Cette année-là …

Georges Pompidou est président de la République,

Jacques Chaban-Delmas premier ministre

et le pape s’appelle Paul VI.

Au niveau international,

Amin Dada prend le pouvoir en Ouganda,

Nixon rend publique sa politique de détente avec la Chine communiste (il s’y rendra en visite officielle l’année suivante)

(Nixon à Pékin en 1972)

et déclare le dollar inconvertible en or avant de le dévaluer de 7,89 %, mettant fin au système de Bretton Woods

– sur pression du Bloc de l’Est, cette même Chine communiste remplace la Chine nationaliste (Taïwan) qui est évincée du Conseil de sécurité de l’ONU

– en Asie, ce 26 mars, le Bangladesh se sépare du Pakistan; l’Inde qui intervient en faveur du nouvel Etat, se voit entraîné dans une nouvelle guerre avec le Pakistan

– le chancelier Willy Brandt reçoit le Prix Nobel de la Paix

(Willy Brandt devant le Monument aux morts du ghetto de Varsovie en 1970)

– aux Etats-Unis, le 26ème amendement abaisse la majorité électorale à 18 ans.

En France,

Paris instaure le stationnement payant et détruit les Halles de Baltard, le Nouvel Obs’ publie le manifeste de 343  femmes du monde des arts et des lettres en faveur de l’avortement et François Mitterrand, réalise un hold-up sur le Parti socialiste au Congrès d’Epinay, évinçant Alain Savary de la présidence du Parti par la même occasion.

Certains en profitent aussi, en ce 26 mars, pour fêter le 100ème anniversaire des élections à la Commune de Paris qui devait tragiquement être écrasée dans le sang.

Dans le domaine de la chanson, que ces titres soient sortis en fin d’année précédente ou cette année-même,

Johnny n’a d’yeux que pour une certaine Sarah, Claude François revient de Detroit, Si douce à son souvenir, et des studios de la Tamla Motown avec, dans sa poche, C’est la même chanson avant de proclamer quil fait beau, il fait bon, Joe Dassin a la Fleur aux dents avant de partir pour l’Amérique, Julien Clerc tente de minimiser ses déconvenues sentimentales en nous expliquant que Ce n’est rien avant d’avoir Le cœur volcan, redonnant quelques couleurs à Adamo qui doit se rendre compte, suite à cela, qu’il avait oublié que les roses étaient roses tandis que Michel Delpech, lui, est prêt à tout pour un flirt.
Pendant ce temps, Stone et Charden – spécial Fred – vivent l’Avventura, Gilbert Montagné s’extasie au milieu de The Fool, Michel Sardou ridiculise l’armée avec Le rire du sergent, Gérard Lenorman nous parle de Il (très écolo Gérard Lenorman), Gérard Palaprat guette désespérément un signe (je kiffe), Topaloff, de l’écurie Cloclo, est content d’avoir bien mangé et bien bu, Martin Circus s’éclate au Sénégal, Alain Barrière nous déclare « Je ne suis rien qu’un homme » et Danyel Gérard courre après sa Butterfly, ce qui fit dire à Marcel Amont que, décidément, L’amour ça fait passer le temps (comme il faisait bien l’automate à l’époque, dommage que je n’aie pas trouvé mieux que ce lien). En bref, comme le disent les Poppys: » Non, non, rien n’a changé« .
Pourtant, pour Esther Galil, Le jour se lève, Marie nous vante le Soleil, Sheila, elle, guette les Rois mages, Nicoletta subit un Mamy blue, Mireille Mathieu est perdue dans Une histoire d’amour et Séverine décroche le pompon à l’Eurovision avec Un banc, un arbre, une rue.

Le classement des meilleures ventes de l’année sont là: meilleures ventes

La télévision française, alors encore sous le contrôle de l’ORTF, aime les grandes dramatiques inspirées de notre histoire nationale vue par les écrivains du XIXème, comme Dumas (ex: La Dame de Montsoreau, de  CLaude Brûlé et Yannick Andréi diffusée en 7 épisodes en décembre de cette année-là)

Au box office français,

Les Aristochats vont décrocher le plus grand nombre d’entrées, devant Les bidasses en folie, grosse comédie lourdingue comme seules les années 70 ont su en produire (décidément, entre Sardou et les Charlots, l’armée se faisait tailler un sacré costar cette annnée-là),

tandis que Love Story remue l’âme des plus romantiques.

Parmi les autres succès de l’année, on retiendra aussi une autre comédie, La folie des grandeurs et Jo (toutes les deux avec De Funès), Les mariés de l’an II, Les pétroleuses ou La veuve Couderc, mais surtout, on note la présence de films plus « durs » avec Mourir d’aimer

ou le dérangeant film de Louis Malle Le souffle au coeur qui devait provoquer un certain scandale à l’époque, vous comprendez pourquoi ci-dessous.

C’est aussi l’année où on dit adieu à Coco Chanel, Fernandel, Igor Stravinski, Jean Vilar, Jim Morrison, Louis Armstrong et Nikita Khrouchtchev.

Enfin, les prix littéraires de l’année ne semblent pas avoir laissé un souvenir impérissable: le prix Goncourt est attribué à Jacques Laurent (un écrivain marqué par son engagement à l’extrême-droite et auteur, par ailleurs, de la série des Caroline chérie, adaptée ensuite au cinéma) pour Les Bêtises, le Médicis à Pascal Lainé pour l’Irrévolution, le Fémina à Angelo Rinaldi (membre de l’Académie française depuis 2001) pour La Maison des Atlantes, le Renaudot à Pierre-Jean Remy pour Le Sac du palais d’été, d’Ormesson reçoit le Grand prix du roman de l’Académie pour La Gloire de l’Empire et le Prix des libraires va à la Canadienne Anne Hébert pour Kamouraska, un classique de la littérature québécoise lit-on par ailleurs.

Et puis, cette année-là, et précisément ce jour-ci naquit un enfant absolument extraordinaire sans lequel vous ne seriez pas à lire cette article en cet instant-ci.

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