le violet de mars

bite au cirage

il avait un nom d’ascensoriste et c’était pas Otis, ni Combaluzier
on va dire Roux, pour faire court
en plus il l’était, roux, j’aurais dû me méfier
c’était mon médecin traitant, j’aurais dû me méfier

en ce temps-là, mon chéri s’appelait Claude
je sais, ça fait très soupe aux choux Claude, le Glaude, mais ça a un indéniable côté pratique, c’est… asexué, ou mixte si tu veux, comme Dominique, comme Camille (tiens, Camille !), comme Alix, Maël, Axel ou Yannick
combien de fois je l’ai pas entendue celle-là :
– alors, elle s’appelle comment ?
– euh… Claude ! mais on l’appelle Coco… comme Chanel, répondais-je à tout coup
– c’est pourtant joli Claude… mieux que Coco…
il aurait pu s’appeler Gérard, ou Antoine, ou Kévin (c’est l’horreur ça, quai-vie-nœud ! même quand t’es béarnais et que t’appuies sur le nœud, ça fait pas féminin pour deux ronds), ou Zinedine (ça l’aurait pas fait non plus !)
c’est que j’assumais pas bien et que le coming out j’y pensais même pas
avec Claude, je donnais le change, le prénom c’était réglé, il n’y avait plus à faire gaffe qu’au choix du pronom
on y arrive ! avec des nous ! avec des on !
j’y suis bien arrivé, d’autant que le Glaude jouait souvent les folles et qu’il se donnait volontiers du ma fille, je l’aurais préféré en extra-terrestre… ma denrée…

c’est Claude qui a poussé le premier la porte du cabinet que le Docteur Roux partageait avec le Docteur… Blondin, ça ne s’invente pas
Blondin était un vieux pédiatre qui devait sacrément en avoir marre des lardons et des pisseuses et qui voulait passer la main à un jeune débutant
Roux était ce jeune homme, mais comme les chiards devaient déjà le gonfler, il avait fait graver sur sa plaque et imprimer sur ses ordonnances : médecine du sport
tu parles d’un exercice sportif, descendre un trottoir, le Glaude s’était donné une méchante entorse à un genou sur le bord d’un, il avait besoin d’autres papouilles que les miennes, et comme il avait entendu parler du fameux rouquin qu’il nous arrivait souvent de croiser dans la rue, avec à bout de bras sa mallette en cuir brun, très rétro et très mode, très chère aussi sans doute, toujours en chemisette, même par moins dix (et ça, ça se remarque plus encore que des taches de rousseur ou qu’une valoche trop neuve), il avait poireauté une bonne heure dans une salle d’attente bondée avant d’entendre parler pour la première fois de sa vie de cataplasme, d’antiphlogistine et d’épanchement de synovie
les cartilages intercostaux n’étaient pas touchés mais Claude a viré à l’hypocondrie et le Docteur Roux est devenu son toubib attitré

j’ai bien sûr été curieux de connaître aussi ce demi-dieu
à l’époque, je voyais régulièrement une diabétologue chez qui j’allais en consultation quatre fois l’an, elle contrôlait mon poids en me faisant monter tout habillé et avec mes chaussures sur une vulgaire Terraillon, elle prenait distraitement ma tension artérielle et m’annonçait immanquablement un onze triomphant, et puis elle renouvelait mes ordonnances sous la dictée, tout était réglé en un petit quart d’heure, y compris l’attente et les quatre ou cinq cents francs, je ne sais plus
j’avais mes rendez-vous à trois mois, alors je me débrouillais seul de mes rhumes pernicieux ou de mes grippettes et autres entéro-gastrites saisonnières
en fait, je n’avais pas de médecin traitant, de médecin référant comme on dit connement aujourd’hui, alors, comme Claude et moi on vivait à la colle, je me suis dit que Poil de Carotte pourrait bien être notre médecin de… famille
et c’est vrai que j’avais précisément à soigner –aussi- mes bijoux de… famille

tu sais ce qu’il disait des roux Pierre Desproges dans son Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis ?

