cas. Contrairement aux déjections canines qui traversent rarement, il semblerait que ces excréments-là sont doués de vie, à défaut de raison, et qu’ils sont susceptibles de dégainer une kalachnicov ou d’abriter sous leurs plis une ceinture de plastic. Tic, pas tique! Quand ça pète, ça pète, c’est du moins ce que tout un chacun redoute quand il n’est pas lui-même nantais d’origine afghane, polygame et queutard, intégriste et misogyne, menteur et voleur, ou commerçant ce qui est kif-kif bourricot, et parfois tout ça à la fois, en sus de sa télégénie keffiesque.

Que voulez-vous que Mouche (à merde) fasse dans des cas comme celui-là? Virevolter autour de ces masses sombres et ameuter en faisant un maximum de bruit. Il est partout. Tout seul ou presque, et partout, et jusqu’au boutiste! On se croirait en Provence au milieu des cigales! Il arrive que les cigales se taisent. Il ne faut pas attendre ça de Mouche (à merde) qui a été à bonne école et qui a bien vu où de telles attitudes ont mené son seigneur et maître. C’est que de tous les nabots, il est celui qui fait le plus de vent et qui se verrait bien calife à la place du calife, on vous l’a déjà dit, qui pense aussi que le temps est peut-être déjà venu de traiter sa « hauteur » -rires- au DDT plutôt qu’au Lion Noir®.

Ses répliques culte dans le film:
Cette réelle défaite doit nous faire revenir sur nos fondamentaux!
Moi, le mot que j’utilise c’est le mot de rigueur…
Mes amis et moi sommes convenus que la question de l’âge légal devait être traitée et assumée.

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Gros bêta (ou β)

Brunaneve l’appelle maternellement Gongolo
Il est tellement çon, le pauvre garcon.

Le message nous devons l’analyser, l’entendre, et apporter les bonnes réponses. Il faut qu’on aille plus vite et plus fort, qu’on amène des résultats aux françois sur l’emploi, et la sécurité, par exemple.
Plus fort” (que les autres!) ça c’est bien la marque de fabrique de Gros bêta (ou β) car non seulement il “entend” le message de ceux qui parlent et qui vont voter les dimanches, mais aussi celui de ceux qui se taisent et s’abstiennent! Le lundi matin du scrutin, sur une radio d’état d’information continue, après avoir affirmé que l’un des faits marquants de cette élection était l’abstention, et que bien malin celui ou celle qui pourraient dire ce qu’elle signifie (mettons ça sur le compte d’une certaine forme de… lucidité) il osa, quelques minutes plus tard, nous assurer que les abstentionnistes, “ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils en ont marre que la droite et la gauche se déchirent alors que le pays est en crise”. Nous mettrons ceci sur un autre compte, qui n’a, cette fois, rien à voir avec la politique, puisqu’il relève de l’extra-lucidité soit, vulgairement parlant, d’une vaste fumisterie.
De fait, comment croire à une éventuelle lecture d’un “message” envoyé par les françois, quand dans un même entretien, l’homme qui prétend s’y pencher, nous dit tout et son contraire?

Qu’en termes savants, intelligibles et sensés ces choses-là sont dites! N’est-ce pas? Mais françoise, françois, on vous trompe. On voudrait vous faire croire que l’individu qui a proféré ces propos serait un être doué de raison et qui saurait raison garder, quand ce n’est qu’un énergumène qui vous joue toujours la même pantomime, un laquais servile qui n’a pas encore compris combien son maître idolâtré le grugeait depuis toujours et nous grugeait de conserve depuis trop longtemps.
Oui, n’ayons pas peur des mots, Gros bêta (ou β) est un bouffon!

Ne pensez-vous pas que le bouffon a quelque chose de royal? Au bon vieux temps des Rois du Pays Franc, il amusait de ses bons mots la cour et l’ensemble des courtisans en général, et le Roi soi-même en particulier. Tous s’ébaudissaient à l’entendre, et il arrivait même que le monarque flattât sa croupe, ou son entrejambe, à moins qu’il ne lui fit couper la tête. Vous conviendrez avec nous combien notre république bananière est tombée bien bas, combien Mister President en galvaude toutes les valeurs en faisant porter sa parole par des Lèche-cul ou des Gros bêta (ou β). Il est encore heureux que leurs seuls parterres soient un public de journalistes généralement complaisants et intéressés par la seule chose qui vaille à leurs propres yeux: le scoop ou la petite phrase.
Avec Gros bêta (ou β), des petites phrases ils en ont en veux-tu en voilà et ils en redemandent à l’envi, certains d’être toujours comblés.
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles si notre vieux et beau pays n’entrait insidieusement sur l’inexorable voie du sous-développement durable, et ce, sans doute, pour des siècles et des siècles, amen.
Mais qui se souviendra de Gros bêta (ou β)? Qui se souviendra même de Mister President?

