Archives Journalières: 26 janvier 2011

Le vieux bar

Un bar mal famé, un charleston démodé,
Une chanteuse réaliste dont la voix
Tel un puissant alcool vous hante et vous foudroie
L’âme d’une triste ivresse dont un passé

Qui jamais plus n’existera, lâche, irrité,
Se venge en vous collant un’ sale gueul’ de bois.
Pourquoi, pour se noyer, choisir un tel endroit ?
Des images toutes faites, de vieux clichés ?

J’en doute ! Allez savoir pourquoi ? Un hasard peut-être ?
Un passage devant ce bar aura fait naître
Un désir enfoui de fantasmes inassouvis,

L’illusion de vivre un autre destin, canaille,
D’être d’une caste où se méprise la vie
Banale, et où l’on s’explose avant qu’on s’en aille !

Las, seul au bar, je bois ma bouteille d’ennui
Au milieu de vieux riches boudinés qui fument
Un cigare nauséabond et qui commandent
A de jeunes mâles fougueux, de beaux nervis

Qui charment de jeunes délurées affranchies
En les env’loppant d’un regard, d’une dans’ qu’ils mènent
Dans une cascade de rires qui se déchaînent
Et se terminent au bout de leurs folles envies.

Oui, boire, pour faire croire qu’on leur ressemble,
Pour avoir la force d’oser, là, sans que tremble
Ma voix, les provoquer dans un soudain éclair

Et voir éclater leur fierté piétinée
Dans une salve de coups douloureux, amers,
Qui blessent le corps et laissent l’âme abîmée.

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