le rouquin est un mammifère vivipare omnivore assez voisin du blondinet, pas trop voisin quand même, car le blondinet fuit le rouquin dont il nous dit qu’il pue, qu’il est la honte de l’espèce, le banni pestilentiel au regard faux sous une visière rouille
parmi les différents types de rouquins, le rouquin cul-de-jatte est le plus défavorisé, car à l’instar du manchot qui louche, le rouquin cul-de-jatte prête à rire doublement
on reconnait le rouquin aux cheveux du père, et le requin aux dents de la mère
passé la cinquantaine, le rouquin risque de perdre ses cheveux, soit par le simple effet du temps qui passe, soit à la suite d’un traitement anticancéreux généralement inutile, mais toujours à la mode chez les mondains de Villejuif
dans un cas comme dans l’autre, il serait presque impossible alors de reconnaître un rouquin d’un homme normal, n’étaient-ce les taches de rousseur que Dieu inventa au soir du Premier Jour, alors qu’il secouait ses pinceaux sans malice après avoir créé le premier crépuscule flamboyant à l’ouest d’Eden

quel PD ce Desproges !
mais moi, j’aurais dû me méfier

– monsieur janjacq… euh…
j’ai refermé mon Gala ou, je ne sais plus, mon VSD vieux de deux ans, je me suis extirpé du fauteuil défoncé au simili rouge éventré vieux des quarante ans de pratique du Docteur Blondin et j’ai serré la main ferme que le Docteur Roux me tendait
– qu’est-ce qui ne va pas mon vieux ?
ce n’est pas tant la question qui m’ait surpris, comme entrée en matière je n’en voyais pas d’autre, mais j’ai tiré la gueule
tout était vieux ici, les magazines, les sièges et les meubles, la moquette élimée et les peintures écaillées, mais pas moi, merde, en tout cas pas plus que ce toubib à la tignasse rouge qui me traitait ainsi
après tout, pas plus que lui je ne faisais mes trente ans, je me suis dit que d’une certaine façon il me faisait déjà péter sa science et je l’ai tout de suite trouvé moins mignon
il était torse nu sous une blouse blanche marquée du logo de l’Assistance Publique sur la poche poitrine et largement déboutonnée, je lui trouvais la peau trop blanche, trop grenelée de taches de rousseur, et puis il y avait cette grosse chaine dorée autour de son cou et surtout ce bijou en forme de croix chrétienne, sur son sternum, qui m’interpelaient plutôt
je me suis mis à raconter mon diabète

– et puis, Docteur, j’ai depuis quelques jours de petits problèmes cutanés au droit de… euh… du sexe
– vous allez me montrer ça, n’est-ce pas ?
il a dit cela avec un petit sourire, j’ai senti le chaud me monter aux oreilles alors que je baissais mon pantalon et mon caleçon jusqu’à mi-cuisses, debout devant ce garçon qui était venu s’asseoir sur un tabouret à un mètre de moi
– approchez-vous
le toubib a attrapé le bout de ma quéquette entre pouce et index, il l’a relevée et d’un geste brusque il l’a décalottée découvrant un gland presque aussi rouge que mes joues, c’est un peu comme si on m’avait tailladé avec une lame de rasoir et deux petites gouttes de sang ont perlé, putain, jamais ma zigounette n’était restée aussi riquiqui devant un beau jeune homme et pourtant le prépuce l’étranglait maintenant en saignant, douloureusement à m’en faire chialer
mon tortionnaire s’est levé pour aller se laver les mains à un petit lavabo un peu craspouille et branlant qui se trouvait dans l’angle du cabinet
– vous avez une balanite, du grec balanos, gland
– …
– d’habitude, vous décalottez facilement ?
– oui, oui…
– alors c’est plutôt une balanoposthite
– post-it ?
– oui, posthite… vous avez à la fois une inflammation du gland, l’enflure, les larges taches rouges… et une infection du prépuce, les fissures, les petites plaies ouvertes, le rétrécissement… vous me dites que vous n’avez pas de paraphimosis…
– phimosis ?
– oui, vous décalottez normalement… sinon… votre diabète est sans doute déséquilibré, la glycosurie serait la cause… et puis c’est une question d’hygiène…
– mais je me lave, Docteur, je prends deux douches par jour, j’en prends soin
– peut-être vous lavez-vous trop… pas avec les bons savons… d’ailleurs il ne faudrait pas utiliser de savon, ils peuvent être allergènes… ou détruire la flore qui vous protège naturellement
je n’avais pas de kleenex sur moi, le Docteur Roux ne m’avait rien proposé, alors j’avais remballé coquette sans même essuyer le sang, ça picotait et démangeait grave, comme si on m’avait foutu le feu au bout de la mèche
– il faut que vous fassiez deux fois par jour un bain de permanganate de potassium… euh, dans un bol ou un truc comme ça… après avoir bien décalotté, vous faites tremper votre queue cinq bonnes minutes… deux fois par jour…
ouais, il a dit queue, je n’ai pas été… ulcéré, moins qu’elle en tout cas