Ses répliques culte dans le film:
Les françois nous ont adressé un message!
En l’occurrence, moi je n’emploierai absolument pas le mot rigueur
Il va falloir, simplement, revenir à ce qui était la Justice à l’époque de Tonton, c’est-à-dire travailler 50 % de sa vie.
ooooooooooooooooooo

Dans les seconds rôles

(le) Prince Charmant

C’est par lui que Brunaneve a amoureusement été surnommée Carlota
Celle-ci l’appelle langoureusement il Principe, et parfois il Principe Azzurro

Il aime bien le bleu. Sinon, son petit nom c’est Poussin.
Piolet. Poussin Piolet. Pour un (le) Prince Charmant, c’est d’un commun!
Vous allez rire. Ce mot-là, piolet, c’est subliminal, dès que nous l’entendons nous avons une image en tête: Trotsky et son pic à glace! Vous n’êtes pas sans savoir comment le pote à Lénine nous a quittés. Ce n’est pas une image qu’il a eu en tête le camarade de Staline, mais bel et bien un piolet, planté là par un mexicain basané, en guise, en guise, en guise (de piquet) de parasol…
Pourquoi vous parle-t-on de ça au fait? Ah oui, quand on vous disait que c’est subliminal… mais écoutez plutôt, c’était lors de son passage à CinémaS, sur la 5, c’est le réalisateur de Brunaneve e i Sette Nanerottoli qui parle:

Pour la scène du retour au Palais, nous avons dû faire dix-sept prises avant que je n’aie une idée géniale. Oui géniale!
Ils étaient tellement gourdes mes sept nabots, de vrais empotés, à ne pas savoir quoi faire de leurs mains ni à réussir à bouger leurs petits bras en chœur que je commençais à désespérer. Il y avait Poussin qui somnolait dans un coin, vous ne trouvez pas qu’il a toujours l’air de s’ennuyer ce garçon?, et là, ça a fait tilt. J’ai appelé l’accessoiriste, et demi-heure après j’avais mes sept piolets. C’est pas ça qui allait les rendre plus cons mes nabots, par contre je tenais un plan tout en travelling arrière d’anthologie. Heigh ho!

Il était dit que cette scène inspirerait également Poussin.
Comment, on ne vous l’a pas précisé? Poussin Piolet n’interprète pas seulement (le) Prince Charmant (un peu mollement, c’est vrai…), il est aussi l’auteur-compositeur de la B.O. du film. Tenez, cliquez sur le lien (c’est du Deezer) et prenez ça dans les oreilles. Attention, chef d’œuvre!

The Dwarf »s Marching Song (02:37)

oooooooooooooooooo

la Reine (et) la Sorcière

Brunaneve l’appelle Regina

Souvenez-vous, lorsque vous étiez encore un(e) enfant, votre douce et jolie maman venait s’asseoir sur le bord de votre petit lit pour vous raconter une histoire. Elle posait le gros livre de contes sur ses genoux et commençait sa lecture… Plus que tous les ogres ou que tous les dragons, un personnage vous faisait particulièrement peur, l’horrible Reine de Blanche Neige, et l’image qui vous a le plus marqué(e), vous y repensez chaque fois qu’on vous présente une pomme d’api, est celle de ce beau fruit tout rouge dans la main difforme de la vieille sorcière chenue.

Nous sommes certain que Brunaneve e i Sette Nanerottoli (le film) vous a immanquablement fait penser au Blanche Neige de votre enfance, et c’est vrai qu’il y a quelques ressemblances. Il y a pourtant aussi une différence de taille, le rôle de la Reine a été usurpé par le roi des nabots qui se fait appeler ici Mister President. Encore qu’il ne souhaite pas (déjà) la disparition de la princesse, ni qu’elle connaisse le même sort que toutes celles qui l’ont devancée. Ce sera sans doute pour Brunaneve e i Sette Nanerottoli 2 (le retour) dont le tournage devrait commencer à l’été 2012.

