Baisé par un gynéco devant une caméra

Vous avez lu le titre. Vous vous demandez pourquoi diable je vous parle de gynéco et si, par hasard, cela aurait quelque chose à voir avec mon souhait du mois. Vous attendez du croustillant, du sexe torride, une webcam branchée sur chatroulette à l’instant même où vous lisez ces lignes déversant des images d’un plan glauque avec un docteur de dernière zone.

En fait, « baisé par un gynéco devant une caméra » est juste un truc qu’un internaute a tapé sur google et qui l’a fait atterrir ici. Je trouve cette expression tellement belle et poétique que j’ai décidé de la faire mienne pour un jour. Pour un mois.

Faute d’avoir vécu cette expérience, je suis heureux que le mois que je viens de vivre s’achève enfin. Une chaudière en rade, des lavages à l’aide d’une bassine, un délestage de 2500 euros pour enrichir le chauffagiste, mon concubin notoire qui se lance dans le bloguisme avec passion, une collègue frappée d’une hémorragie interne absente pendant la majeure partie du mois, du travail comme s’il en pleuvait, des cours de théâtre au cours desquels je me cherche et la fièvre, le lit, le nez qui coule, les yeux qui piquent…

Ce n’est pourtant pas à cause de tout ça que je ne veux pas revivre le mois qui vient de s’écouler mais pour quelque chose qui m’a fait beaucoup plus mal.

Oui, au mois de septembre, je pense avoir perdu définitivement un ami… Et des vrais amis, je n’en ai pas des tonnes.

Je prends l’amitié très au sérieux. Parfois, je reste pourtant des semaines, voire des mois sans donner signe de vie. Je déteste cet aspect de moi, mais je ne peux pas le nier… Il existe.

J’ai par exemple cette amie très chère, Séraphine qui vit en Norvège avec son mari et ses enfants en ce moment:  le dernier message que nous nous sommes envoyés date du début août et la dernière fois que nous nous sommes vus furtivement, entre deux trains, date du mois de juin. Pourtant, je sais que peu importent les mois ou les années qui passent, je pense à elle et elle pense à moi. Je sais que si demain elle se trouvait en bas de chez moi, elle aurait juste à monter pour que nous reprenions la conversation juste à l’endroit où nous l’avions laissée il y a des mois. Je sais que si demain j’avais un problème, j’aurais juste à composer son numéro pour entendre une voix amie.

Je vois l’amitié comme un sentiment complètement désintéressé. Aimer l’autre pour ce qu’il est, le respecter, sans instinct de possession, sans jugement. Je vois l’amitié comme un sentiment d’appartenance à une même famille. Apparemment, tout le monde ne définit pas ce sentiment de la même façon…

Prenez cet ami là, celui dont je vous parle entre les lignes depuis le début de cette note. Nous nous sommes rencontrés il y a quelques années. J’étais en pleine phase de changement de vie, après huit ans passés avec la même personne. Lui était en phase de questionnement intense. Je l’ai certainement aidé dans ce questionnement, dans ce cheminement. Il était en couple depuis un certain nombre d’années et son mec de l’époque m’a détesté tout de suite, certainement parce que je ne suis jamais entré dans son jeu et parce qu’il sentait que notre rencontre sonnait le glas de sa relation avec celui dont il se pensait le mentor.

Un jour, mon ami m’a lancé qu’il me considérait comme son frère. Je suis fils unique. Cette déclaration m’a particulièrement touché. Je me suis senti investi d’une responsabilité et d’un sentiment inconditionnels. J’étais là pour lui et il était là pour moi. Nous éprouvions une complicité sur quasi tous les plans. C’était aussi simple que ça.

Puis, mon ami a rompu. Il a rencontré quelqu’un d’autre… Puis, j’ai rencontré mon petit Piero. Au fur et à mesure, il a cessé de m’inclure dans sa vie et de m’intégrer dans ses plans, tout en me reprochant d’être distant. J’ai feint de ne rien remarquer alors que je souffrais de cette attitude.

Je n’étais pas fan de son nouveau mec, certainement très gentil, très intelligent et tellement… Snob, hautain et donneur de leçons… Mon ami a endossé le costume du couple. Celui qui conduit certains à une abnégation de leur personnalité tout en épousant intégralement les goûts et les opinions de l’autre. Je ne lui ai pas dit que je ne me sentais pas bien avec son nouvel amour, parce que je ne m’en sentais pas le droit et par respect pour ses choix. De mois en mois, je me suis rendu compte que je n’étais plus fan de lui non plus.