vendu en pharmacie, le permanganate de potassium se présente sous forme de minuscules cristaux conditionnés dans de petits sachets plats et carrés qui ressemblent un peu à ceux de l’Aspégic, en plus petit
l’emballage est violet, les cristaux sont violets, et quand ils sont dilués dans l’eau du bol, la solution aqueuse est violette, on se croirait à Toulouse, ou à Magenta, la nuit, après la bataille
je me suis assis sur le rebord de la baignoire, cul nu, les pieds dedans, j’ai écarté les jambes
j’ai attrapé le bol qui était resté en équilibre sur le lavabo, et comme j’avais fait ma préparation à l’eau chaude, je suis frileux, j’ai testé l’eau du bain en y trempant la première phalange du petit doigt de la main droite, je suis droitier, à vue de nez, euh… d’ongle, trente-sept trente-huit, parfait !
coquette faisait sa timide, elle ne me semblait pas très partante, je lui ai retroussé la capuche plus précautionneusement que mon con de toubib, pour ne pas aggraver les fissures, et je lui ai fait faire trempette en la lâchant
bien sûr, la capote s’est automatiquement remise en position pluie, la nature est bien faite tous comptes faits
c’est pas facile de tenir un bol d’une main, sa queue de l’autre pour « la faire tremper » dedans, en décalottant, et de ne pas se mouiller le bout des doigts aussi, plusieurs grosses gouttes de la précieuse dilution sont tombées dans la baignoire en m’éclaboussant les pieds
horreur !
au contact de l’émail le liquide violet est instantanément devenu marron, marron sale…!
j’ai alors regardé mon auriculaire droit, il était marron caca…!
– pute borgne ! ça tache !
l’aurait pu me le dire Roux, l’aurait pu m’en parler la pharmacienne, z’auraient pu l’écrire sur la boite au labo, merde !
parce que pour tacher, ça tachait !!!

le problème avec ma baignoire, c’est son âge
elle a beau être en fonte émaillée, les années et l’usage -intensif- des produits d’entretien de plus en plus chimiques et de plus en plus décapants (polluants ?) l’ont rendue râpeuse comme une langue de chat, et quand je m’assois dedans, je ne me laisse jamais glisser, je soulève les fesses pour m’allonger parce qu’au fond, c’est une véritable toile émeri
la nettoyer, c’est galère, mais là, putain, c’était impossible, les taches marron de permanganate j’arrivais pas à les ravoir, même à l’eau de javelle
je n’ai pas mis de gants mapa, mais sur mes mains ça partait pas non plus, une vraie saloperie
– qu’est-ce que t’as aux mains ? m’a demandé ma collègue de boulot le lendemain matin
– euh… j’ai des démangeaisons, une espèce d’eczéma, c’est le médicament qui fait ça…
– t’as surtout le p’tit doigt qui te démange ? hihi ! ou tu l’as laissé trop longtemps dans l’oreille ? hihi ! heureusement que c’est pas ton… hihi !
pouffiasse !!!
elles étaient une vraie marque d’infamie ces taches !
il m’a fallu renouveler les bains, je suis parti acheter des gants de chirurgien, mais mon auriculaire a mis un bon mois avant de retrouver figure humaine

un diabétique, à cause du sucre dans le pipi, d’ailleurs diabète, en grec, ça veut dire urine sucrée, un diabétique, c’est sujet à balanite, du grec balanos, gland, comme me l’a dit l’autre tête de nœud, je me demande s’il avalerait mon histoire de pipi sucré, ce con
les balanites ont récidivé, les balanoposthites aussi, et chaque fois je faisais tremper mon kiki, non sans moultes précautions, il n’y avait plus que les calbutes de coton que je n’arrivais pas à blanchir, paraît qu’il m’aurait fallu du sulfate de fer
fatalement, ma relation avec Claude s’est détériorée, ç’avait beau pas être contagieux mon truc, ni sexuellement transmissible, j’avais tellement honte de la couleur de la peau de mon gland que je n’osais montrer ça à personne, pas même à lui
et puis…
… il y a eu un clash violent avec le Docteur Roux, à propos de mon amant, de maladie vénérienne et de sida, je te raconterai, et j’ai changé de médecin référant