(Le choix de l’actrice a été imposé par le coproducteur: Production S)

ooooooooooooooooooo

(l’image du) Miroir Magique

Brunaneve ne la connait pas, sinon elle l’aurait appelée lo Specchio Magico

Le narcissisme ce n’est pas sale.

Lorsque vous êtes devant votre miroir, vous savez bien qu’il a tendance à tricher un peu, mais depuis le temps vous vous y êtes habitué. Le grain de beauté que vous avez à droite sous la commissure des lèvres est passé à gauche, tout comme l’épi qui est dans vos cheveux a fait le trajet inverse, de gauche à droite, comme Fouine. Et alors? C’est toujours plus ressemblant que la dernière photo de vous qui a été prise alors que vous regardiez l’objectif droit dans l’œil.
Mais vous êtes-vous jamais demandé quelle image le miroir pouvait avoir de vous? Fatalement celle où vous vous trouvez le (la) plus moche puisque l’envers vaut mieux que l’endroit? Ou autre chose que vous n’imaginez même pas?

Elle s’y est essayée. Oui, l’image du Miroir Magique a regardé son reflet.
Et ce fut l’horreur, l’indicible horreur. Elle a vu. Elle l’a vu.
Quoi donc? Qui donc?
Ne comptez pas sur nous pour jouer les pythonisses, c’est tellement subjectif un miroir. Nous nous amuserons seulement à vous glisser un indice ou deux:
– Oncle Picsou!
– Grand pêcheur de « gonzesses » devant l’éternel. De la race des nabots pourtant. Mais comment font les nabots pour attirer ainsi les… « poufiasses »?
– A ceci en commun avec Fouine qu’il a eu, lui aussi, maille -à l’envers- à ne pas rester avec Grillon -il voue une belle inimitié à son endroit-, et qu’il s’est départi de son flegme légendaire en cette occasion…
Elle a donné un grand coup de pied dans la psyché. La glace a éclaté en mille morceaux. L’odieux fat plein de soupe a volé en éclats.
Bon débarras!

(Le choix de l’actrice a été imposé par le coproducteur: Production S)

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Hubert

Brunaneve ne le connait pas non plus, sinon pour elle il aurait été Cucciolo

On vous a dit que Mister President était un horrible despote boiteux, cupide et jaloux (les adjectifs sont ici classés par ordre alphabétique, n’y voyez aucune préséance), on a omis de vous préciser qu’il n’en était pas moins cruel.

Les camarades d’Hubert, le chasseur, avaient coutume de lui dire : Hubert, tais-toi! mais vous savez, les chasseurs, on a toujours du mal à les faire taire. Prenez le p’tit gars de Béthune qui n’est pas bien propre sur lui, le ch’ti un peu poivrot (ce n’est pas un pléonasme, pas plus qu’avec chasseur)… Prenez le germain de Nanterre, le rouge, qui n’est pas non plus très propre sur lui… Prenez l’Hubert, pas très propre sur lui, décidément…

Mister President lui a fait couper la langue. On ne saura jamais ce qu’il est advenu du cœur de Brunaneve!

Sa réplique culte dans le film:
Mmmmm…!

(Le choix de l’acteur, imposé par le coproducteur: €colo✔erde, a été accepté par le réalisateur à la condition qu’il se taise)

ooooooooooooooooooo

Jouant les indispensables utilités

Mister President

Brunaneve ne l’appelle que Piccolo et plus souvent « par » le diminutif familier de Picco

