Archives Journalières: 10 mars 2011

LA MARQUE A LA POMME SERT-ELLE A QUELQUE CHOSE?

On se demande régulièrement à quoi servent nos hommes politiques (non ne répondez pas, ce n’est pas le sujet). Mais se demande t-on à quoi sert telle ou telle société commerciale qui nous accompagne pourtant chaque jour ? Ce fameux sigle avec une pomme à moitié mangée, aux couleurs improbables qui n’augurent guère du bio ou du naturellement correct, vous apporte t-il autant que vous lui rapportez ? En un mot, la Pomme au mûrissement étrange, qui vous vend de la micro informatique  depuis plus de trente ans est-elle réellement bonne pour votre santé ?

Presque depuis ses débuts, la Pomme a eu l’art de soigner sa légende et de caresser ses fans dans le sens du poil. L’histoire commence dans un garage, où un type, pauvre comme Job évidemment, bidouille avec des copains un truc électronique sur le principe du micro-ordinateur inventé par le français André Truong en 1973.

La manipulation marketing commence donc fort, avec récupération du mythe du savant fou dans son garage, qui crée une « Révolution technique » (prononcer avec un accent américain texano- californien). Quelques bonnes années après, la Pomme enfante du Mac-in-totoche. Personne ne se pose la question du degré d’alcool du whisky en question (à boire avec modération), de toute façon on sous entend que seul le génie pur a pu sortir de nulle part un objet aussi génial. Déjà la Pomme aime contrôler ses clients, impossible d’acheter l’écran, le lecteur de disquette ou l’unité centrale séparément, tout est intégré dans la révolution du tout en un chez la Pomme.

Flatter le client, qui est plus un ami qu’un client (un ami très cher, comme ce qu’on lui facture), et le ligoter avec des logiciels maison pour que le divorce lui devienne un enfer sont  les crédos de la Pomme, dès cette époque.

Dans la période présente, l’ère des révolutions, la Pomme a réussi à faire croire que son phone est le seul et unique génial-mobile. Les associations de consommateur relèvent que sa réception est médiocre, on les menace, on publie de vrais-faux tests qui contredisent les leurs, on fait un écran…de fumée. Un concurrent sort un appareil doté d’un meilleur appareil photo, on publie de nouveaux tests déviés : nous avons filmé le métro, voyez que notre image est meilleure ! Peu importe que l’on compare la vidéo normale du phone et une image zoomée au maximum du Nhuitième, on a noyé le poisson. Même principe pour l’écran du super galaxie, en réalité plus confortable et plus performant.

La protection offerte par la fermeture du système Pomme elle aussi est toujours solidement en place. Pas d’application phone sans un phone, de pode sans musique fournie par la Pomme, le pade lui aussi ne peut être nourri que chez la Pomme. On se demande comment tout cela tient debout, eh bien avec beaucoup d’appel au snobisme et à l’orgueil des consommateurs. Entrer dans la famille Pomme, c’est entrer dans Le Cercle des branchés, mépriser par principe tout ce qui n’est pas nous, s’autopersuader que nous sommes des privilégiés assiégés par le monde entier. Design et Marketing, poudre aux yeux, et réelle volonté d’enfermer maintiennent à bout de bras la place et les profits de l’entreprise. A part des méthodes de racolage de trottoir, La Pomme n’aurait-elle rien apporté à la compote mondiale ?

Peut-être bien que si. Dès ses débuts, la Pomme a innové. La deuxième production de la Pomme, la bien nommée Pomme II, était un petit bidule très ouvert. Si, si. On pouvait le connecter à peu près à n’importe quoi, on en faisait une usine à gaz, qui produisait réellement…du gaz ! Surnommée la bonne à tout faire, elle a bien servi, et a fait comprendre à tout le monde qu’il y avait un avenir pour la micro de Monsieur Truong.

Par la suite, le Mac-in-totoche a remplacé la grosse disquette souple et fragile , l’écran de lignes vertes et l’effacement définitif (Le genre « j’ai pas cliqué où il faut, toutes mes données sont à l’eau »), par la petite disquette en plastique antichoc, les icônes et la fabuleuse corbeille. Sans parler de la souris. Tout cela vite copié par la concurrence, et pour cause.

Qui aujourd’hui renoncerait aux clés usb et autres disques durs externes, à son bureau sur l’écran, ou à communiquer avec l’ordi par souris ou pavé ? Les vraies révolutions sont celles dont les acquis ont encore des résonances longtemps après. Si l’on en vient aux temps présents, le phone a vraiment montré la voie de la convivialité mobilesque. Certes il a des capacités assez ordinaires mais il a intégré une donnée qui leur manquait tous, la simplicité. Avec son écran tactile, on glisse allègrement d’un écran à l’autre dans un plaisir quasi-sensuel. Et la Pomme invente dans la foulée le store des solutions logicielles qui décuple les possibilités du phone, la plupart gratuites. L’essor actuel des smartphones démontre que la Pomme avait raison, et raison la première. N’en serait-il pas de même avec le pade ? Imparfaite et lente, cette tablette apporte néanmoins la couleur, et un multitâche qui n’existait pas avant. Voir des films, des jeux et accéder au multimédia internet n’est pas donné au premier kind-del venu, et le faire sous un format convivial et léger n’est pas à la portée des netbooks. Encore une touche d’évolution réelle à mettre au crédit de la Pomme.

Je n’ai volontairement pas abordé le macactuel et ses différentes versions, car en fait les mécanismes sont les mêmes. Les défauts et les qualités de la Pomme s’y retrouvent intacts.

On peut être gravement agacé par l’esbroufe, l’enfermement, le snobisme qui imprègne la communication de cette société (ah, les Pommestores!). On peut à juste titre refuser de se faire manipuler et tirer l’argent comme une batterie de vaches par cette firme qui a l’art de faire payer très cher ce que l’on a ailleurs pour beaucoup moins ou gratuit. Mais il faut reconnaître que la Pomme est un découvreur, un défricheur et que la gratuité tue la gratuité. On n’a pas tous le luxe de pouvoir être bénévoles comme les blogueurs d’Une Fois Par Mois, dans l’art, la littérature le journalisme ou l’informatique, et la Pomme propose un « nouveau modèle économique » qui permet de rémunérer tous ces gens là.

Et si la Pomme joue toujours sur l’affectif pour séduire sa clientèle, abuse sévèrement du marketing et des superlatifs pour nous séduire, ne faut-il pas passer l’éponge et écarter l’excès de chantilly pour déguster une tarte souvent inédite et parfois quand même un petit peu…révolutionnaire ? A vous de me dire…

Flyde

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