– mais il est malade ce type ! il est fou ! vous me dites qu’il s’appelle comment ? Roux ?
– oui, Roux, Jacques Roux
– il est jeune ?
– mon âge, à peu près mon âge…
– il est malade ! c’est pas dieu possible qu’on lui ait jamais appris ça…
… ok, le permanganate de potassium peut remplacer la cortisone déconseillée à forte dose au diabétique, mais dans une pommade dermique il y en a juste un chouïa de cortisone
… je ne comprends pas
mon nouveau toubib a retourné vers moi tout son gros ordinateur pour que j’en voie l’écran, la page active était celle du Vidal
– tenez, … il est utilisé pour traiter certaines infections des poissons d’élevage dues à des parasites, pour le traitement de l’eau potable ainsi que comme antidote pour les empoisonnements par le phosphore
– …
– je me demande, il a dû prendre votre verge pour une ablette, a-t-il ajouté rieur, puis, en s’esclaffant … ou plutôt pour un rouget grondin
j’ai piqué mon fard
– excusez-moi
– euh… le grondin ? ai-je questionné, c’est pas celui qu’est plein d’arêtes et qui se mord la queue dans l’assiette ?
– vous allez enfin pouvoir en rire mon vieux (qu’est-ce qu’ils ont mes praticiens à tous m’appeler leur vieux ? celui-là, il pourrait être mon frère ainé !), fini les tortures, vous allez acheter du Septivon et vous laver avec ça pendant quelques jours, et puis vous ne l’utiliserez plus qu’occasionnellement, en prévention, disons une fois par semaine, puis de loin en loin, une fois par mois
(tiens, tiens, une fois par moi ! lol !)

j’ai porté de ce jour un regard assez critique sur les diagnostics qu’on… m’infligeait, et sur les traitements dont on voulait me faire… bénéficier
mon histoire s’est passée au XXe siècle mais aujourd’hui j’ai internet, c’est quand même un plus, même pour moi qui le suis déjà, positif, je peux me documenter plus ludiquement qu’avec le bon vieux dico médical des familles qui est d’ailleurs resté chez Môman
j’aime bien les sites canadiens, francophones (je suis abonné à CATIE) et qui sont autrement mieux documentés que les français (de France)
belges ou suisses c’est déjà moins pire, j’ai… honte, et aussi l’idée que je devrais me mettre à l’anglais

tu sais ce qu’il m’a dit mon iMac ? bon, c’est pas du Pierre Desproges mais ça m’aurait bien aidé à l’époque si j’avais pu lire ce genre de réponse

y a-t-il un traitement pour la balanite ?
le traitement dépend de la cause, c’est pourquoi une consultation avec un expert est fortement recommandée
les infections bactériennes sont traitées avec des antibiotiques disponibles sur ordonnance
la mycose, ou le candida (la cause la plus fréquente), est traitée avec des crèmes anti-fongiques qui peuvent parfois être associées à une crème à base de cortisone, le choix du traitement dépend fréquemment de la sévérité des symptômes, dans les cas graves de balanoposthite, on peut prescrire une médication à prendre par la voie orale – laissez un expert vous traiter de la façon la plus appropriée pour vous
la dermatite allergique ou de contact (chimique) est traitée simplement en évitant les produits qui ont causé l’allergie ou l’inflammation, il faut parfois du temps pour identifier l’agent responsable en évitant les agents allergènes dans votre environnement, dans les cas modérés ou sévères, une crème à faible dose de cortisone peut être prescrite