On vous le conseillera toujours. Si vous voulez que votre animal de compagnie, que ce soit un chien, un chat, un cheval ou encore un président de la république mal apprivoisé, hargneux et teigneux, si vous voulez qu’il vous obéisse au doigt et à l’œil ou en tous cas vous réponde quand vous le sifflez, il vaut mieux que son petit nom soit court. Une syllabe, c’est parfois un peu cassant, voire injuriant. Est-ce que vous pourriez imaginer Brunaneve appeler Dick (appeler dans le sens de viens ici ! bien sûr) son chouchou de Hongrie (à ne pas confondre avec un hongre qui sous chie) ? Il a beau être monté comme un âne le bougre! Ou alors Raus! On aimerait tant pourtant! Un nom trop long, comme Galouzeau de Villepin ou Jappeloup de Luze, Nathanaël de Rincquesen ou Idéal du Gazeau, ni l’intéressé, ni même le parieur ne le retiennent. Comment voulez-vous que le premier, l’intéressé, réponde et obéisse et que le second, le parieur, mise le quart d’un forint? Par contre, deux syllabes sont parfaites! Ça claque et ça flatte. C’est parfaitement audible. Picco! Nano ça marche aussi! Comme Chirac, ou Giscard dans d’autres temps, ou encore Merkel sous d’autres cieux.

On ne dit pas petit. Il ne faut plus dire petit sous nos climats. Il faut dire non-grand (Décret n°2007-001 du 8 mai 2007 pris pour l’application de l’article premier de la loi n°2007-001 du 7 mai 2007 relative aux libertés et responsabilités du citoyen envers son représentant triomphalement élu à la tête de l’état)
Mister President pourrait être qualifié de non-grand. Ce n’est pas que ce soit congénital, ses deux grands frères sont grands, c’est plutôt qu’il a tellement aspiré à « devenir » quand il était petit qu’il a oublié de simplement d’abord grandir. Ce n’est pas que ça le complexe, les talonnettes sont là pour corriger une légère tendance à la claudication, mais il a pris l’habitude de marcher sur la pointe des pieds et de toujours pointer son museau vers le haut (vers les mons veneris qui sont presque à portée) et son regard vers les nuages (vers ces avions qui sont restés inaccessibles, il aurait tant aimé être pilote à la place du pilote)

Dans Brunaneve e i Sette Nanerottoli, Mister President n’a pas a proprement parler un des rôles principaux, mais contrairement à son ami de toujours Jacquouille il sait -aussi- se faire discret. Pourtant, comment accepter d’être pris pour un second rôle, de courir le risque d’être nominé pour les Oscars et les Césars dans la catégorie « seconds rôles », d’avoir toutes les chances d’obtenir la fameuse statuette ou/ET la merdique concrétion, d’être obligé de faire imprimer sur sa carte de visite ce terme outrancier et vulgaire de second? Ce n’était pas humainement concevable, alors fidèle ami lecteur, tenez-vous le pour dit, l’Académie des Césars en a décidé ainsi en toute indépendance, lors de la prochaine cérémonie (en février 2011) sera solennellement remis par Monsieur Alain Delon (président de l’auguste jury) et par Monsieur Johnny Halliday (vice-président à titre posthume) le nouveau César de l’Indispensable Utilité. Bonne chance Mister President, de la part de l’humble auteur du présent billet.

Ses répliques culte dans le film:
J’écoute les messages que les françois nous ont adressés!
Et en aparté: Cause toujours, tu m’intéresses!
Mais encore, toujours en aparté: Parle à mon cul, ma tête est malade…
Nous n’engageons pas aujourd’hui un tournant de la rigueur annonciateur de hausses d’impôts massives et de baisses de salaires. Je refuse cette stratégie qui casserait la reprise de la croissance.
Ou encore: Augmenter les impôts ou accepter que les dépenses publiques représentent une part croissante de notre richesse nationale compromettrait gravement notre compétitivité.
Et aussi: Il faut que tout soit mis sur la table: l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité.

C’est également sa voix off que l’on entend au moment de la scène finale:
Brunaneve? Tu sens pas le roussi? T’es sûre que tes nouilles n’attachent pas au fillon de la casserole?
Et puis arrête de m’appeler Picco, S’IL TE PLAÎT!!!

è finito

ooooooooooooooo

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Sarko s’endort

téléchargeable sur votre mobile.

That’s all, folks!

Calliste
(dont les billets sont bimestriels)

2 réponses à “(avec Cantien)

  1. Virginie 22 juillet 2010 à 14 h 56 min

    Et bien avec Calliste il y a de la lecture !
    J’ai bien fait de m’installer avec ma bouteille d’eau 🙂
    Je ne connaissais pas cette vidéo et je me dis que j’ai de la chance de ne pas connaître de nain !!!
    Par contre je préfère le Poussin de Bordeaux dans son nid que Poussin piolet 🙂

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