Un jour, il m’a dit de but en blanc qu’il n’appréciait pas mon petit Piero. Un jugement sans appel rendu entre deux portes. Je crois que ça m’a fait mal.

Puis, au cours des mois qui ont suivi, il est devenu particulièrement dur à mon égard. Il n’arrêtait pas de suggérer que j’étais malheureux ou pas épanoui. Plutôt que de m’écouter, il me donnait son sentiment sur la manière dont, selon lui j’aurais dû conduire ma vie. Il prenait mal le fait que je ne suive pas systématiquement ses préconisations. Il citait souvent son couple en exemple pour m’indiquer que je n’étais pas sur le bon chemin. Je ne lui reconnaissais pas le droit de me dire comment vivre, qui aimer ou tout simplement de m’indiquer si je devais me sentir bien ou mal. Et pourtant je n’ai rien dit… Je ne lui ai jamais dit  par exemple que je n’aimais pas la personne avec laquelle il vivait quasi-quotidiennement. Pourquoi? Par peur de le perdre sans doute… Par peur de perdre le souvenir de ce que nous avions été.

Alors, j’ai fait des efforts. J’ai essayé de continuer à les voir tous les deux, j’ai fait semblant de ne pas voir qu’ils ne m’incluaient dans aucun projet, dans aucune soirée, j’ai feint de prendre comme une plaisanterie le fait que son nouvel amour me lance au détour d’une conversation, sans la connaître, que ma mère était un dictateur.

… Jusqu’à la semaine dernière.

Un commentaire de trop sur mon blog tourné contre la personne que j’aime. Le manque de respect encore une fois.

Un message me disant que j’avais mal compris la démarche a bien suivi.

J’ai lu. Je voulais répondre. J’étais en colère, je me suis dit que j’allais laisser reposer tout ça en moi. Et puis, j’ai décidé que j’en avais marre que l' »on » me dise que je comprenais mal ou que j’interprétais n’importe quoi. Que je sache, pour communiquer il faut un émetteur du message et un récepteur de ce message. Si le récepteur ne perçoit pas le bon message, c’est que l’émetteur a mal fait son boulot. That’s it.

Je ne répondrai pas à ce message. C’est fini. Sans doute définitivement.

Vous comprendrez aisément que, plutôt que de vivre ce mois là, j’aurais préféré me faire baiser par un gynéco devant une caméra…

Alors mon souhait pour le mois d’octobre et pour tous ceux qui suivront, c’est  juste de ne plus perdre aucun ami.

Madonna et Gwyneth

Ditom

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19 réponses à “Baisé par un gynéco devant une caméra

  1. Bruno 11 octobre 2010 à 21 h 52 min

    J’ignorais qu’un chercheur était parvenu à identifier et à extraire le gène de la pudeur.

  2. Enguerrand 7 octobre 2010 à 19 h 04 min

    Je vais t’enseigner mes leçons : Fuck You! Aux amis quand il le faut, aux collègues quand il le faut, à toute personne irréversiblement débile quand il le faut! 🙂

  3. Virginie 7 octobre 2010 à 17 h 22 min

    Tiens on a des points communs 🙂 Fièvre, nez qui coule, yeux qui piquent et panne de chaudière, j’attends le plombier jour après jour moi 😦
    Sinon, sur l’Amitié aussi, je met toujours une Majuscule au A mais malheureusement certains préfèrent les minuscules 😦
    Je retourne dans mon lit…

  4. Christophe 6 octobre 2010 à 17 h 08 min

    Bah Lady Gaga n’est plus copine avec Madonna ?

  5. aerial 6 octobre 2010 à 15 h 02 min

    ya pas mal de gens que tu crois honnête alors qu’ils attendent juste un truc et pour l’avoir, seront prêt a beaucoup.. Finalement tout sonne faux.
    T’as pas besoin de prendre des pincettes pour leur cracher à la gueule ta pensée, faut se lâcher avec les cons.

  6. Flyde 6 octobre 2010 à 11 h 10 min

    J’ai l’impression que de sauveur pour ton ami, tu en étais devenu la victime.
    Il est tout à ton honneur de préférer être la victime d’un beau gyneco, avec ou sans camera. Mais si c’est avec, le souhait, ce serait d’avoir les images.

    • ditom 7 octobre 2010 à 11 h 51 min

      Espèce de pervers 😉 Oui, c’est une description assez froide mais elle correspond bien à ce qui s’est passé. Je ne crois pas l’avoir vraiment sauvé. Il s’est sauvé lui-même. Mon rôle a juste été celui de catalyseur…

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