« avec un expert…! » « laissez un expert…!!! »
je n’en ai pas bu du permanganate de potassium, paraît que c’est insipide, mais j’ai gardé dans la bouche un goût amer

le Docteur Roux et moi, ça jamais été bien ça
bon, il était mignon avec ses cheveux carotte et toutes ces taches sur la frimousse et dans le cou, ailleurs je sais pas, j’ai pas vu… et je me demande si le Glaude, des fois ?
on s’en fout, y a prescription
bon, il était plutôt sympa avec sa trentaine sportive et dynamique et ses poignées de main fermes et viriles qui contrastaient un peu avec son physique de crevette rose
on s’en fout, il a empilé les années, comme moi, il s’est empâté, plus que moi
j’aurais dû me méfier
un mec qui trimballe ostensiblement un instrument de torture en sautoir ne peut pas être… sain, à mon sens
je me suis toujours dit qu’heureusement que le fifils à son papa n’avait pas été empalé vers l’an 33, z’auraient été bien emmerdés, hein, pour nous représenter ça, mais mon toubib, là, il aurait porté au bout de sa chaine un clystère modèle réduit en or plutôt qu’en étain, ça m’aurait fait le même effet, m’étonnerait que dans le serment d’Hippocrate il y ait la vénération des outils de tortionnaire
et puis, son opiniâtreté à me faire me colorier la quéquette de la même couleur, au bout de quinze jours de séchage, que son museau, façon tachisme, c’était douteux, non ?
il devait avoir des comptes à régler ce mec, je le plains

si jamais un jour tu te retrouves à montrer ton chancre à ton docteur à toi et qu’il te dit que pour soulager ta gène et tes douleurs et pour le faire disparaitre il n’y a que le permanganate de potassium, en bains, je t’en prie, empoigne son bureau et verse le lui sur les genoux, saisis-toi des deux oreillettes de son stéthoscope et serre lui le kiki avec, à l’étrangler, ramasse par terre son marteau de Babinski (il est tombé quand t’as renversé le bureau), tu sais son marteau à réflexes, et plante le lui violemment dans les fontanelles, genre le piolet à Trotsky, et si ton toubib est un urologue, prends enfin sur l’étagère en verre la maquette grandeur nature en plâtre ou en latex de la bite en semi érection qu’est là pour celles et ceux qu’en auraient jamais vu de près, et, s’il te plaît, enfonce la lui profondément dans le gosier, à l’étouffer
je t’en supplie
je serai… vengé
et je viendrai aux assises témoigner en ta faveur, promis, juré, croix de bois, croix de fer, si je manque…
heu… j’ai pas craché

janjacq

post-scriptum à l’usage des irrités du gland, en grec balanos :
– le Septivon (digluconate de chlorhexidine) est vendu sans prescription dans toutes les bonnes pharmacies
il a beau être « déremboursé » en raison d’un service médical rendu (SMR) jugé insuffisant, je te jure que quelques gouttes font plus d’effet que des hectolitres de concoctions de ce putain de permanganate de potassium (KMnO₄) sans les inconvénients et… l’inconfort qu’on sait
– un troisième médecin à qui j’avouais que je me lavais la tête tous les jours à cause de mes cheveux longs m’a conseillé d’utiliser systématiquement, exclusivement et quotidiennement mon shampooing doux pour la toilette intime
je l’ai écouté, bien m’en a pris, adieu balanite, adieu balanoposthite, adieu vérole, chancre mou, cochon, couvée, je n’ai plus au bout de mon p’tit bout, dans son écrin peaucier (cutané ? ah bon !), qu’une jolie tache de naissance rouquine du meilleur effet


(illustration musicale : de la zizique et de zolies zimages Dailymotion qui bougent)

jacques a dit

écrit par Zazie, composé par Zazie, Jean-Pierre Pilot et Olivier Schultheis (2007)
interprété par Christophe Willem

je suis un oiseau
qui est tombé de haut
je traîne ma peine
une larme qui coule
j’ai dans la gorge une boule
comme une pierre qui roule

perdue l’innocence des jours passés dans la cour de l’école
du bonheur j’en ai pas
y en a (que) pour pierre et paul

jacques a dit cours
jacques dit vole
mais pas le jour où je décolle
jacques a dit cours
jacques a dit aime
j’ai beau t’aimer tu pars quand même
jacques a dit marche
jacques a dit rêve
me fait tant marcher que j’en crève
jacques a dit certes je lui pardonne
jacques est un rêve pas un homme

reste
une mélancolie cachée
sous mon manteau de pluie
qui traîne encore
je ne sens plus le vent dans mes voiles
dis-moi à quoi me sert mon étoile
si je perds le nord
mes îles je les ai méritées
mes ailes je les ai pas volées
j’ai tout fait comme tu m’as dit mais le rêve s’évanouit

jacques a dit cours
jacques dit vole
mais pas le jour où je décolle
jacques a dit cours
jacques a dit aime
j’ai beau t’aimer tu pars quand même
jacques a dit marche
jacques a dit rêve
me fait tant marcher que j’en crève
jacques a dit certes des tas de choses
mais sur la vie pas toutes roses

jacques a dit cours
jacques dit vole
mais pas le jour où je décolle
jacques a dit cours
jacques a dit aime
j’ai beau t’aimer tu pars quand même
jacques ne dit pas tout
jacques ne dit mot
jacques ne sait pas ce qu’on vit
jacques ne sait pas que c’est tout gris
jacques ne dit mot
jacques ne sait rien de la vie
la vie c’est tout gris

(jacques a dit cours
jacques dit vole
mais pas le jour où je décolle
jacques a dit cours
jacques a dit aime
j’ai beau t’aimer tu pars quand même
jacques a dit marche
jacques a dit rêve
me fait tant marcher que j’en crève
jacques a dit bois
jacques a dit mange
moi j’ai grandi mais rien ne change
jacques a dit vague
jacques a dit s(e)cours
mais ne connaît rien à l’amour
jacques a dit chante si tu me veux
moi je déchante peu à peu
jacques a dit certes)

je lui pardonne
jacques est un rêve pas un homme

tu sais ce qu’il te dit janjacq ?

janjacq

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7 réponses à “le violet de mars

  1. Pharmacie 29 mars 2011 à 18 h 55 min

    Je suis d’accord avec les avis precedents

  2. jf 9 mars 2010 à 15 h 53 min

    @JanjacQ: Je ne sais pas comment tu fais, mais même malgré des choses graves, tu me fais rire !
    Avoir un fou rire au bureau n’est pas pratique en plus… 😉

  3. janjacq 5 mars 2010 à 16 h 44 min

    ditom : ben, ça sent le Septivon
    pour le goût, je sais pas, je manque par trop de soupleté (de souplesse ? ah bon !)

    Steppen : je fais une confiance aveugle à mon garagiste, je ne sais même pas comment on ouvre le capot de ma bagnole
    je faisais une confiance aveugle à mes praticiens, et puis, avec le temps, j’ai recouvré assez de vue pour ne plus leur porter une oreille aussi attentive et même pour ne plus pouvoir les sentir
    je reconnais, tu vois, que ça n’a guère de sens

    unefoisparmoi : hé, pas touche
    par ici les dessous-de-table et les pots-de-vin (les bakchich ? ah bon !)
    et pour les rouquins, pas tache, euh, pas touche non plus alors ?

  4. unefoisparmoi 5 mars 2010 à 9 h 32 min

    Si avec ça on ne nous donne pas une caisse de Septivon … c’est à désespérer … 😉

    Mr Septivon, tu connais notre adresse … hi hi hi

  5. Steppen 4 mars 2010 à 15 h 36 min

    Le Docteur Roux t’a bizuté en te passant la bite au cirage, c’est ça? ^^

    Parfois au hasard, je fais des contre expertises. Globalement les verdicts de mon médecin habituel sont appuyés par ceux des autres, mais l’inverse c’est plus difficile. Et avec les vétérinaires, c’est encore pire ! Avec l’acces plus facile à l’information, avons nous plus de mal à croire les « spécialistes »?

    Quant au Septivon, j’adooooooooooooooooooore ce truc, ça me rend dingue, l’odeur, la texture, la facilité de rinçage. Ca m’apaise et ça ne me donne pas d’allergies, contrairement à certains gels douches.

    Septivon, mon corps te dit merci :p

  6. ditom 4 mars 2010 à 13 h 44 min

    Belle et… Douloureuse tranche de vie;) Ah oui et il faut préciser que le septivon ça sent bon aussi!!! Je pourrais me shooter à cette odeur (même si je ne sais pas ce que ça donne quand c’est mélangé à celle de ton gland… ;))

  7. unefoisparmoi 2 mars 2010 à 9 h 43 min

    Non, je ne sais pas ce qu’il me dit janjacq mais moi je lui dis merci de ce voyage dans sa vie en tout cas par le (petit ?) bout (de la lorgnette). Pour les lavages de cheveux quotidiens, rien de tel que les shampooings à base d’eau qui (effectivement) servent aussi à autre chose …

    Bon et puis, sur les rouquins … faut arrêter hein !!! hi hi hi

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